Publié le 21 octobre 2026 à 21h56 - Dernière mise à jour le 21 octobre 2026 à 21h56
Tour de France des villes sinistrées pour le garde des Sceaux. Après les pillages de ce week-end, Gérald Darmanin s’est rendu au tribunal judiciaire pour féliciter magistrats et greffiers pour leur mobilisation face aux nombreux défèrements des délinquants. Depuis lundi, les comparutions immédiates s’enchaînent.

Une centaine de prévenus
C’est beaucoup à la fois et peu face aux 30 000 pilleurs évoqués par le préfet. Depuis lundi, les comparutions immédiates s’enchaînent après les émeutes du week-end et les pillages en règle des commerçants, sans compter les attaques du commissariat et de la mairie. À Marseille, une centaine de personnes vont passer devant le juge. Pour quelques-unes, une incarcération a déjà été prononcée.
Qui sont les prévenus ?
Gérald Darmanin note deux phases dans cette journée d’émeutes. La première concerne des individus violents, connus des services de police, issus parfois de l’ultragauche, parfois casseurs ou black blocs, qui s’en sont pris aux édifices publics. Puis, à partir du milieu d’après-midi, une tout autre population. « C’est une sociologie très disparate. Beaucoup n’ont aucun casier judiciaire et ont été retrouvés à piller. Ils reconnaissent les faits mais ne voient pas le problème. Parfois, ils ont volé en famille. Certains ont des problèmes d’argent, d’autres non. Cela concerne tous les âges, tous les sexes et tous les quartiers de Marseille », avance Gérald Darmanin.
Une désinhibition surprenante
Le garde des Sceaux n’est pas sociologue et n’a pas d’avis sur cette désinhibition du pillage, mais il s’interroge. « On a des images de vidéosurveillance, sur les réseaux sociaux, qui vont nous amener à faire de nombreuses interpellations. Les personnes sont sans cagoule, sans filtre, discutent sur les réseaux sociaux et revendent immédiatement sur les plateformes Internet le fruit de leur vol. Il y a une désinhibition devant le vol, le pillage, qui est tout à fait inquiétante pour la société française. »
Mea culpa sur le maintien de l’ordre
À la veille d’une réunion avec le président de la République sur les raisons du fiasco, le ministre reconnaît que le maintien de l’ordre a failli. « On est moins bons dans le renseignement, nous sommes moins bons pour garantir la sécurité publique de nos concitoyens. Si nous sommes bons pour assurer de grands événements, bons sur le terrorisme et si on s’améliore en matière de narcotrafic, on est moins bons sur l’ordre public. »
En attendant, même si les prisons sont déjà surchargées, Gérald Darmanin a demandé que les condamnés purgent leur peine immédiatement.
Reportage Joël BARCY



