Publié le 7 août 2026 à 20h45 - Dernière mise à jour le 7 août 2026 à 20h45
L’Académie des Sciences, Lettres & Arts de Marseille fête ses 300 ans cette année. Sa création a été actée par lettres patentes de Louis XV datées du mois d’août 1726. Le hasard fait qu’une éclipse solaire a lieu le 12 août de cette année 2026 et, pour commémorer son tricentenaire, notre Académie a souhaité faire profiter le plus large public de cet événement. Avec l’aide de la ville de Marseille, dans le cadre de l’Été marseillais, et avec l’aide des associations d’astronomes amateurs marseillaises, nous donnons rendez-vous au public le mercredi 12 août 2026, à partir de 18h, au stade nautique municipal Florence Arthaud. Trois mille lunettes de protection seront distribuées gratuitement au public qui pourra ainsi observer l’éclipse sans danger.

L’éclipse du 12 août 2026 sera presque totale, avec 96,5 % de la surface du Soleil cachée par la Lune. L’astre du jour restera certes éblouissant et ne pourra pas être observé sans protection, mais son éclat sera néanmoins bien atténué au moment du maximum de l’éclipse. Le phénomène commencera à 19h32, quand la Lune commencera à grignoter le disque solaire, et le maximum aura lieu à 20h25. Le Soleil se remettra ensuite à briller plus ardemment, juste avant de se coucher à 20h45, évoquant ainsi le phénix qui est le symbole de l’Académie de Marseille depuis sa création.

Pour mémoire, les dernières éclipses totales de Soleil à Marseille ont eu lieu le 12 mai 1706 et le 8 juillet 1842. Celle du 15 février 1961 était presque totale (le disque solaire était caché à 99,9 % par la Lune à Marseille) et il suffisait de se déplacer à Aix-en-Provence pour profiter de la totalité. Les prochaines auront lieu le 5 novembre 2059 et le 13 juillet 2075 mais elles seront toutes les deux annulaires, c’est-à-dire que la Lune sera trop distante à ces dates-là pour cacher entièrement le Soleil, il restera donc un anneau de lumière éblouissant tout autour de la Lune au moment du maximum.
Observation du Soleil (de 18h à 20h45)
En attendant l’éclipse elle-même, il sera possible d’observer le Soleil et les taches qui sont à sa surface. Le Soleil a un cycle d’activité de 11 ans, au cours duquel le nombre et la taille de ces taches varie de manière sensible. Le dernier maximum a eu lieu en 2025 et le nombre de taches diminue déjà de manière marquée, mais on devrait tout de même pouvoir en observer quelques-unes. Des lunettes astronomiques et des télescopes équipés de filtres spéciaux seront déployés à cet effet, ainsi que des « solarscopes » qui permettent d’observer sans aucun danger puisqu’on projette l’image du Soleil sur un écran. Il y aura au total une douzaine d’instruments déployés sur le site, avec trois associations d’astronomes amateurs présentes : Amas, Andromède et la Société Scientifique Flammarion.

Observation du ciel la nuit (de 22h à 24h)
Un pointage des étoiles au laser permettra de repérer les principales constellations visibles à l’œil nu. Les télescopes installés par les astronomes amateurs des différents clubs marseillais permettront au public d’admirer la Voie Lactée, ses amas d’étoiles et ses nébuleuses. Un car podium permettra de commenter en direct les observations, de jour comme de nuit.

Dès la tombée de la nuit, on pourra observer Thêta Aquilae en direction du sud. C’est une étoile géante à l’éclat bleuté, située dans la constellation de l’Aigle, à 300 années-lumière de la Terre. Les photons de lumière que l’on reçoit aujourd’hui ont donc quitté la surface de cette étoile il y a 300 ans, en 1726, date de la création de notre Académie ! Notons enfin que la nuit du 12 au 13 août est celle du maximum d’étoiles filantes de l’essaim de météorites des Perséides que l’on peut observer chaque année à la même date. Elles sont ainsi nommées car elles semblent provenir de la constellation de Persée. C’est un spectacle facilement observable à l’œil nu, il suffit en effet de s’allonger et de regarder en l’air. Avec un peu de patience on peut espérer en voir quelques-unes assez jolies dans la soirée.
Michel MARCELIN – Directeur de recherche émérite au CNRS – Laboratoire d’Astrophysique de Marseille – Académie des Sciences, Lettres & Arts de Marseille.



