Retardataires s’abstenir. Quelques dizaines de personnes ont dû rebrousser chemin faute de place à l’occasion de la présentation du documentaire sur l’écrivain René Frégni. Une autofiction sur un personnage haut en couleurs et l’occasion de mieux découvrir cet autodidacte, auteur de plus d’une vingtaine de romans Autofiction.

Il a déplacé les foules. L’alcazar a dû refuser du monde pour la présentation du documentaire sur le romancier provençal René Frégni. Un documentaire réalisé en compagnie de trois comparses avec lesquels il a écumé les quartiers Nord. Dans sa jeunesse. Une autofiction où l’humour, l’autodérision permettent de camper le personnage Frégni. « C’est un romancier-conteur, analyse Jean-François Comminges, l’un des réalisateurs. Il est aussi interprète, c’est ce qu’on pourrait appeler, un personnage et ce n’est pas forcément le cas de tous les gens qui écrivent. Là, on est dans une personnalité héroïque qui se met en scène. »
Retrouvailles

Ce retour à Marseille pour René Frégni – il vit actuellement dans les Alpes-de-Haute-Provence – est l’occasion de retrouver de vieilles connaissances, qui étaient comme lui, un brin révolutionnaires dans leur jeunesse. René Frégni est ému de voir tant de monde assister à la projection de ce documentaire. Alors il raconte, raconte. Son amour pour la littérature, cette écriture qui lui permet de s’évader au bout de 20 minutes. « La littérature c’est une jeunesse éternelle, confie-t-il, quand on lit ou qu’on écrit, on a l’âge des personnages, on ne vieillit pas. » Quand il noircit son carnet ou lit un roman il est un autre : « Je deviens les personnages, je deviens les paysages, je deviens Le livre. »
Écriture en prison

Les romans de René Frégni ont accompagné la vie de ses lecteurs mais il a aussi oeuvré dans les prisons avec des ateliers d’écriture. Il a pu voir la transformation des détenus à travers l’écriture. « Je n’ai jamais eu, en 30 ans, la moindre violence dans les ateliers d’écriture alors que quand on se penche à travers les barreaux vers les cours de promenade, ils se battent comme des chiffonniers toute l’année pour rien du tout. Pendant des années on écrit, on parle et ça créé des histoires. »
Évasion
Replié dans ses montagnes avec ses romans, René Frégni n’oublie pas pour autant le monde sombre qui nous entoure mais il reste optimiste. « Dans ces valeurs qui se dégradent, avec un monde plus en plus obscur, tant que nous nous retrouvons, tant que nous lisons, tant que nous parlons, je crois qu’on peut faire face même à tous les impérialismes, nous parlons et nous résistons. » Sans aucun doute, sa parole fait du bien.
Reportage Joël BARCY



