Marseille. Avec son exposition, le Mucem place le Vieux-Port sous l’éclat de deux Bonnes Mères

Publié le 25 avril 2026 à 10h57 - Dernière mise à jour le 25 avril 2026 à 11h00

À l’occasion de l’exposition « Bonnes mères » présentée au Mucem, une réplique de Notre-Dame de la Garde a été installée au sommet de la tour du Roi René, à l’entrée du Vieux-Port. Entre symbole marseillais fort et réflexion sur la figure maternelle à travers les siècles, l’événement attire déjà une foule record.

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Les éclats dorés de deux Bonnes Mères à Marseille © Joël Barcy

« Il fallait qu’elle soit avec nous »

Pour le Mucem, impossible d’imaginer une exposition intitulée « Bonnes mères » sans y associer la figure la plus emblématique de Marseille. Installer une réplique de Notre-Dame de la Garde à l’entrée du Vieux-Port relevait presque de l’évidence. « Quand vous faites une exposition qui s’appelle “Bonnes mères” et que vous n’avez pas la Bonne Mère, pour les Marseillais, cela n’avait pas vraiment de sens. Il fallait vraiment qu’elle soit avec nous », explique Pierre-Olivier Costa, président du Mucem. Au-delà du symbole, cette installation traduit aussi une volonté de mettre en lumière l’excellence artisanale française. « Nous sommes un musée qui aime casser la frontière entre l’art et l’artisanat. C’était l’occasion de montrer qu’à Marseille et en France, nous avons des artisans de très grande qualité », poursuit-il.

Une réplique chargée d’émotion

Dorée à l’or fin, cette nouvelle Bonne Mère mesure un tiers de l’originale qui domine la ville depuis le sommet de la basilique Notre-Dame de la Garde. Pour sa réalisation, les ateliers Christofle -déjà à l’origine de la statue initiale en 1869-  ont mêlé technologie contemporaine et savoir-faire traditionnel : drones, modélisation numérique et travail artisanal ont permis de redonner vie à cette figure marseillaise. « Nous avons voulu conserver les perspectives. Depuis le Vieux-Port, nous voulions retrouver la même impression de dimensions », explique Hamdi Chatti, directeur général de la Maison Christofle. L’objectif était aussi hautement symbolique puisqu’il s’agissait de faire dialoguer les deux statues. « Il fallait que les deux Bonnes Mères regardent dans la même direction et que leurs regards se croisent à l’entrée du Vieux-Port. Nos artisans se sont pris en photo autour de cette Bonne Mère, comme l’avaient fait les ouvriers il y a plus de 150 ans. Il y avait énormément d’émotion.»

La foule au rendez-vous

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Il y avait foule au Mucem pour l’exposition “Bonnes-Mères” © Joël barcy
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Exposition Bonnes-mères au Mucem © Joël Barcy
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Exposition Bonnes-mères au Mucem © Joël Barcy

À l’intérieur du Mucem, l’exposition « Bonnes mères » attire déjà un large public. Les visiteurs se pressent pour découvrir ce parcours qui propose une lecture à travers les siècles de la figure maternelle, entre représentations religieuses, sociales et contemporaines. « Il y a un va-et-vient entre les siècles passés et aujourd’hui. L’exposition donne la parole aux femmes et aux mères dans leur vécu et leur expérience », explique Caroline Chenu, co-commissaire de l’exposition. À travers sculptures, tableaux, photographies et installations, le parcours invite chacun à interroger sa propre vision de la maternité, entre tendresse, sacrifice, solitude et stéréotypes persistants. « Chaque visiteur pourra apprécier, ou non, ces différentes représentations et s’interroger sur les stéréotypes qui entourent la mère », conclut-elle.

Reportage Joël BARCY

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