Publié le 26 octobre 2026 à 21h07 - Dernière mise à jour le 26 octobre 2026 à 21h07
Emmanuel Macron s’est rendu à Marseille avec le ministre de l’Intérieur et la ministre déléguée à la Formation professionnelle. Dans un entretien à huis clos avec le président de la République, Benoît Payan est revenu sur la faillite de l’État dans le maintien de l’ordre le 17 octobre, mais il a surtout donné des conseils de sortie de crise au Président.

« L’ordre n’est pas une politique »
Lors de sa rencontre en mairie avec le président de la République, Benoît Payan est revenu sur la faillite des services de sécurité et du renseignement le 17 octobre. Elle a conduit au saccage de la ville. « J’estime le préjudice à 30 millions d’euros et je demande que l’État indemnise, jusqu’au dernier centime, les commerçants. » Mais l’édile a surtout parlé de sortie de crise avec le Président et revêtu le costume de conseiller politique. « L’ordre en soi ce n’est pas une politique. Bien sûr qu’il faut rétablir l’ordre c’est normal, il faut vivre dans le calme et la tranquillité… À force d’avoir fait la sourde oreille et à force de n’avoir pas entendu ce qui se passait dans le pays, nous avons un pays dans une situation catastrophique. Avec une crise économique qui se rajoute à une crise sociale qui devient une crise politique, une crise de régime et une crise de sens. »
Les conseils du maire au Président
Après les constats, Benoît Payan a ensuite livré à Emmanuel Macron un programme engagé quasi présidentiel. Il estime que, dans un moment de crise, on doit apporter sa pierre à l’édifice. « Il faut désormais que dans ce pays on soit capable d’entendre ceux qui souffrent et j’ai eu l’occasion de le dire au Premier ministre, dans ce pays il y a des injustices sociales et fiscales. À force de fermer les yeux face à toutes ces injustices, on se perd.» Le maire énumère alors, devant Emmanuel Macron, son ambitieux programme social et éducatif. « Je suis pour la suppression de Parcoursup. En matière de pouvoir d’achat est-ce qu’on va pouvoir longtemps vivre avec un litre de gazole à 2,30 € et l’essence à 2,20 € ? Ce n’est plus possible. J’ai aussi fait la proposition de 50 produits qui, à partir du 15 novembre, seraient avec une TVA à 5,5 % avec un blocage de leur prix. Et une augmentation immédiate de 100 € du SMIC. Il faut que dans ce pays on ait une traduction de cette colère sociale. Ça ne se finance pas avec de l’air ni avec des mots. Il faut que la question de la justice fiscale soit remise au cœur des débats. »
Entendu ou écouté ?
Benoît Payan a été entendu par le président de la République. Sera-t-il écouté ? C’est toute la question. Le projet de loi de finances laisse peu d’espoir aux propositions du maire.
Reportage Joël BARCY



