Publié le 28 mai 2026 à 19h21 - Dernière mise à jour le 28 mai 2026 à 19h21
Depuis 2022, le programme « Le Grand Bain », porté par CitizenCorps, rapproche des enfants issus d’écoles de quartiers différents afin de créer des liens durables entre élèves, enseignants et familles. Présenté comme le premier dispositif éducatif de jumelage social entre écoles développé en France, il réunira cette année 1 300 enfants marseillais lors du Festival du Grand Bain organisé du 28 mai au 16 juin.
Dans une ville marquée par de fortes disparités sociales et territoriales, le programme cherche à créer des espaces de rencontre là où les échanges ne se font pas naturellement. Le principe repose sur des jumelages entre classes de primaire issues de réalités sociales différentes afin de permettre aux élèves de se rencontrer tout au long de l’année scolaire à travers des projets communs.
35 écoles marseillaises impliquées
Pour l’année 2025-2026, 35 écoles participent au dispositif, dont 18 situées en Quartiers Prioritaires de la Ville et 17 hors QPV. Au total, 53 enseignants et 26 partenaires associatifs sont mobilisés autour du programme, qui concerne désormais 88 % des arrondissements marseillais. Plus de 3 800 courriers ont été échangés entre enfants binômes et 130 rencontres organisées sur l’ensemble du territoire marseillais. Les jumelages sont construits selon plusieurs critères : le niveau des classes, la distance géographique mais aussi l’Indice de Position Sociale des établissements.
Tout au long de l’année, les élèves participent à des échanges épistolaires, découvrent d’autres quartiers de leur ville, collaborent avec des associations locales et développent ensemble des projets artistiques, culturels ou citoyens. Une classe de Saint-Barthélémy peut ainsi faire découvrir son quartier à une classe de Belsunce avant que les rôles ne s’inversent. Les enfants racontent leur quotidien, leurs habitudes, les lieux importants de leur environnement. Une manière aussi de déconstruire progressivement certaines représentations liées aux quartiers marseillais.
Créer une culture commune
« Le Grand Bain est né d’une conviction simple : lorsque la rencontre n’existe pas naturellement, il faut créer les conditions pour qu’elle puisse avoir lieu », explique Marion Chapulut, fondatrice de CitizenCorps et du Grand Bain. Le dispositif entend ainsi favoriser le dialogue interculturel, encourager la découverte de l’autre et construire une culture commune à l’échelle du territoire marseillais. Au-delà des enfants, le programme agit aussi sur les familles. Certaines découvrent à travers leurs enfants des quartiers qu’elles fréquentent rarement, voire jamais. « Ma fille s’entend super bien avec sa correspondante, j’ai pris le numéro de sa maman pour qu’on organise quelque chose à la maison », témoigne une mère participante au programme.
Des effets mesurés sur les enfants et les enseignants
Selon les chiffres issus du bilan 2024-2025, 78 % des élèves déclarent avoir davantage envie d’explorer leur quartier et leur ville après leur participation au programme. 73 % affirment également avoir découvert de nouvelles activités, qu’il s’agisse de création artistique, de breakdance, de bricolage ou d’activités culturelles. Le Grand Bain agit aussi sur les pratiques pédagogiques. Neuf enseignantes sur dix estiment que le travail avec leur classe binôme a été enrichissant, tandis qu’une enseignante sur deux affirme avoir développé de nouvelles méthodes pédagogiques grâce au dispositif.
Un festival pour clôturer l’année
Le Festival du Grand Bain, organisé du 28 mai au 16 juin dans plusieurs lieux marseillais, viendra clôturer cette nouvelle édition. Il réunira enfants, enseignants, familles et partenaires autour des créations réalisées tout au long de l’année. Au-delà des projets artistiques présentés, l’initiative veut surtout rendre visible ce que le programme cherche à construire depuis quatre ans : des rencontres durables entre enfants de quartiers différents dans une ville où les frontières sociales restent encore fortement marquées.
La rédaction
Le Grand Bain 2025-2026 en chiffres
- 35 écoles participantes
- 18 écoles situées en Quartiers Prioritaires de la Ville
- 17 écoles hors QPV
- 53 enseignants mobilisés
- 26 partenaires associatifs engagés
- 1 300 enfants participants
- 88 % des arrondissements marseillais concernés
- Plus de 3 800 courriers échangés
- 130 rencontres organisées sur le territoire



