Chronique. « La parole est à Viou». Municipales  : « Citoyen a voté »

Destimed a ouvert une nouvelle fenêtre sur le débat avec « La parole est à Viou », une chronique portée par la plume libre et engagée de Viou. Ce rendez-vous assume un ton personnel, curieux, parfois piquant mais toujours ouvert. Ici, la réflexion se fait sans détour, avec le goût des idées, des points de vue qui se confrontent, et des questions qui ouvrent la discussion. Cette chronique donne voix à une lecture singulière de l’actualité, aux angles parfois à contre-courant. La parole est à Viou à contredire, à débattre.

Premier tour hier. Les urnes ont parlé. Le message en Région Sud possède une clarté implacable : la politique n’est pas de la théâtralité, c’est du résultat. Quand ça marche, ça passe. Quand ça échoue, ça tombe.

La Région : le triomphe de l’efficacité

Partout où le travail a porté ses fruits, c’est un plébiscite. Camille Galtier domine Manosque (68 %), David Géhant s’impose à Forcalquier (60 %), Jean-Pierre Serrus est reconduit à La Roque-d’Anthéron (54 %). Pas de suspense. Pas de rhétorique creuse. Les électeurs transcendent les étiquettes. Ils regardent l’état réel de leurs rues, la qualité de leur sécurité, la gestion concrète de leur territoire. Un bilan solide ? Ils reconduisent. C’est le triomphe du réel sur l’apparence.

Marseille : le naufrage de la puissance institutionnelle

À Marseille, le contraste est violent. Benoît Payan termine dans l’indifférence face au RN. Ce n’est pas un rejet, c’est un sursis. Mais le vrai séisme est ailleurs. Martine Vassal et Romain Simmarano s’effondrent, talonnés par La France Insoumise. Pour la droite républicaine, ce n’est plus un avertissement. C’est une fin de parcours. Malgré la présidence de la Métropole et du Département, la puissance de frappe institutionnelle n’a pas suffi. Six ans de gestion terne à la tête de ces institutions, de déconnexion, d’arrogance perçue : la sanction est logique. Les Marseillais ont tranché : vous n’êtes plus la solution.

L’impératif du retrait

Se pose alors une question d’ordre éthique : vont-ils s’obstiner ? Face à la montée des extrêmes, le front républicain ne souffre aucune ambiguïté. Se maintenir en position de faiblesse, c’est prendre le risque du chaos. Platon, dans La République, définissait ainsi la vertu du dirigeant : « Le véritable chef ne commande pas dans son propre intérêt, mais dans celui de ses sujets. » Celui qui s’accroche à une candidature rejetée par le peuple prouve qu’il ne sert que sa propre ambition, au mépris de la Cité. Aux candidats républicains , qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre ,  qui ont échoué : quand le verdict est aussi net, il n’existe qu’une seule posture digne. Se retirer. Non par faiblesse, mais pour que le bien commun prime sur l’ego face aux extrêmes. Les bons restent. Les mauvais partent. Ayez la grandeur d’honorer cette règle.

Citoyens : votez

Aux électeurs qui s’abstiennent. L’abstention progresse. L’offre politique déçoit parfois. Le choix est difficile. Mais ne pas voter, c’est laisser d’autres décider pour vous. Dimanche prochain, allez voter. C’est votre avenir qui se joue

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