Au premier tour Benoît Payan (Printemps marseillais ) et Franck Allisio (RN) font toujours la course en tête avec chacun 34% des intentions de vote. Derrière, Martine Vassal, la candidate du socle commun, s’effondre. Elle plafonne à 14%, à égalité avec Sébastien Delogu (LFI). Le second tour demeure incertain d’autant que le sondeur n’a envisagé que deux hypothèses !

Un effondrement
Les jeux restent très ouverts selon cette dernière livraison d’OpinionWay. Un trio se détachait jusqu’en janvier, aujourd’hui seuls deux blocs font la course en tête Le maire sortant et le candidat du RN sont toujours au coude à coude (34%) et progressent de 3 points par rapport au sondage du même institut en janvier. La tendance baissière pour la candidate du socle commun (LR-Renaissance-Horizon-UDI) se confirme. Dans ce sondage, réalisé du 16 au 23 février, elle s’effondre à 14% à égalité de points avec Sébastien Delogu, le candidat de LFI. Les autres candidatures Erwan Davoux (divers droite) et Rémy Bazzali (Lutte ouvrière) plafonnent à 2%. 14% des sondés n’expriment pas d’intention de vote.
Cartes rebattues
Par rapport à l’élection de 2020, les cartes sont totalement rebattues. À l’extrême droite, on note un bond spectaculaire : là où Stéphane Ravier (RN) totalisait 19,45 % des suffrages, Franck Allisio atteint désormais 34 % dans cette enquête. À l’opposé, la droite traditionnelle est en chute libre, s’effondrant à 14 % contre 40 % lors du précédent scrutin pour Martine Vassal. La gauche gagne du terrain. Si l’alliance du Printemps marseillais et des écologistes réunissait 32 % des voix au premier tour en 2020, Benoît Payan est aujourd’hui crédité de 34 % d’intentions de vote. Par ailleurs, alors que LFI n’était présente que dans un seul secteur lors du précédent scrutin, elle s’affirme désormais avec la candidature de Sébastien Delogu. À ce stade, l’addition des forces entre le maire sortant et le député insoumis reste toutefois complexe à établir.
Possible victoire du RN
Le second tour demeure très ouvert. Mais étonnamment le sondage n’envisage que deux hypothèses. Une quadrangulaire, une seule triangulaire et aucun duel ! Faute d’un panel plus large on devra se contenter des figures retenues.
Hypothèse d’une quadrangulaire (Allisio-Delogu-Payan-Vassal). Les sondages laissent entrevoir cette possibilité. Franck Allisio arriverait en tête (37 %), devant Benoît Payan (36 %), Martine Vassal à 14 % et Sébastien Delogu à 13 %. L’écart entre les deux premiers, inférieur à la marge d’erreur (2,4 à 3,5 points), rend toute conclusion prématurée. Mais le maintien de la liste LFI fragmenterait le vote de gauche en facilitant la possibilité d’une victoire du RN.
Hypothèse d’une triangulaire sans LFI. Benoît Payan l’emporterait avec 47 %, contre 38 % pour Franck Allisio, tandis que Martine Vassal serait reléguée à 15 %. Les reports de voix de LFI semblent donc avoir un rôle déterminant dans la victoire.
Pas de duel !
L’hypothèse d’une triangulaire avec LFI, sans Martine Vassal, n’a pas été envisagée. Elle n’est pourtant pas totalement à exclure, même si la candidate assure aujourd’hui qu’elle se maintiendra. Un duel Payan-Allisio à la suite du retrait des deux candidats arrivés troisième et quatrième aurait aussi pu être envisagé. Faute d’hypothèses complètes, difficile de tirer des conclusions pertinentes dans la deuxième ville de France. Une seule certitude demeure : l’incertitude.
Joël BARCY



