Marine Le Pen couve son candidat, Franck Allisio: « C’est l’homme qu’il nous faut pour Marseille » mais elle voit plus loin. Ces municipales sont un marchepied pour la présidentielle de 2027.

Un déplacement par semaine
Empêchée de sillonner la France en raison d’un calendrier électoral bousculé par son procès en appel, Marine Le Pen continue sa marche en avant. Premier rendez-vous à Marseille, sa ville de coeur. « Je ferai un déplacement par semaine pendant le mois de mon procès et plus après », signale-t-elle. En première instance elle a été condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme et cinq ans d’inégibilité dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Après avoir dénoncé ce jugement, elle ne veut plus défendre sa cause devant les médias. « Je ne plaiderai pas devant la presse, je me défendrai devant la cour d’appel. » Dans l’intervalle elle compte soutenir, comme Jordan Bardella, les candidats RN aux municipales.
Un marchepied pour 2027
Pour Marine Le Pen, la présidentielle de 2027 commence dans deux mois. « Je le dis aux Marseillais et à toute la France, ce vote est essentiel pour le pays. Le changement commence dans vos communes les 15 et 22 mars. Plus nous gagnerons de villes, plus nos appuis seront forts pour emporter la décision en 2027. Nous pourrons mettre en oeuvre la grande alternance, la seule vraie alternance qui existe, l’alternance nationale dont la France a urgemment besoin. » Habillée de vert pour sa conférence de presse, Marine Le Pen se prête à rêver : « Imaginez que nous emportions Marseille, Toulon, Nice, Nîmes le sort de l’ensemble de cette partie du pays en sera changé. » Implicite dans son propos, l’idée est que les portes de l’Élysée vont s’entrouvrir.
Tableau noir
Marine Le Pen dresse ensuite un tableau très noir de Marseille. « Elle concentre toutes les difficultés de notre pays. Personne ne croit plus qu’à Marseille ce soit toujours le printemps. Il faut aller vers le chemin de la fermeté, de l’identité », assène Marine Le Pen. Et elle croit en une victoire de son poulain à Marseille. « Face à la farce de la macronie en France et socialiste à Marseille, j’invite tous
les Marseillais à écrire une nouvelle page d’histoire. » La cheffe de file de l’extrême droite estime que Franck Allisio a une chance réelle de l’emporter. « Je travaille avec lui depuis des années, c’est l’homme qu’il faut pour Marseille. Nous sommes optimistes. »
Double discours
De son côté Franck Allisio s’enorgueillit d’avoir débauché des élus. « Une vingtaine de LR et divers-droite marseillais et métropolitains nous ont rejoints parce qu’ils croient que nous allons être l’alternance. » La position de Martine Vassal ? Franck Allisio, tacle. « Elle a un double discours. Elle évoque un rapprochement possible avec moi au second tour (Sur Sud-Radio) puis elle rétropédale le lendemain. Elle se fâche avec les deux côtés. Les macronistes sont montés au créneau pour dire mon Dieu quelle horreur et ceux qui ont cru qu’elle voulait faire barrage à la gauche ont été déçus le lendemain et nous avons de ce fait engranger de nombreux électeurs. »
Le dernier sondage paru dans La Marseillaise, avant l’entrée en campagne de Benoît Payan donnait le maire sortant au coude à coude avec Franck Allisio avec 30% des intentions de vote. Martine Vassal plafonnait à 23% et Sébastien Delogu pour LFI à 14%.
Reportage Joël BARCY



