Municipales. Grand entretien. Martine Vassal : « Ceux qui veulent du changement n’ont pas d’autre choix que de voter pour moi »

Lancée dans la reconquête de l’Hôtel de Ville, Martine Vassal, la candidate de l’union de la droite et du centre accélère. Portée par une volonté farouche de rassemblement et son alliance stratégique avec Renaud Muselier, elle réaffirme son autorité et sa méthode pour mener le combat des municipales. Sécurité «tolérance zéro», riposte au communautarisme et exigence d’expérience : elle livre un réquisitoire précis contre la gestion de la majorité actuelle tout en dévoilant les piliers de son projet. Pour Destimed, elle détaille sa stratégie d’union pour redonner un souffle et une ambition à une ville qu’elle juge à bout de force. Entretien.

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Martine Vassal, candidate de la droite et du centre à la mairie de Marseille © Joël Barcy

« Je n’ai jamais été sous la tutelle de qui que ce soit »

Destimed. Martine Vassal, Renaud Muselier préside votre comité de soutien et mène la bataille médiatique à vos côtés. En 2019, il vous qualifiait d’« héritière d’un système défaillant ». Qu’est-ce qui a changé : est-ce lui qui a fini par accepter ce système, ou est-ce vous qui avez accepté de passer sous sa tutelle stratégique ?

Martine Vassal. Ni l’un ni l’autre. Je n’ai jamais été sous la tutelle de qui que ce soit. Je me suis effectivement  inspirée de certaines personnes. On a tous, en politique, des mentors. Jean-Claude Gaudin est celui qui m’a mis le pied à l’étrier. Pour Renaud Muselier, vous lui demanderez quel est son mentor. Pour Benoît Payan aussi, vous lui demanderez quel est son mentor. Moi, je suis fière de ce que Jean-Claude Gaudin m’a apporté et du fait qu’il m’ait donné ma chance. Il faisait de la politique à l’ancienne.

Faire de la politique à l’ancienne, concrètement qu’est-ce que cela veut dire ?

 Cela veut dire que vous montiez les marches, step by step. Vous deviez mériter ce que vous aviez. Il vous mettait à l’épreuve. Il vous jetait dans une grande mare, avec des tourbillons, et celui ou celle qui arrivait à s’en sortir, à rejoindre la rive, il le félicitait. Celui qui coulait, il disait : « Mort pour la France. » C’était plus de la méritocratie que de l’opportunisme politique. C’était sa façon de faire.

En 2020, vous étiez en désaccord avec Renaud Muselier, notamment sur Jean-Claude Gaudin, qu’est-ce qui vous a rapprochés ?

 En 2020, nous n’avions pas la même vision. Renaud Muselier avait des positions très marquées contre Gaudin, il parlait d’un mandat de trop et jugeait qu’il aurait fallu préparer sa suite. Avec le recul, je pense qu’il avait raison. Mais à un certain moment, vous ne pouvez pas… J’ai une éducation : on ne coupe pas la main de celui qui vous l’a tendue.

« Chaque fois que je n’ai pas été favorite, j’ai gagné »

 Vous avez connu un échec municipal. Qu’est-ce qui a motivé votre envie de repartir ?

J’ai été élue présidente du Département en 2015. Quand je me suis présentée, personne ne m’a aidée. Je n’étais pas favorite. Et j’aime bien quand je ne suis pas favorite : en général, je gagne.  Cela a été un beau combat avec une belle équipe. En 2020, j’étais présidente de la Métropole depuis fin 2018. Il y a eu la rue d’Aubagne, le Covid, la désunion. On n’a pas gagnés. Et là, il y a deux solutions : soit vous dites :« Je m’arrête », soit vous dites : «Non, je continue, je me relève et je vais de l’avant ». C’est ce que j’ai fait. C’est mon caractère. Je veux continuer pour prouver qu’on peut y arriver et travailler sur l’union.

Vous mettez  souvent en avant l’union. Pourquoi ?

Quand je me suis engagée en politique, j’étais société civile. J’ai pris ma première carte en 2002, à l’UMP, parce que c’était l’union du centre et de la droite. Je me suis toujours dit : si on ne fait pas d’union, on ne gagnera pas. Depuis 2020, je tends la main. Le premier à qui je l’ai tendue, c’était Bruno Gilles. Au début, c’était compliqué. Puis, au fil de l’eau, on a avancé. Je n’ai pas de carte de parti. Je suis étiquetée divers droite parce que c’est une tendance et je veux garder ma liberté d’expression. Je mets en avant le local, pas le national. J’aurais très bien pu avoir des mandats nationaux, je n’en ai jamais voulu. Je me suis engagée pour faire, pour réaliser des projets, pas pour le pouvoir.

