Ses adversaires attendaient sa candidature avec impatience. Le maire sortant est officiellement candidat à sa succession. A près de deux mois du premier tour, il entre dans l’arène, fait part de ses ambitions pour Marseille. Crie haro sur la Métropole et estime que son seul adversaire c’est le Rassemblement national.

Officiellement candidat
Visiblement décidé, Benoît Payan ambitionne de conserver les rênes de la ville. « Le moment était venu de dire que je suis candidat pour Marseille, le moment de rencontrer les Marseillais pour présenter un projet, une équipe et une ambition », dit-il simplement. Le maire sortant s’estime en position de repartir : « Je considère que, pour les six ans qui viennent, j’ai la force et l’envie de continuer à porter cette ambition pour Marseille. Le défi, au cours de ce mandat, sera de penser et d’imaginer cette ville pour les cinquante et les cent ans à venir. »
« Mon adversaire c’est le RN »
Pour Benoît Payan, un seul adversaire compte réellement dans cette campagne : le Rassemblement national. « On voit bien que les gens sont tentés par le repli, qu’ils ont peur de l’autre, que toute la journée on nous raconte qu’il y a des ennemis de l’intérieur… Regardez la vague de haine qui s’est exprimée quand on a appris que le premier bébé né en 2026 portait un prénom musulman », affirme-t-il. Pour le candidat, le RN est plus qu’un adversaire : « Ce sont des faiseurs de haine, des cracheurs de feu, qui risquent de diviser Marseille comme elle ne l’a jamais été. »
Haro sur la Métropole
Les compétences de la Métropole seront l’un des thèmes de campagne. Benoît Payan fustige : « Peut-on continuer à vivre dans une ville aussi sale ? Est-ce que vous croyez que je vais laisser, pendant les six années qui viennent, la Métropole continuer à faire ce qu’elle a fait dans cette ville, avec des métros qui ferment à 21h30… Vous pensez qu’on peut laisser une Métropole entraver l’action d’une ville aussi importante que Marseille ? En votant pour nos listes, en nous propulsant vers ce nouveau destin, nous pourrons entraîner la Métropole avec nous. »
Une nouvelle équipe
Le maire sortant reste fidèle au Printemps marseillais. Il conduira une liste dans la même veine qu’en 2020, rassemblant des forces de gauche, des écologistes et des citoyens. Il voit d’un bon œil le nouveau mode de scrutin, qui modifie en profondeur l’élection. Il ne sera candidat dans aucun secteur et mènera une liste à l’échelle de Marseille. « Je ferai entrer de nouvelles personnalités qui, pour la plupart, n’ont jamais fait de politique, mais qui sont ancrées dans la ville : des professionnels du secteur médical, des chefs d’entreprise, des acteurs du monde associatif, des entrepreneurs de start-up, des personnes issues de collectifs, avec des expériences différentes. Ma liste n’est pas celle d’un parti, ni celle d’un clan », assure-t-il.
Interrogé sur la candidature de La France insoumise, Benoît Payan répond : « Sébastien Delogu et les Insoumis ont fait le choix de la division. Ils en portent la responsabilité et, quand on porte la responsabilité de la division, on l’assume jusqu’au bout. Moi, je fais les choses dans l’ordre. Je ne me renierai pas. »
Début de programme
Benoît Payan a esquissé un début de programme social et sécuritaire. Gratuité de la cantine pour 15 000 enfants. Doublement des effectifs de propreté avec une police de la propreté et création d’un gendarme du logement…
Reportage Joël BARCY



