Sur le plateau de BFM TV, hier soir, l’affiche semblait alléchante avec les quatre principaux candidats à la mairie de Marseille: Benoît Payan (Printemps Marseillais) – Franck Allisio (RN -UDR) – Martine Vassal (MoDem-Renaissance-Horizons-LR – Sébastien Delogu (LFI). On allait voir ce qu’on allait voir. Quelle punch line allait terrasser l’autre ? Quelle attaque ferait mouche ? Qui sortirait vainqueur ou affaibli ? Rien n’est arrivé si ce n’est à la fin de l’émission où un slogan de Martine Vassal a semé le trouble et la polémique.

Différences et alliances
Après un débat assez terne, on arrive tranquillement à la conclusion de l’émission où les quatre candidats retenus sont amenés à s’exprimer sur des questions plus politiques, sur les alliances, les différences à la suite des questions d’Arthur Berdah, chef de service au Figaro qui a suivi le débat en coulisses. Martine Vassal se prononce sur les propos de Bruneau Retailleau qui considère que LFI est pire que le RN.
« Travail, Famille, Patrie »
« Pour moi c’est la même chose, précise la candidate de la droite et du centre. Je ne pourrai jamais m’entendre avec M. Delogu, on n’a pas la même vision. Et concernant M. Allisio (RN), j’ai toujours combattu le Rassemblement national et je continuerai toujours à le combattre… » « Mais vous partagez ses valeurs », la coupe Sébastien Delogu. « Non, répond-elle, je partage les préoccupations de certaines personnes qui votent RN mais, mes valeurs elles, n’ont jamais changé… C’est le mérite, le travail, la famille, la patrie. » « Mais vous savez qui a dit ça ?», interpelle Benoît Payan. Vous vous rendez-compte de ce que vous venez de dire. Travail, famille, patrie, c’est le slogan de Monsieur Pétain ça. » «Oui mais c’est mon slogan et ce sont mes valeurs. Oui c’est ainsi », insiste Martine Vassal.
La présentatrice de BFM TV repose la question à la candidate. « Sur le fond vous assumez ces valeurs, Martine Vassal ? » « Celles de Pétain sont passées de mode mais moi j’assume mes valeurs, poursuit-elle. Mes valeurs sont celles que je vous ai dites “travail, mérite, famille, patrie et humanité”. »
Allisio boit du petit lait
« Franck Allisio est-ce que ce sont aussi vos valeurs ? », reprend la journaliste. « Je ne reprendrai pas la devise pétainiste, je la laisse à madame Vassal », indique avec un sourire Franck Allisio. Les deux sont ensuite interroger sur les alliances. Martine Vassal précise: « Je n’ai jamais parlé d’union avec M. Allisio ou de travailler ensemble. » Franck Allisio est plus ouvert. « Je le dis à Madame Vassal, d’ailleurs dans une autre vie on a déjà travaillé ensemble, hormis le macronisme, ce qui nous rassemble au second tour est plus important que ce qui nous sépare parce qu’il faut faire barrage à la gauche et à l’extrême gauche. Alors oui il faut qu’on s’unisse au second tour. Sinon on perd en cohérence. »
Martine Vassal reste déterminée « Avec M. Allisio jamais d’alliance, il a des valeurs qui ne sont pas les miennes moi j’ajoute la solidarité et l’humanité. Il change tout le temps. Là, il me tend la main mais à un moment il veut qu’on s’unisse puis que je me retire. La meilleure solution est que ce soit vous qui partiez. Dans tous les cas, jamais, jamais, vous ne serez maire de Marseille M.Allisio. »
A gauche ça saigne
Même question à gauche. « Je suis le seul à proposer l’union, affirme Sébastien Delogu. Si je suis en tête je propose une union de la gauche avec Benoît Payan ». Ce dernier réplique: « Vous me traitez de corrompu et vous voulez une union. Vous avez des problèmes de multiplexage. Moi je ne tends pas la main à celui qui me donne des gifles en permanence. »
Ce débat n’aura pas beaucoup éclairé sur les programmes mais il aura eu le mérite de situer les uns et les autres et de préfigurer le second tour.
Reste à mesurer l’impact des propos de Martine Vassal. Son directeur de campagne a dû déminer le terrain après le débat. « Martine Vassal c’est l’antithèse des thèses pétainistes. Ce sont les cicatrices horribles de la France. »
Joël BARCY