« Renaud Muselier m’a poussée à prendre le lead »

 À quel moment la relation avec Renaud Muselier s’est-elle normalisée ?

 Comme avec d’autres, en tant que présidente d’institutions, j’ai regagné la Métropole, j’ai regagné le Département, et on a retravaillé ensemble. Et puis il y a eu tout l’imbroglio autour de la loi PLM. Tant que ce n’était pas tranché, c’était compliqué. La stratégie n’est pas la même si vous avez une élection par secteur ou sur l’ensemble de la ville. Le mode de scrutin a changé : les conseillers métropolitains seront issus du conseil municipal, et plus des conseils d’arrondissement. Quand le mode de scrutin a été établi, j’ai sollicité Renaud pour faire un ticket avec lui. Je lui ai proposé. Il a toujours rêvé d’être maire de Marseille, mais il veut se consacrer à la Région. Il a les Jeux olympiques de 2030 en ligne de mire. J’ai eu du mal à le croire, puis j’ai compris qu’il ne voulait pas y aller et qu’il voulait renouveler son mandat régional. Je respecte sa décision. Et c’est là qu’il m’a poussée à prendre le lead.

Concrètement, vous travaillez ensemble sur le programme ?

On discute de tout ensemble. Il m’a dit : « J’ai des jeunes qui veulent s’engager, dont Romain Simmarano. Il a besoin de quelqu’un d’expérience pour le guider. » J’ai accepté. J’ai découvert un garçon intelligent, avec du sens politique, qui a créé Génération Marseille. Et ce sont ces jeunes qui m’ont poussée : « Maintenant que la réforme du mode de scrutin municipal PLM est passée, on veut que ce soit toi notre tête de liste. »

Toute l’équipe Gaudin n’est pas à mettre à la poubelle…

Vous parlez de jeunesse, mais vous avez aussi récupéré des historiques et même des perdants. Pourquoi les remettre sur le terrain?

Parce que la jeunesse, c’est beau, mais ça passe vite. Il faut un mélange : de la jeunesse, des compétences, et de l’expérience. Ça fait dix ans que je suis à la tête de deux institutions. Le « Nouveau Monde » a ses limites. Rappelez-vous 2017 : des nouveaux députés, des nouvelles personnes. On a vu le résultat. Donc oui, je veux un savant mélange. Tout le monde ne repart pas. Ceux qui ne repartent pas, parfois, sont allés voir ailleurs. Et vous verrez les listes : elles sortiront la semaine prochaine, j’ai rendez-vous le 13 février. Ce n’est pas parce que vous perdez un combat que vous perdez votre vie. Et surtout, on ne s’invente pas à la tête d’un exécutif. L’expérience de Benoît Payan le montre : quand on ne sait pas, on ne fait pas bien, et on met du temps à s’habituer. Or, le lendemain matin, il faut être opérationnel. Mettre à la tête de la deuxième ville de France quelqu’un qui n’a jamais managé une administration, ce serait encore perdre un mandat. Et, quand on fait l’amalgame « toute l’équipe Gaudin est à mettre à la poubelle », je pense que c’est une erreur fondamentale.

Programme : « Cinq piliers »

On vous reproche de ne pas avoir encore détaillé votre programme. Où en êtes-vous ?

Parce qu’on est dans une campagne où on nous pose surtout des questions de caniveau. Mais le programme sort maintenant, par thématiques. Il y a cinq piliers : un, la sécurité. Deux, l’environnement, avec la propreté. Trois, l’attractivité économique. Quatre, le littoral. Cinq, la jeunesse.

Sécurité : drones, effectifs, « tolérance zéro »

Tout le monde parle de sécurité. Qu’est-ce qui vous distingue ?

