Hantavirus : un cas confirmé en Suisse renforce les inquiétudes autour du navire de croisière au large du Cap-Vert

Publié le 7 mai 2026 à 10h43 - Dernière mise à jour le 7 mai 2026 à 10h43

L’inquiétude sanitaire autour du navire de croisière MV Hondius continue de grandir. Après plusieurs décès signalés parmi les passagers, les autorités sanitaires suisses ont confirmé un cas d’infection par la souche des Andes du hantavirus chez un homme actuellement hospitalisé à Zurich. Cette souche, rare, retient particulièrement l’attention des spécialistes car, contrairement aux hantavirus généralement observés en Europe, elle peut se transmettre d’une personne à une autre dans certaines conditions de contact rapproché.

Destimed HANTAVIRUS
Illustration en 3D du hantavirus, ici représenté sous la forme de la souche des Andes, identifiée chez plusieurs passagers du navire de croisière MV Hondius. (Illustration IA/Destimed)

Le patient, traité à l’Hôpital universitaire de Zurich, revenait avec son épouse d’un voyage en Amérique du Sud, d’où était parti le navire aujourd’hui immobilisé au large du Cap-Vert. Dès l’apparition des premiers symptômes, l’homme a été placé en isolement. Son épouse, qui ne présente aucun signe de la maladie à ce stade, fait également l’objet de mesures de précaution.

Une souche rare identifiée chez plusieurs passagers

Selon les autorités sanitaires suisses et sud-africaines, la souche des Andes aurait également été identifiée chez au moins deux autres passagers du même bateau de croisière. Cette souche circule principalement en Argentine et au Chili. Elle diffère des hantavirus européens habituellement transmis par les déjections de rongeurs infectés. Dans le cas du virus des Andes, des transmissions interhumaines restent possibles, même si elles demeurent rares et nécessitent généralement des contacts étroits. Le navire concerné, exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, reliait l’Amérique du Sud à l’Europe lorsqu’une série de cas suspects a commencé à apparaître à bord.

Huit cas recensés, trois morts

Selon l’Organisation mondiale de la santé, huit cas ont désormais été recensés dans ce foyer épidémique, dont trois confirmés biologiquement comme étant liés à l’hantavirus. Trois passagers sont décédés et plusieurs autres malades ont dû être évacués du navire pour recevoir des soins médicaux aux Pays-Bas et dans d’autres pays européens. L’OMS coordonne actuellement le suivi des passagers et des équipages avec plusieurs États concernés, notamment le Cap-Vert, les Pays-Bas, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud et la Suisse. L’objectif est désormais double : assurer la prise en charge médicale des personnes exposées tout en limitant tout risque de propagation au-delà du navire.

Une surveillance internationale renforcée

Face à cette situation inhabituelle, l’OMS a mis en place un suivi sanitaire international des passagers ayant déjà débarqué ou quitté le bateau. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que des opérations de recherche de contacts étaient en cours afin d’identifier rapidement les personnes potentiellement exposées. L’agence sanitaire se veut néanmoins rassurante à ce stade. « Le risque global pour la santé publique reste faible », souligne-t-elle, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’« un événement grave » nécessitant une vigilance constante.

Dans un contexte marqué depuis plusieurs années par la multiplication des alertes sanitaires mondiales, ce nouvel épisode rappelle à quel point les transports internationaux et les croisières peuvent accélérer la circulation de maladies rares bien au-delà de leur zone d’origine.

Anna CHAIRMANN

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