Publié le 27 mai 2026 à 20h52 - Dernière mise à jour le 27 mai 2026 à 20h53
Top départ pour les championnats du monde de J/70. Près d’une centaine de bateaux s’affrontent jusqu’à la fin de la semaine sur le plan d’eau à l’occasion des championnats du monde corinthiens. Toutes les embarcations sont identiques alors l’essentiel est une affaire de tactique.

Ballet nautique
C’est un ballet nautique qu’offrent ces premiers championnats du monde de J/70 à Marseille. Près de 100 bateaux sur la ligne de départ dans chaque manche. Tous les bateaux ont les mêmes caractéristiques, embarquent le même matériel. La tactique est donc la pièce maîtresse pour franchir la ligne d’arrivée en tête. « Le rôle du tacticien c’est de croire en ses choix et de savoir jauger et évaluer, analyse Eric Daher, boat captain d’un monocoque TP52. Est-ce que je suis plutôt conservateur et je reste dans mon groupe ou est-ce que je prends le risque d’une trajectoire personnelle et je suis le seul à avoir raison ? Ce qui est généralement rare sur une flotte de 100 bateaux. Tacticien à bord c’est la fonction la plus stressante. Avec ce type de bateau on est collés au plan d’eau, difficile d’anticiper le vent. C’est jamais de repos, une remise en question permanente de ses choix et de sa stratégie. »
Plan d’eau complexe

Comme pour les Jeux Olympiques la météo se montre capricieuse, le coup de chaud de fin mai déstabilise le plan d’eau. « C’est compliqué reconnait Corinne Aubert, présidente du comité de course. On a une brise thermique mais qui est perturbée par la chaleur donc on a un vent assez instable. On avait un premier bord à 220 (quart Sud-ouest) après on a eu un gros changement droite avec un vent qui a du mal à rester stable. » Le vent a débuté entre 7 et 9 nœuds avant de faiblir à 5-7 nœuds à la seconde bouée au vent. Dans ces conditions les plus aguerris en ont profité. « Ça joue, c’est tactique et donc les meilleurs sont devant, ça c’est une certitude. »
Jean qui rit, Jean…

Cette instabilité va générer des options opposées au sein des équipages. Bien parti, et l’un des favoris français, le bateau Euro-Voiles va faire les frais d’une erreur tactique et terminer au-delà de la 20e place lors de la première manche. « On a été un peu distraits du mauvais côté, concède le skipper Denis Infante. On aimait bien la gauche, à Marseille c’est normal mais ce n’est pas ce qu’il fallait. » Êtes-vous quand même confiant sur ce plan d’eau malgré cette mauvaise place ? Ce sera des conditions un peu spéciales, ça va pas mal distribuer tout le long du championnat donc il faudra que la prochaine manche on soit dans le bon lot de distribution. »
A l’inverse un autre équipage français, distancé dans les premiers bords, a refait son handicap et se classe parmi les 10 premiers. « La deuxième partie de la course a été assez extraordinaire commente Hervé Leduc sur Jibeset. On a fait beaucoup de bêtises, on n’a pas pris un bon départ, on a fait des bêtises, on a fait un 360 ça été la totale et puis tout à coup on a mis le turbo et on a fait le tour. »
Rien n’est encore joué
Une seule manche a pu être disputée ce mardi en raison de la météo. Robert Davis à bord de Nutcracker (AUS) termine en tête suivi de Stefano Roberti sur Piccinina (MON) et de Andrew Loe avec Dime (USA). Mais la route est encore longue. « Faut jouer sur la durée avec un championnat qui va compter une dizaine de manches. Ce qu’il faut c’est être toujours placés et ne pas avoir une ou deux manches dans la profondeur du classement qui va faire en sorte que le championnat se termine plus tôt que prévu », conclut Eric Daher.
Ce mercredi le vent a encore eu du mal à se lever. Le comité de course a sérieusement œuvrer pour espérer maintenir les deux manches programmées.
Reportage Joël BARCY



