Publié le 27 mai 2026 à 21h58 - Dernière mise à jour le 27 mai 2026 à 21h58
À l’approche de la saison estivale, le gouvernement annonce un renforcement de son dispositif de sécurité en mer face à la multiplication des accidents liés à la plaisance et aux loisirs nautiques. Un plan présenté par Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, qui combine nouvelles mesures réglementaires, opérations de prévention et campagne nationale de sensibilisation.
L’exécutif s’appuie sur un constat préoccupant : durant l’été 2025, les opérations de secours en mer ont progressé de 13 %, avec une hausse particulièrement marquée pour la plaisance à moteur (+17,2 %). Pour les autorités, nombre de ces accidents auraient pu être évités grâce à une meilleure préparation des navigateurs et à un respect plus strict des règles de sécurité.
Deux nouvelles infractions pour les plaisanciers
Face à cette situation, le gouvernement prévoit la publication, dès le mois de juin, d’un décret créant deux nouvelles infractions spécifiques à la plaisance à moteur : la conduite en état d’ivresse manifeste et le défaut de maîtrise du navire. Dans le viseur des autorités : les comportements jugés dangereux comme la vitesse inadaptée, l’absence de vigilance ou encore les mises en danger d’autrui. Une manière aussi de rapprocher davantage les règles maritimes de celles déjà appliquées sur la route, alors que la consommation d’alcool ou de stupéfiants reste régulièrement impliquée dans les accidents en mer.
La prévention comme priorité
Au-delà du volet répressif, le gouvernement mise surtout sur la prévention. Catherine Chabaud s’est ainsi rendue au CROSS Méditerranée, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage chargé de coordonner les opérations de secours et la surveillance maritime sur les eaux méditerranéennes françaises. Le ministère entend rappeler les réflexes élémentaires avant toute sortie en mer : consulter la météo, vérifier son matériel, informer un proche de son itinéraire ou encore adapter sa navigation à son niveau d’expérience et aux capacités de l’embarcation. Des gestes simples mais qui restent, selon les autorités, insuffisamment appliqués. Des opérations de contrôle seront également renforcées sur le littoral afin de vérifier le respect des limitations de vitesse, des zones de baignade, des distances avec le rivage et des espaces naturels protégés.
Une cohabitation parfois tendue sur le littoral
Le gouvernement insiste également sur la nécessité de mieux faire cohabiter les différents usages du littoral. Car les espaces maritimes accueillent désormais simultanément plaisanciers, baigneurs, plongeurs, pratiquants de sports nautiques et professionnels de la mer. Dans les zones touristiques particulièrement fréquentées en été, cette concentration d’activités accroît mécaniquement les risques d’accidents et de conflits d’usage. Le ministère appelle donc chaque pratiquant à mieux connaître les règles propres à son activité.
Sécurité et protection de la biodiversit2
Le plan gouvernemental associe enfin sécurité maritime et protection de l’environnement marin. Les autorités rappellent notamment l’importance de préserver les mammifères marins en évitant toute interaction intrusive avec les dauphins ou autres espèces croisées en mer. Le ministère recommande également de privilégier les mouillages sur fond sableux afin de protéger les herbiers de posidonie, essentiels pour les écosystèmes méditerranéens et considérés comme de véritables puits de carbone. Même vigilance concernant les déchets et les eaux usées des bateaux, que les plaisanciers sont invités à rapporter au port plutôt qu’à rejeter en mer. « Les chiffres des accidents en mer sont alarmants », estime Catherine Chabaud, qui appelle les usagers à « adopter les bons réflexes » avant le début de l’été.
Patricia CAIRE



