Covid-19. Provence Tourisme – Danielle Milon: « J’invite les habitants des Bouches-du-Rhône à défendre nos restaurateurs »

Publié le 2 octobre 2020 à  22h34 - Dernière mise à  jour le 31 octobre 2022 à  12h14

C’est au moyen d’un dispositif inédit en solidarité aux restaurateurs locaux que l’agence de promotion du tourisme du Département des Bouches-du-Rhône, Provence Tourisme, a décidé de lancer 6 000 «Pass Tables» d’une valeur chacun de 50 € à l’adresse des habitants du territoire [[Les Pass Tables ont été épuisés en quelques heures]]. L’objectif étant de consommer tout autant local que solidaire et avant-tout gourmand. L’occasion également de mettre en exergue les difficultés inhérentes aux restaurateurs dans ce contexte Covid entre ouverture limitée et fermeture totale.

© My Provence
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Danielle Milon, maire de Cassis et vice-présidente du Département des Bouches-du-Rhône en charge du Tourisme, rappelle le contexte avant de présenter le dispositif mis en place ce jeudi 1er octobre. «A la suite des dernières mesures prises à l’encontre de nos restaurants, bars, particulièrement lourdes sur Marseille et Aix-en-Provence, il fallait à nouveau agir. Je rappelle que 14 % des dépenses touristiques sur notre territoire sont directement liées à la restauration et représentent 380M€ sur l’année. D’autre part, un emploi sur deux dans le tourisme, toujours dans notre département, provient de l’hôtellerie-restauration. Cette industrie a déjà été fragilisée par le mouvement des gilets jaunes, et se retrouve un peu plus frappée par les dernières mesures, car les aides ne peuvent pas compenser toutes les pertes, évidemment.» La maire de Cassis précise encore que sans les bars et restaurants, «il n’y a plus d’hôtels autour qui peuvent fonctionner. Et sans hôtels, il n’y a plus de magasins et autres commerces qui peuvent travailler à proximité. Dans ces cas-là, une ville devient morte. C’est ce que l’on est en train de vivre depuis les derniers jours… ». Et afin d’apporter sa pierre à l’édifice de la solidarité pour les restaurateurs, Provence Tourisme – après le Pass séjour de cet été, pour soutenir l’hôtellerie en proposant aux touristes une carte cadeau de 100€- vient de mettre en place 6 000 «Pass Tables» d’une valeur chacun de 50 € à gagner via myprovence.fr. «L’objectif est d’inciter les commandes à distance pour faire travailler les commerces de quartier et de proximité, poursuit Danielle Milon, les résidents des communes du département peuvent ainsi gagner 50 € par personne sur notre site afin de les dépenser dans les établissements. Le Pass se présente sous la forme d’un code à usage unique qui est adressé via un message sur mobile. Il faut ensuite le donner au commerçant, avant que nous, Provence Tourisme, adressions directement le règlement à ce dernier.»

«J’invite les habitants des Bouches-du-Rhône à défendre nos restaurateurs»

Sur le site myprovence.fr la carte détaillée des restaurateurs partenaires de l’opération est déjà disponible et sera réactualisée. «Pour le moment, 60 restaurants participent à l’opération, mais le chiffre devrait très vite augmenter», précise Isabelle Brémond, directrice générale de Provence Tourisme. «une somme de 300 000 € consacrée à une telle opération est très importante, insiste Danielle Milon, nous le faisons aussi pour encourager nos concitoyens à plus se diriger vers une cuisine locale et engagée dans les circuits courts. J’invite tous les restaurateurs et chefs de notre territoire qui partagent ces valeurs à nous rejoindre dans la démarche. J’invite aussi les habitants des Bouches-du-Rhône à défendre nos restaurateurs dans ce sens. Les gens, et je peux le constater à Cassis, ont peur de sortir en ville ces derniers temps, car nous sommes classés par les autorités gouvernementales en couleur rouge, cramoisie… Il faut tenter de faire changer les choses.» Pour sa part, Frédéric Jeanjean, le secrétaire général de l’Union des métiers de l’industrie de l’hôtellerie (Umih) dans les Bouches-du-Rhône, ne pouvait que soutenir l’opération : «Je tiens une nouvelle fois à mettre en avant l’unité politique et économique affichée sur notre département, qui nous a permis d’encaisser le choc. Aujourd’hui le soutien va bien au-delà du tiroir-caisse. Il s’adresse directement à la question de savoir pourquoi on va se lever le matin pour aller travailler ?». Il précise sa pensée : «Nous ne comprenons pas que nous soyons les seuls à être obligés de fermer, alors même qu’on a décidé de laisser ouvertes plusieurs autres activités ? On nous a demandé de renforcer toutes nos actions en termes sanitaires et de respect des gestes barrières, on l’a fait. On entend de plus en plus aujourd’hui que les principaux clusters se situeraient dans les milieux scolaires et universitaires. On constate aussi, autour de nous, que les boulangeries sont prises d’assaut pour y manger et boire le café ! Pour résumer, on a l’impression que le gouvernement aime se servir de nous comme un élément de communication, ou cherche de cette manière, en nous sanctionnant, à nous infantiliser.»

On ne peut pas stigmatiser toute une profession par la faute de quelques-uns

Danielle Milon avance : «Les derniers chiffres de contaminations au Covid sur notre territoire, classé en zone rouge, sont en train de baisser. On a donc bon espoir que l’on puisse revoir cette clause de revoyure demandée pour passer de deux semaines de fermeture à une seule. Nous avons un préfet de région, Christophe Mirmand, qui sait nous écouter et sait discuter avec les ministres. Nous avons fait de cette manière avancer le ministre de la Santé, Olivier Véran, à la fin de la semaine dernière, au sujet de la clause de revoyure. Pour ma part, je continue à militer afin qu’on laisse davantage les communes décider sur ces questions. J’ai voulu durcir le ton sur Cassis vis-à-vis des commerçants qui dérapent dans le respect des gestes barrières et recommandations sanitaires. Un commerçant d’un bar ou restaurant mérite la fermeture administrative s’il ne respecte pas les consignes sanitaires. Je suis très ferme sur cela, on doit tous l’être.» Frédéric JeanJean de conclure : «On a demandé nous-mêmes à ce que les contrôles dans les commerces soient renforcés dans le but de sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles. Mais les autorités ont répondu qu’elles n’avaient les moyens de pouvoir le faire… Le gouvernement a décidé de nous retirer à tous le permis de continuer à travailler par la faute de quelques-uns d’entre nous qui ne jouent pas le jeu et commettent seuls des excès de vitesse. Cet état d’esprit est à faire changer. On ne peut pas stigmatiser toute une profession par la faute de quelques-uns.»
Bruno ANGELICA

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