Journée mondiale de l’eau. Eaux de Marseille : une qualité exSEMtionnelle

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau, une visite du centre de production d’eau potable de Sainte-Marthe (Marseille 14e) vient d’être organisée. Il s’agit du plus important des trois centres de la métropole Aix-Marseille-Provence, avec le vallon Dol et Saint Barnabé grâce à une eau qui arrive de la Durance.

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Le bassin de Sainte-Marthe accueille 450 000 m3 d’eau, l’équivalent de 225 piscines (Photo Joël Barcy)

Une eau de qualité

L’ouvrage de Sainte-Marthe satisfait 55% des besoins en eau potable de la ville de Marseille. Une eau pure et sans goût grâce à un traitement à l’ozone produit sur place sur un site qui a une production d’énergie deux fois supérieure à la consommation du centre.

« Ici nous produisons une eau de qualité 24 heures sur 24. Régulièrement modernisée depuis sa construction en 1934, ces installations à la pointe de la technologie, entièrement automatisées, télégérées avec  une gestion de la maintenance par ordinateur nous permettent  de bénéficier d’un pôle de traitement de l’eau particulièrement fiable et performant », explique Sandrine Motte, directrice générale de la société des Eaux de Marseille (SEM) qui souligne : « Nous avons la chance d’avoir une eau qui arrive de la Durance via le canal de Marseille.»

« Depuis les Alpes, elle ne traverse ni agriculture intensive ni industrie lourde», tient à préciser Lionel Stora, le directeur de la communication qui rappelle que « ce canal, long de 170 km, est l’ouvrage principal d’adduction de Marseille Provence Métropole et a été réalisé entre 1837 et 1849. Il dessert aujourd’hui 1,2 million de Provençaux. Multi-usage il est principalement destiné à la production d’eau potable (95%)». A Sainte-Marthe, poursuit-il: «L’eau, par sa seule force, fait tourner une turbine avant de se jeter dans un bassin, créé en 1852 pouvant accueillir 450 000 m3 d’eau, l’équivalent de 225 piscines quand le besoin quotidien est de 150 m3 ».

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L’eau est filtrée dans un premier temps pour obtenir l’eau la plus claire possible. (Photo Joël Barcy)

« La principale qualité de l’eau distribuée dans notre région, c’est sa composition. Reconnue comme l’une des meilleures de France, l’eau de notre région peut être consommée par tous, dès le plus jeune âge. Elle ne contient que 2,1 milligrammes de nitrates par litre, soit 25 fois moins que la norme française autorisée. Sa composition en sels minéraux (calcium, magnésium, sodium, potassium) et en oligo-éléments (fluor) est parfaitement équilibrée. Ce qui nous a permis d’obtenir le label de meilleure eau de France », se félicite Lionel stora.

Pour y parvenir décrit-il: : « Nous filtrons l’eau dans un premier temps pour obtenir l’eau la plus claire possible. Une fois filtrée nous la désinfectons puis nous la traitons à l’ozone ». «L’ozone, ajoute-t-il, se forme à partir d’atomes d’oxygène contenus dans l’air et soumis à une décharge électrique à haute tension. Un gaz naturel qui a une action bactéricide et antivirus et qui, en plus offre cette qualité gustative à notre eau. Système que nous utilisons depuis les années 80 ».  « Puis, poursuit-il, pour que l’eau ne se pollue pas nous réinjectons un peu de chlore avant qu’elle parte vers les consommateurs ».

« l’eau est l’aliment le plus contrôlé par l’ARS »

