Publié le 28 mars 2026 à 9h56 - Dernière mise à jour le 28 mars 2026 à 9h59
La technologie doit changer de camp, les douanes doivent être capables de riposter face aux moyens faramineux du narcobanditisme. C’est le message envoyé par le ministre de l’Action et des comptes publics, David Amiel, aux quelque 400 douaniers qui veillent sur le port de Marseille-Fos.

Poumon économique


Le port de Marseille-Fos est un point névralgique du commerce international. Cela revêt des avantages mais génère des inconvénients. Être la porte d’entrée vers le vieux continent, expose aux trafics en tout genre. Et Les douanes sont en première ligne pour protéger le territoire face aux milliards qui transitent ici. « Marseille dédouane 38 milliards d’euros par an à l’import et 17 milliards à l’export, souligne Michaël Lachaux, le directeur régional des douanes. Malheureusement les organisations criminelles profitent de cela. L’an passé nous avons saisi une tonne de drogue dont toute la cocaïne sur le port de Marseille »
Recours au scanner

Face à la recrudescence du narcotrafic, David Amiel, rappelle que les douanes doivent s’adapter. Des investissements ont déjà été effectués sur le port, c’est la première brigade de France à avoir été dotée du scanner mobile à basse résolution dès 2024. Exit les trappes à ouvrir pour vérifier le contenu du container. Ce scanner dévoile les anomalies en 2 minutes. « Le scanner va tourner sur les quatre faces du container, explique Bérangère, douanière et référente du pôle fret. Il photographie la marchandise qui se trouve à proximité immédiate de la paroi. Le retour image est instantané à l’intérieur du scanner et très facile à interpréter. »
Un Bond technologique
Pour David Amiel, qui effectuait sa première sortie depuis sa nomination au gouvernement, la victoire contre le narcotrafic ne se gagnera pas sans un investissement technique important. « La technologie doit changer de camp, on a face à nous des mafias qui disposent de moyens colossaux sur le plan financier, sur le plan humain, sur le plan technologique et nous devons pouvoir riposter avec des moyens technologiques à la hauteur. »
Scanner dernier cri
Un bond technologique est déjà franchi avec un scanner mobile haute résolution qui enveloppe le container et le radiographie avec beaucoup plus de précision, jusqu’au cœur de la cargaison ce qui a permis des découvertes, comme le rappelle Jérôme Salès le chef divisionnaire des douanes Marseille-Fos: « Ce qui était déclaré c’était des pots de fleurs et lorsque la marchandise a été scannée on a découvert des cartons avec une densité particulière qui ne ressemblait pas à des pots de fleurs. En ouvrant on est tombés sur 16 tonnes de cigarettes. »
L’investissement ne s’arrêtera pas là. Un scanner fixe de plus de 10 M€ est programmé en 2027 dans le bassin Ouest. A la clé des dizaines de milliers de containers scannés par an contre quelques milliers aujourd’hui, le tout sans effet disruptif sur la chaîne logistique au regard de la rapidité de traitement du scanner.
Reportage Joël BARCY



