Marseille. Euroméditerranée : 2025 stabilité retrouvée – 2026 l’accélération

 Lors de leur conférence de presse annuelle, Isabelle Campagnola-Savon, présidente du conseil d’administration d’Euroméditerranée, et Aurélie Cousi, directrice générale, ont présenté le bilan 2025 et les perspectives 2026. Le message central  avancé est après une année de « stabilité » et un protocole sécurisant les moyens jusqu’en 2040, l’établissement veut accélérer, notamment avec la création d’une foncière, une séquence « Euromed Pulse » et un projet assumé d’«Euromed Vert».

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Isabelle Campagnola-Savon, présidente du conseil d’administration d’Euroméditerranée, et Aurélie Cousi, directrice générale (Photo Patricia Caire)

2025, « l’année de la stabilité » pour tenir la trajectoire jusqu’en 2040

Isabelle Campagnola-Savon ouvre la conférence en qualifiant 2025 d’« année de la stabilité ». Dans un contexte « national, politique et économique » qu’elle dit contraint, la présidente rappelle qu’Euroméditerranée est « la transformation de Marseille en action » et qu’un projet de cette ampleur ne peut avancer sans un socle clair de gouvernance et de financements.

Cette stabilité s’est concrétisée, selon elle, par la signature à l’été 2025 d’un protocole avec l’ensemble des partenaires, dont l’État, afin d’assurer la programmation jusqu’en 2040. « C’est une gouvernance partagée », insiste-t-elle, et surtout « une gouvernance efficace » qui engage collectivités et État dans la durée. Elle évoque un montant de « 249 millions d’euros » comme base de ce cap. « Nous avons un cap et nous allons le tenir », conclut-elle.

Immobilier : une conjoncture encore tendue, mais des signaux d’amélioration

Aurélie Cousi replace le bilan dans un cadre conjoncturel « compliqué ». Le marché du logement « tend à s’améliorer mais reste tendu », dans un contexte économique et politique qui freine l’investissement. Elle pointe toutefois des éléments positifs : en 2025, les taux d’intérêt des ménages se seraient stabilisés « autour de 3,10 % » et le pouvoir d’achat remonterait, ce qui contribuerait à « resolvabiliser » une partie des ménages. Ansi Euroméditerranée revendique sa fonction d’amortisseur : «On est ralenti, mais on n’est pas stoppé ». Côté production, les chiffres donnés pour 2025 témoignent d’un redémarrage progressif : « 100 logements équilibrés », « 250 logements autorisés » et « 400 logements » dont les fonciers ont été cédés aux opérateurs. L’objectif reste de revenir vers une cible « autour de 400-500 logements par an ».

Une sociologie d’acquéreurs qui confirme la cible « pour les Marseillais »

La directrice générale insiste aussi sur les indicateurs qualitatifs. Dans le logement « libre », la part de résidence principale atteindrait « entre 80 et 90 % ». Les futurs propriétaires occupants viendraient « entre 80 et 90 % » de Marseille ou des Bouches-du-Rhône. Elle observe également une diversification des profils au sein de Marseille, et l’arrivée de très jeunes acquéreurs « moins de 30 ans » et parfois « moins de 25 ans » avec beaucoup de « primo-accédants », ce qui correspond à la cible initiale.

Protocole, extension, « 30 ans » : une année institutionnelle charnière

Au-delà des chantiers, 2025 a aussi été marquée par des jalons institutionnels. Aurélie Cousi cite l’extension du périmètre de compétences décidée « au Conseil d’État à l’été », les « 30 ans » de l’établissement et une exposition qui a attiré « plus de 20 000 visiteurs », ainsi que l’arrivée d’une nouvelle présidente en fin d’année.

2026 : foncière, « Euromed Pulse » et « Euromed Vert »

Pour 2026, Isabelle Campagnola-Savon annonce la mise en œuvre de sa feuille de route autour de trois axes. D’abord, la création d’une foncière, conçue comme un outil pour dynamiser les quartiers livrés et surtout activer les rez-de-chaussée. « Nous ne voulons pas des quartiers vitrines, nous voulons des quartiers qui vivent », explique-t-elle, en mettant l’accent sur commerces, artisanat et services durables, afin de créer des « territoires vivants » et des parcours de vie équilibrés.

Deuxième priorité : « la rencontre des acteurs ». La présidente veut intensifier les échanges avec le monde économique, mais aussi avec les associations et les habitants. Elle revendique une présence sur les rendez-vous professionnels, tout en jugeant Euroméditerranée « trop méconnu». Dans ce cadre, l’établissement prépare une grande opération type agora, baptisée « Euromed Pulse », envisagée « au mois de juin » ou « début juillet », avec l’idée d’une « économie à la rencontre de la vie » pour faire (re)découvrir les ambitions du projet autour de la formation, de l’emploi, du logement et du développement économique.

Enfin, troisième axe : « Euromed Vert ». La transition écologique est présentée comme une priorité qui doit se voir dans l’espace public. La présidente cite notamment la mobilité douce, des plantations déjà engagées, la poursuite du parc Bougainville et les travaux autour du ruisseau des Égalades. Elle insiste aussi sur un jardin d’expérimentation des sols, conçu comme une plateforme test pour optimiser l’apport de terre végétale, réduire les transports, et donc contribuer à la décarbonation des futurs aménagements, en lien avec l’avancement des études du parc du ruisseau des Aygalades.

Quartiers en transformation : tramway, parcs, équipements et mutations rapides

Dans son tour d’horizon, Aurélie Cousi met en exergue la nouvelle colonne vertébrale du tramway, livrée « début 2026 », qui doit renforcer la desserte et la vie quotidienne sur Euromed 2. Elle annonce une accélération sur plusieurs secteurs, avec des livraisons attendues, des espaces publics requalifiés et des équipements structurants. Elle souligne aussi l’importance d’agir sur « l’existant » autant que sur le neuf, via des dispositifs d’amélioration de l’habitat et des actions de requalification.

Réemploi et économie circulaire : un chantier symbolique en 2026

Parmi les projets lancés, la présidente met en avant la future plateforme de réemploi des matériaux sur le périmètre du Canet, présentée comme une étape concrète vers « la véritable économie circulaire » et un outil de consolidation de la chaîne de valeur du réemploi dans la construction et la réhabilitation.

« Passer d’une logique de projet à une logique de ville »

Conclusion partagée : 2026 doit être une année d’« accélération ». Entre la recherche de nouveaux financements, la mobilisation d’investisseurs, la montée en puissance de la concertation et une communication plus offensive, Euroméditerranée veut franchir un cap et assumer la bascule « d’une logique de projet à une logique de ville pleinement opérationnelle », « au service des Marseillais » et « dans l’intérêt général ».

Patricia CAIRE

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