Lionel Stora met en exergue : « L’eau est l’aliment le plus contrôlé par l’ARS  (Agence régionale de la Santé ndlr) qui effectue plusieurs milliers de prélèvements chaque année. Et nous assurons une surveillance constante de la qualité au travers de 60 000 analyses effectuées chaque année par un laboratoire accrédité par le Cofrac (Comité Français d’Accréditation ndlr). Toute contamination éventuelle serait décelée par le réseau de détecteurs physico-chimiques et biologiques disposés tout au long du parcours de l’eau.» A ce propos, il précise: « Dès qu’une alarme se déclenche nous bloquons l’eau en fermant les vannes. Nous alertons tout le monde et nous effectuons des contrôles. On met du chlore, s’il est consommé c’est qu’il y a bactérie, s’il ne l’est pas c’est que l’eau est pure ». Parmi les dispositifs de protection, il signale: «Nous avons des poissons qui sont plus sensibles que nous à des pollutions et, dès que leur activité se ralentit une alarme se déclenche.» Concernant les poissons, il raconte: « Il y a quelques années l’alarme s’était déclenché. Nos équipes arrivent et, stupeur, il n’y a plus de poissons. Ils en remettent, partent, nouvelle alarme et, à nouveau, plus de poissons. Ils cherchent à élucider ce mystère jusqu’à ce qu’il découvre à proximité un héron, bedonnant. Depuis l’aquarium est hermétiquement fermé afin de ne plus attirer des visiteurs indésirables.»

« Nous avons 3 000 km de tuyaux sur Marseille »

Pour Emmanuel Guiol, directeur adjoint des exploitations : « Le canal de Marseille a été une réalisation grandiose que nous ne cessons de moderniser, de sécuriser. Depuis des décennies notre objectif est de fournir une eau de qualité mais aussi de préserver la ressource ». Et les résultats sont là : « Nous avons diminué en quelques années de 30% les prélèvements alors que nous desservons une population stable de 900 000 habitants et nous n’utilisons que  50% de la ressource ». Pour parvenir à ce résultat, Emmanuel Guiol explique : « Le rendement du réseau est exemplaire. Là où la moyenne mondiale est de 50 à 60%  elle est de 80% en moyenne en France et de 88% à Marseille ». Il en explique la raison: « Nous avons un système de contrôle très efficace qui nous prévient en temps réel d’une fuite ce qui nous permet d’intervenir quasi-immédiatement ». Il ajoute encore : « Nous avons 3 000 km de tuyaux sur Marseille. Nous renouvelons un peu plus de 1% -32km- de ce réseau par an. Plus que la moyenne nationale qui est de 0,6%. Et nous avons la chance de bénéficier toujours d’un réseau en fonte, bien plus fiable que le PVC car il ne présente pas de risque de dégradation ».

« Des métiers du temps long et, en même temps nous sommes toujours en capacité de gérer une crise »

Sandrine Motte reprend : « Nous avons un maximum de sécurité mais nous savons que le changement climatique, avec le réchauffement de l’eau, va nous conduire à faire évoluer nos systèmes de sécurité. Nous sommes sur des métiers du temps long et, en même temps nous sommes toujours en capacité de gérer une crise. Nous nous appuyons sur les compétences de nos salariés. Nous leur proposons des plans de carrière pour éviter la routine. Pour cela nous avons une école des métiers interne et nous avons la chance d’avoir des métiers qui font sens. Et la fierté est là lorsque nous gérons des situations tendues ». Elle précise enfin : «Nous prenons soin de l’eau mais aussi de notre environnement. Le centre s’inscrit dans une démarche de gestion durable des zones végétalisées. Des pratiques douces, propices au développement de la biodiversité sont mises en œuvre sur l’ensemble du site ».

Reportage vidéo Joël BARCY, rédaction Michel CAIRE

La SEM est née d’un drame
La Société des eaux de Marseille (SEM) a vu le jour à la suite de l’incendie qui a endeuillé la cité phocéenne le 28 octobre 1938. Ce jour-là un vaste incendie se déclare aux Nouvelles Galeries sur la Canebière. Bilan 73 morts et 200 blessés. Des chiffres très lourds liés à plusieurs facteurs, des pompiers dépassés et un système d’arrivée d’eau défaillant.  « De cette période sont nés le Bataillon de marins pompiers et la Société des eaux de Marseille », indique Lionel Stora, le directeur de la communication de la SEM. On demande à deux sociétés la Générale des eaux et la Lyonnaise des eaux de former une société spécifique pour étudier un schéma directeur de ce que l’eau devrait être sur Marseille. « On va confier à la SEM l’exploitation du service de l’eau et sa modernisation en matière de qualité de l’eau mais aussi, en premier lieu, de quantité de l’eau », souligne Lionel Stora.
Joël BARCY

 

 

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