Thales Alenia Space remporte un contrat majeur pour la nouvelle génération des satellites européens Sentinel-1

Publié le 11 juin 2026 à 19h57 - Dernière mise à jour le 11 juin 2026 à 19h57

À l’occasion du Salon aéronautique de Berlin, Thales Alenia Space a annoncé la signature d’un contrat avec l’Agence spatiale européenne (ESA) portant sur le développement de deux satellites Sentinel-1 de nouvelle génération. Cette première tranche s’inscrit dans un programme global évalué à 700 millions d’euros destiné à renforcer les capacités européennes d’observation de la Terre. Ce nouveau contrat marque une étape importante pour le groupe spatial européen, société conjointe entre Thales et Leonardo, déjà fortement impliqué dans le programme Copernicus, le système européen de surveillance de l’environnement et du climat.

Destimed Sentinel 1 NG©Thales Alenia Space Briot
Sentinel-1 NG ©Thales Alenia Space_Briot

Une mission essentielle pour l’observation de la Terre

Les futurs satellites Sentinel-1 Next Generation (Sentinel-1 NG) prendront le relais de la première génération actuellement en service. Ils s’inscrivent dans le programme Copernicus, la composante d’observation de la Terre du programme spatial de l’Union européenne, géré par la Commission européenne avec le soutien de l’ESA. Leur mission sera de fournir des données stratégiques pour la surveillance de l’environnement, l’étude du changement climatique, la gestion des catastrophes naturelles ainsi que le suivi des espaces terrestres et maritimes.

Les informations collectées permettront notamment de surveiller l’évolution des océans, des mers, des glaciers et des zones côtières. Elles seront également utilisées pour suivre l’état des forêts, des terres agricoles et des ressources naturelles, tout en fournissant des données précieuses sur l’humidité des sols ou la couverture végétale.

L’un des atouts majeurs de la mission réside dans sa capacité à fonctionner en permanence. Grâce à leur technologie radar, les satellites pourront observer la surface terrestre de jour comme de nuit et quelles que soient les conditions météorologiques.

Des performances en nette progression

La maîtrise d’œuvre du programme sera assurée par Thales Alenia Space, tandis qu’Airbus Defence and Space interviendra comme principal partenaire industriel pour la réalisation de l’instrument radar à synthèse d’ouverture (SAR) en bande C. Cette technologie constitue le cœur de la mission. Le radar embarqué permettra d’obtenir des images particulièrement détaillées de la surface terrestre tout en garantissant une couverture géographique étendue. Par rapport à la première génération Sentinel-1, les performances franchissent un nouveau cap. Thales Alenia Space annonce une amélioration de la résolution spatiale des images d’un facteur quatre tout en augmentant la surface observable lors de chaque passage. Cette avancée repose notamment sur une nouvelle architecture radar équipée d’une antenne active de grande dimension et sur des systèmes électroniques de nouvelle génération développés par le groupe. Les satellites bénéficieront également de nouveaux modes d’observation, notamment un mode de quadripolarisation destiné aux applications avancées de surveillance terrestre ainsi qu’un mode spécifique pour l’observation des glaces de mer, enjeu devenu majeur dans le contexte du réchauffement climatique.

Un outil au service de la sécurité maritime

Au-delà de l’observation de la Terre, Sentinel-1 NG intégrera également une charge utile AIS (Automatic Identification System), technologie permettant l’identification automatique des navires. Cette fonctionnalité contribuera à renforcer la surveillance maritime, à améliorer la gestion du trafic en mer et à suivre les bâtiments évoluant dans des zones particulièrement sensibles. Les données issues de cette mission intéresseront ainsi aussi bien les scientifiques que les autorités chargées de la sécurité, de la protection civile ou de la gestion des ressources naturelles.

Une mobilisation industrielle européenne

Le programme mobilisera plusieurs sites européens de Thales Alenia Space. Si la direction du projet est assurée par les équipes italiennes, les filiales du groupe réparties sur plusieurs pays contribueront à différents équipements stratégiques.

La Belgique fournira l’unité de contrôle et de distribution de puissance ainsi que l’assemblage des cellules photovoltaïques. La Suisse réalisera les caméras destinées à surveiller le déploiement de l’antenne radar et des panneaux solaires. Les équipes espagnoles fourniront notamment le transpondeur en bande S tandis que les équipes françaises seront chargées du système de contrôle de position des générateurs solaires. Leonardo participera également au programme avec la fourniture des senseurs stellaires.

Réduire les débris spatiaux

Autre caractéristique notable du programme : la prise en compte des exigences croissantes liées à la durabilité des activités spatiales. Les satellites reposeront sur la plateforme multi-missions MILA développée par Thales Alenia Space, déjà utilisée pour plusieurs autres missions Copernicus. Cette plateforme permettra notamment d’organiser une rentrée contrôlée des satellites dans l’atmosphère à l’issue de leur mission afin de limiter la création de débris spatiaux, une problématique devenue centrale pour les agences spatiales du monde entier.

« Un des nouveaux piliers de Copernicus »

Pour Hervé Derrey, Président-directeur général de Thales Alenia Space, cette signature confirme la place centrale de l’entreprise au sein du programme européen. « Je tiens à remercier notre client de longue date, l’Agence spatiale européenne, pour sa confiance renouvelée envers notre entreprise. La mission Sentinel-1 NG sera l’un des nouveaux piliers de Copernicus, le programme de surveillance de l’environnement le plus sophistiqué au monde, pour lequel nous sommes fiers de contribuer à 11 de ses 12 missions. »

Même satisfaction du côté de Giampiero Di Paolo, Senior Vice-Président des activités Observation, Exploration et Navigation de Thales Alenia Space. « Thales Alenia Space mettra à profit son expertise éprouvée en matière de systèmes d’observation radar pour adresser cette nouvelle mission ambitieuse. Sentinel-1 Next Generation offrira des capacités d’imagerie radar supérieures à celles de la première génération, élargissant ainsi la couverture tant en Europe qu’à l’échelle mondiale, tout en réduisant les intervalles entre les images radar successives. »

Avec Sentinel-1 Next Generation, l’Europe prépare ainsi la prochaine étape de son dispositif d’observation de la Terre. Dans un contexte marqué par les défis climatiques, environnementaux et sécuritaires, ces futurs satellites doivent permettre de disposer d’informations plus précises, plus fréquentes et plus étendues pour accompagner la prise de décision des institutions publiques, des scientifiques et des acteurs économiques.

Anna CHAIRMANN

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