Publié le 4 décembre 2019 à 19h50 - Dernière mise à jour le 29 octobre 2022 à 13h28

Mettre bout à bout ses solitudes dans le matin des grandes villes
Grave sur le fond, légère sur la forme «Les passants» la deuxième pièce d’Arthur Deschamps qui avait proposé auparavant «Les métronautes», déploie son récit dans la rue. Si l’on devait citer d’autres chansons que celles que l’on entend durant le spectacle, on ferait allusion à «Matin des grandes villes» d’Isabelle Mayereau, qui dit en substance : «Dans les matins des grandes villes quand on ne sait pas où l’on va, on marche toujours sur un fil entre café et chocolat. On voudrait défoncer le mur, y cogner ses poings et ses bras, pour respirer l’air pur, là-bas. Dans les matins des grandes villes, quand on ne sait pas où l’on est, on voudrait voguer vers une île, entre blanc sec et noir café. On voudrait casser la baraque y cogner ses doigts et ses poings, Et faire claquer tout ce qui claque, demain.» Avec en conclusion : «Mais dans la nuit des grandes villes, quand on se retrouve couché, on regarde encore les aiguilles qui sont toujours en train de tourner. On voudrait briser les pendules, stopper le temps qui est compté, et faire brûler tout ce qui brûle, Assez. » Magnifique texte résumant l’ambiance des «Passants » auquel on pourrait rajouter ces paroles d’Anne Sylvestre tirées de sa chanson «Écrire pour ne pas mourir » : «En mettant bout à bout toutes nos solitudes on pourrait se sentir un peu moins effrayés.» Là encore nous sommes en osmose avec la pièce. C’est dire la richesse de l’univers créatif d’Arthur Deschamps qui genre de sociologue au sourire pourfendeur de la souffrance humaine s’impose avec «Les passants » comme une sorte de Pierre Bourdieu ayant débarqué chez Beckett et Ionesco.
Jean-Rémi BARLAND
«Les passants» aux Théâtres des Bernardines, 17, Boulevard Garibaldi -13001 Marseille jusqu’au 7 décembre à 20 heures. Le mercredi 4 décembre à 19 heures . Plus d’info et réservations lestheatres.net