Je veux un plan global sur toute la ville. Il manque des policiers, des caméras, du «bleu» sur l’espace public. Il y a eu une montée de la violence, et depuis 2023, avec les émeutes, tout s’est aggravé. Des gens disent : « Je ne vais plus sur le Vieux-Port  après 18 heures », « Je ne descends plus en ville ». Marseille était une ville protégée parce qu’on a longtemps vécu les uns à côté des autres, pas les uns contre les autres. Aujourd’hui, certains importent des conflits extérieurs pour aller chercher des voix. Je veux retrouver le bien-vivre ensemble. Et pour ça, oui, il faut répression et prévention.  Je parle de « tolérance zéro », ce n’est pas la même chose que « tout sécuritaire ».

 1 500 policiers municipaux, une « BAC municipale », caméras … Vous assumez ces annonces ? 

Oui, mais je veux que ce soit cohérent et réalisable. Aujourd’hui, on vous dit qu’il y a 800 policiers municipaux. Ce n’est pas suffisant. Il faut former environ 150 policiers par an pour atteindre l’objectif. Il faut plus de caméras, des caméras modernes. Et derrière, une vidéoprotection avec des agents qui contrôlent, et pourquoi pas une réserve municipale : des policiers retraités derrière les écrans, pour libérer les actifs sur le terrain. Je veux aussi des postes de police municipale dans tous les secteurs, et une vraie police de proximité. Et une «BAC municipale», qui a une capacité d’intervention rapide, comme ce qu’on a mis sur les transports avec des brigades en scooters : aller vite, régler l’incivilité avant que cela ne dégénère. On l’appellera peut-être autrement, mais l’idée est là.

Vous évoquez également l’utilisation de drones : est-ce que le cadre légal autorise l’exploitation des données ?

Le drone est utilisé dans des cas précis. Il  a été utilisé pendant les Jeux olympiques. L’idée, c’est de demander une dérogation pour le centre-ville afin de contrôler les rues, pas les habitations. On fera une expérimentation pour mesurer l’impact. Et vendredi, je dévoilerai la totalité de ce que je propose, notamment sur la lutte contre le narcotrafic, avec un ensemble de partenaires (entretien réalisé avant la conférence de presse sécurité).

Vous insistez aussi sur la dimension « vivre-ensemble ».

Oui. Il faut commencer dès l’école. J’ai lancé un plan contre l’antisémitisme. C’est inacceptable que des parents aient peur de mettre leurs enfants à l’école publique, ou d’aller au culte sous protection. Et c’est inacceptable de stigmatiser les musulmans : on doit être maire de chacun et de chacune. Je veux relancer Marseille-Espérance. Tous les cultes doivent être autour de la table. Le grand rabbin a pris du recul après le 7 octobre : je le regrette. Marseille-Espérance a permis d’avancer. Il faut retrouver cet état d’esprit.

Financement : « 45 millions, ça se trouve »

Parlons argent. Votre plan sécurité, c’est environ 45 millions d’euros par an. Où les trouverez-vous ?

Sur un budget de 2 milliards, le pourcentage est raisonnable. Et il y a des marges : quand la masse salariale augmente de 565 millions en cinq ans, quand on embauche des CDD, quand on parle d’acheter les Galeries Lafayette 51 millions, ça veut dire qu’il y a de la marge. Et il y a des priorités : sécurité, propreté, attractivité, respiration, espaces verts, et ensuite aller chercher les entreprises.

Donc vous n’irez pas chercher ces moyens en coupant  «à la tête du client» dans les subventions associatives ?

 Je n’ai jamais coupé à la tête du client. Les subventions vont aux associations qui apportent quelque chose. Au Département, il y a un système d’évaluation : vert, orange, rouge. En vert, on subventionne. En orange, on alerte. En rouge, on ne subventionne plus.

Plus de subventions pour SOS Méditerranée

 Vous avez voté contre la subvention attribuée à SOS Méditerranée. C’est un marqueur fort. Pourquoi ?

Parce que SOS Méditerranée contribue, qu’ils le veuillent ou non, à faciliter le travail des passeurs. C’est inacceptable. Qu’ils aillent secourir des gens pour éviter qu’ils meurent, aucun souci. Mais alors il faut les ramener là d’où ils viennent. Sinon, on crée un appel d’air et on amène ici des personnes à qui on ne peut pas offrir un avenir. C’est irresponsable. Mes arrière-grands-parents sont arrivés en 1915 : à l’époque, on pouvait intégrer. Aujourd’hui, on n’a pas les moyens d’intégrer des arrivées massives. C’est un sujet européen, pas seulement local ou national. On ne peut pas «récupérer toute la misère du monde» ici. Je préfère qu’on aide les pays d’origine à se développer. Le continent africain, par exemple, est celui de demain. Il faut aider à former, à transmettre des compétences, et que les gens puissent construire chez eux. Sinon, ici, ils arrivent, ils sont laissés à l’abandon, récupérés par des trafics. C’est inhumain.

