Camp des Milles. Jean-Noël Barrot apporte le soutien de la France à la candidature au patrimoine mondial de l’Unesco

Publié le 5 août 2026 à 17h59 - Dernière mise à jour le 5 août 2026 à 17h59

En visite au Site-mémorial, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a salué le travail de mémoire mené depuis quarante ans et annoncé le soutien de l’État à la candidature du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco. Il a également alerté sur l’explosion de l’antisémitisme en France et dans le monde.

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Le ministre est notamment entouré de Claude Kupfer, d’Alain Chouraqui, président d’honneur de la Fondation, d’Isabelle Rome, ambassadrice pour les droits de l’Homme ©FDCDM

Le soutien est désormais affiché au plus haut niveau de l’État. En déplacement au Site-mémorial du Camp des Milles, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a apporté son appui à la candidature du site aixois au patrimoine mondial de l’Unesco, une démarche qui vise à faire reconnaître à la fois la valeur historique du lieu et la portée universelle de son travail de transmission.

Accueilli par Claude Kupfer, récemment élu président de la Fondation du Camp des Milles, en présence notamment d’Alain Chouraqui, président d’honneur de la Fondation, d’Isabelle Rome, ambassadrice pour les droits de l’Homme et pour la dimension internationale de la mémoire de la Shoah, ainsi que de nombreux élus régionaux et locaux, le ministre a visité ce lieu unique en France, seul grand camp d’internement et de déportation encore conservé dans son intégralité. Au terme de cette visite, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et la Fondation ont signé une Convention pluriannuelle d’objectifs 2026-2028, confirmant le soutien de l’État à l’action menée par le Site-mémorial.

Une candidature qui dépasse la seule dimension patrimoniale

La candidature à l’Unesco ne concerne pas uniquement les bâtiments du Camp des Milles. Elle repose également sur la reconnaissance d’un patrimoine immatériel fondé sur la recherche, l’éducation et la transmission, notamment à travers la Chaire Unesco « Éducation à la citoyenneté, sciences de l’homme et convergence des mémoires », développée avec Aix-Marseille Université. En apportant le soutien de son ministère à cette démarche, Jean-Noël Barrot a souligné la dimension internationale du travail accompli depuis plusieurs décennies par la Fondation.

Le Camp des Milles au cœur de la présidence française de l’IHRA

Le ministre a également rappelé que la France assure actuellement la présidence de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Dans ce cadre, le Camp des Milles accueillera en mars 2027 le congrès international de l’organisation, réunissant pendant quatre jours plus de 300 diplomates, chercheurs et experts issus d’une quarantaine de pays. Pour Jean-Noël Barrot, cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. « La brutalisation commence dans les mots, mais engendre ensuite la violence des actes », a-t-il déclaré, évoquant la progression des actes antisémites en France comme à l’échelle internationale. Le ministre a rappelé qu’un récent rapport faisait de 2025 l’année la plus meurtrière depuis trente ans en matière d’actes antisémites dans le monde, soulignant l’urgence de renforcer les actions d’éducation et de transmission. « Les armes de l’esprit, de l’éducation et de la culture » constituent, selon lui, les meilleurs remparts contre la haine, un combat que mène quotidiennement le Camp des Milles à travers ses actions pédagogiques et citoyennes.

« Je suis un enfant de la France des Justes »

Très personnel, Jean-Noël Barrot a également évoqué son attachement à la mémoire des Justes. « Si je suis ému et heureux d’être ici aujourd’hui, c’est que je suis un enfant de la France des Justes et des résistants », a-t-il confié. Il a rendu hommage à ces femmes et à ces hommes qui, au péril de leur vie, ont choisi de sauver des personnes promises à la déportation, rappelant que leur courage demeure un modèle pour les générations d’aujourd’hui. Concluant son intervention, le ministre a lancé un appel à la vigilance et à la responsabilité individuelle : « La paix et la concorde sont des exceptions ; elles supposent un combat inlassable, qui commence par celui que l’on mène en soi-même. »

Par la signature de la Convention pluriannuelle d’objectifs, le gouvernement a également voulu saluer le travail conduit depuis quarante ans par la Fondation du Camp des Milles, confirmant son engagement aux côtés de ce lieu devenu une référence internationale en matière de mémoire, d’éducation à la citoyenneté et de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

La rédaction

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