Retour sur… Manifestation à Marseille. Guerre de tranchées chez FO

Publié le 1 octobre 2026 à 9h30 - Dernière mise à jour le 1 octobre 2026 à 14h03

Les rouges d’un côté, les violets de l’autre. Ils appartiennent tous à Force Ouvrière mais ne se croiseront pas. Lors de la manifestation de ce mardi 29 septembre, les fonctionnaires territoriaux FO de Marseille défilent, tandis que ceux de FO fonction publique restent rassemblés devant la préfecture. Une guerre picrocholine alors qu’ils ont les mêmes revendications liées au pouvoir d’achat des fonctionnaires.

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Les mêmes revendications que FO soit rouge ou violet (Photo Joël Barcy)

Mobilisation cocasse

Parfois, il faut se pincer en essayant de comprendre les divisions à l’intérieur d’un même syndicat. FO en l’occurrence. Les fonctionnaires territoriaux de Marseille avaient presque tous enfilé un tee-shirt violet pour défiler entre les Réformés et la préfecture. Une manière de former un pack de quelque 300 personnes. L’intersyndicale empruntera le même chemin moins d’une heure plus tard. De son côté, la fonction publique FO s’était postée devant la préfecture avec environ 200 manifestants. À la question « Pourquoi ne vous êtes-vous pas associés ? », on nous répond naïvement : « Ah, il y a une autre manif à côté ! Ils sont où ? ». Ambiance.

Mêmes revendications

Le pire est qu’il n’y a même pas un papier à cigarette entre les revendications des deux camps. « Aujourd’hui, les fonctionnaires, qu’ils soient fonctionnaires d’État, de l’hospitalière ou territoriaux, ont un véritable problème de pouvoir d’achat, dénonce Olivier Gleizes, secrétaire FO de la fonction publique d’État. Les fonctionnaires n’ont plus les conditions pour vivre décemment. On a des fonctionnaires qui dorment la nuit dans leur voiture. Ils n’ont plus les moyens de se loger, de nourrir leur famille, alors aujourd’hui ça suffit. »

De son côté, Patrick Rué, le secrétaire général FO pour la ville de Marseille, entame la même antienne. « Nous avons tous le même problème, le pouvoir d’achat. Le point d’indice est gelé, on a 10 % des titulaires qui gagnent moins que le Smic et à qui on doit donner une prime compensatoire pour arriver au Smic. »

Fragmentation

Comme les partis politiques, les syndicats sont fragmentés. Chez FO, chaque camp s’est compté, s’est jaugé lors de cette mobilisation. Patrick Rué parle de révolution pacifique et nourrit des ambitions. « Aujourd’hui, ce n’est que le début, nous allons entraîner énormément de personnes, la France va se rebeller et notre syndicat sera devant. »

Cette guéguerre ne devrait, en tout cas, pas faciliter les luttes. La division a rarement fait la force.

Reportage Joël BARCY

 

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