 « Pas de logement, pas de vie sociale »

Vous dites souvent que la sécurité est la première priorité. Le logement se situe où dans votre hiérarchie ?

C’est presque à égalité. Pas de logement, pas de travail, pas de vie sociale. On ne construit plus comme avant, notamment avec l’arrêt des permis de construire. Redémarrer est difficile : il y a un temps de latence. Il faut relancer la construction, notamment pour les étudiants et les salariés. Le PLH (Programme local de l’habitat)  vise 4 000 à 5 000 logements par an à Marseille, on est loin du compte. Il faut aussi une réforme du droit de la location. Aujourd’hui, beaucoup de propriétaires préfèrent laisser vide plutôt que risquer un impayé interminable. Il faut sécuriser. Je veux développer le BRS (Bail réel solidaire) : vous êtes propriétaire des murs, pas du sol. Ça peut permettre d’acheter 40 % moins cher. Ce n’est pas un droit à la spéculation, c’est un droit au logement, pour mettre le pied à l’étrier.

Centre-ville: «On n’est pas à la hauteur de la deuxième ville de France»

 Vous décrivez un centre-ville qui décroche. Que proposez-vous ?

Les commerces, c’est une catastrophe. On voit des difficultés partout et, les  Galeries Lafayette qui ont  fermé… On n’est pas à la hauteur de la deuxième ville de France. Il faut revaloriser le centre-ville, et ensuite « étoiler » vers les noyaux villageois. Sur la rue de la République, il y a deux fonds américains, deux logiques. Il faut négocier. Il faut du commerce, du commerce de proximité, et régler la question des loyers. Je veux une commission économique et sociale, avec les partenaires, et une stratégie : éviter 50 barbiers dans la même rue, éviter les implantations subies. Il faut un manager de centre-ville, un vrai, pas une addition de managers de quartier. Et il faut appliquer le principe du «carreau cassé» : un tag, un équipement cassé, une dégradation, on intervient tout de suite. Une brigade dédiée au centre-ville. Et j’ajoute que le maire de Marseille doit être le meilleur VRP de la ville. Il doit aller chercher les investisseurs, recevoir, convaincre. On ne peut pas faire du « Marseille-bashing ». Aujourd’hui, l’équipe en place en fait, et c’est un problème.

Département : «On parle de pertes, moi je parle de recettes en baisse et de gestion»

Vous présidez le Département. On entend beaucoup parler de pertes, de recettes qui baissent, et certains vont jusqu’à dire que le Département serait en faillite. Concrètement, qu’est-ce qui se passe dans vos finances ?

D’abord, dire que le Département est en faillite, c’est une honte, c’est un mensonge. Oui, il y a des difficultés, comme partout. Mais nous gérons. Nous avons une dette d’investissement -j’assume – et cette dette est maîtrisée. On va passer à un budget autour de 13 ans d’endettement, ce qui est tout à fait raisonnable pour une collectivité.

 Quand vous dites des pertes, vous parlez de quoi exactement ?

Je parle d’une inadéquation qui s’est creusée entre les recettes et les dépenses. Les dépenses de solidarité augmentent fortement. Et en face, nos recettes diminuent parce qu’on nous en a supprimé une partie. Il y a d’abord les DMTO (Droits de mutation à titre onéreux) -ce sont les droits de mutation, donc les recettes liées aux ventes immobilières- et quand le marché ralentit, ça se voit tout de suite. Et puis il y a un pourcentage de TVA : quand les Français ont moins confiance, ils consomment moins, et mécaniquement cela réduit nos recettes. Donc oui, c’est plus tendu. Mais on serre la vis, et on tient nos équilibres.

La Chambre régionale des comptes vous a déjà alertée. Certains vous reprochent de trop aider les communes. Vous allez réduire ?

La Chambre régionale des comptes souhaiterait qu’on arrête l’aide aux communes, oui. Mais ce sont des choix politiques. Moi, je refuse d’abandonner les maires. Une commune a souvent toutes les compétences, mais pas les moyens. L’aide départementale, elle sert à faire des écoles, des équipements sportifs, des aménagements, à remettre des équipements publics à niveau. Allez demander aux maires, quels qu’ils soient, ils le disent : cette capacité d’investissement a changé le territoire.

 Vous assumez donc une dette d’investissement, malgré les critiques ?

Oui, je l’assume. Parce que cette dette, elle a permis de rattraper une dette d’équipement. Et je rappelle une différence essentielle : nous, collectivités, nous devons voter des budgets équilibrés. Ce n’est pas «après moi le déluge». C’est une gestion responsable : investir, mais tenir les comptes.

Et quand vos opposants insistent sur les pertes, vous leur répondez quoi ?

Qu’ils viennent travailler, déjà. Quand des donneurs de leçons n’ont même pas la décence de venir aux séances du Conseil départemental, je trouve ça facile. On peut débattre de tout, mais sur des faits. Les faits, c’est qu’on gère, qu’on investit, et qu’on protège la capacité d’action du Département.

« Le vote utile, c’est le vote Vassal »

 Vous attaquez frontalement Benoît Payan. Pourquoi ?

Parce que je vois une rupture de continuité. Quand vous arrivez dans un exécutif et que vous dites: «je tire un trait sur tout», en un mandat, vous ne faites rien. Moi, quand je suis arrivée au Département en 2015, je n’étais pas toujours d’accord avec mon prédécesseur, mais j’ai terminé des projets : c’est la continuité républicaine. Benoît Payan, c’est l’inverse.

 Vous dites que Marseille n’élira pas un maire RN, pourquoi ?

Marseille est cosmopolite, 2 600 ans d’histoire, des cultures différentes. Mathématiquement, sociologiquement, elle n’élira pas un maire RN. On agite un chiffon rouge. Le RN ne passera pas. Mais je trouve inacceptable certains récits «Allisio contre Payan» où on m’efface au second tour. On a saisi la commission des sondages sur certaines présentations. Et si le RN ne passe pas, alors ceux qui veulent du changement n’ont pas d’autre choix que de voter pour moi.

Franck Allisio siphonne des électeurs de droite et récupère aussi des gens issus de LR. Cela vous inquiète ?

 Il récupère des personnes que l’on n’a pas prises sur nos listes, puis il se glorifie. On me parle de renouveau : regardez ses listes, vous verrez. Moi, je propose une équipe renouvelée, rajeunie, et expérimentée. Le vote utile, c’est le vote Vassal.

Vous considérez aussi que Paris vous pollue la campagne…

 Oui. Que Paris nous foute la paix. Qu’ils règlent leurs problèmes nationaux entre eux. Ici, on parle du local, de l’avenir de la deuxième ville de France.

« Les médias jouent avec le feu »

Vous accusez les médias de fabriquer un match. Vous allez jusque-là ?

 Je pense que les médias ont une vraie responsabilité. À force de vouloir créer un match pour que Benoît Payan arrive, ils jouent avec le feu.

 Et les sondages ?

 Les sondages… La dernière fois, un sondage me donnait gagnante, j’ai perdu. Là, il y a six candidats, je suis la seule femme. Quatre passent au second tour. On est dans un mouchoir de poche. Tout est permis. Mais je vois aussi une forme de manipulation : on me met à 23–25 %, et on me zappe, et on laisse quelqu’un à 14 % comme si c’était naturel.

« Je ne peux pas laisser Marseille décliner »

Une dernière question. Au-delà des dispositifs et des chiffres, comment faire aimer leur ville aux Marseillais ?

 Avec quelqu’un qui a le courage de décider et qui est déterminé. Je l’ai prouvé à la tête du Département et de la Métropole. J’ai changé ce territoire, j’ai mis la Métropole sur les rails. J’ai investi, j’assume la dette d’investissement : elle a changé la vision du territoire. J’ai été chercher des financements : l’État, l’Europe. Ma carrière politique, je l’ai faite : j’ai gagné le Département deux fois, la Métropole aussi. Je pourrais rester tranquille. Mais je ne peux pas laisser cette ville décliner. Quand ma fille me dit : « Maman, quand les petits iront au collège, on partira de Marseille », cela vous marque. Marseille a des atouts considérables. Elle peut être un exemple d’ouverture, de fraternité, de bien-vivre ensemble. Moi, je suis humaine. Et je veux que Marseille retrouve la place qu’elle devrait avoir.

Propos recueillis  par Patricia CAIRE en collaboration avec  Hagay SOBOL

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