Le lancement de son comité de soutien, la semaine dernière, a redonné de l’élan à Martine Vassal. En difficulté dans des sondages peu encourageants, la candidate de la droite et du centre ne veut plus apparaître comme une simple spectatrice du duel annoncé entre Benoît Payan et Franck Allisio. Elle affirme avoir une certitude : « Le RN ne remportera pas Marseille. »

Changement de ton
Lors de la venue de Marine Le Pen à Marseille, Franck Allisio a été interrogé sur la position jugée ambiguë de Martine Vassal en cas de second tour: le soutiendrait-elle ? Le candidat du RN dit hésiter sur la stratégie de la candidate de la droite et du centre : « Une partie de ses électeurs souhaitera nous rejoindre, mais elle est aussi soutenue par les macronistes… et elle a rétropédalé après son intervention (sur Sud Radio, NDLR), donc je ne sais pas.» Ces propos de Martine Vassal avaient semé le trouble au sein de son camp, entraînant un recadrage. Exit toute forme de bienveillance à l’égard du RN : place à l’affrontement. L’objectif assumé est d’empêcher que la campagne se résume à un tête-à-tête entre le maire sortant et le candidat RN.
« Le RN n’est pas Marseille »
Désormais, la candidate attaque frontalement le RN : « Cette ville n’a pas son pareil dans le monde entier. L’ADN de Marseille n’est et ne sera jamais le Rassemblement national, assène-t-elle. Il faut bien être conscient d’une chose : il ne pourra jamais prendre cette ville, de par son histoire, de par sa culture, de par son identité, de par les personnes qui sont là… »
« Je ne me retirerai pas »
« Aujourd’hui, on essaie de nous éliminer, enchaîne Martine Vassal, parce que cela faciliterait peut-être quelqu’un, mais je ne pense pas. » Elle s’appuie alors sur des éléments d’un sondage -non pas sur les intentions de vote, mais sur la question : qui ferait un bon maire ? Des chiffres, dit-elle, plus favorables à sa candidature. « Ce qui m’a fait le tilt, poursuit-elle, c’est le pourcentage. Si on prend ces éléments, il y a vraiment un partage entre Benoît Payan et Martine Vassal. Beaucoup moins évoquent Franck Allisio. C’est là où je me dis qu’il ne faut pas se tromper d’élection et c’est là où je me dis que dans une quadrangulaire, tout est possible. » Donc, pas question de se retirer ? « Pourquoi je me retirerais dans une quadrangulaire où on est tous dans un mouchoir de poche ? »
Programme : teasing avant dévoilement complet
Ne pas laisser s’installer le match Benoît Payan–Franck Allisio : c’est la mission du moment. Parallèlement, comme le maire sortant, Martine Vassal distille progressivement les thématiques de son programme, qu’elle prévoit de dévoiler complètement autour du 10 février. Elle revient aussi sur 2020 : « En 2020, on avait sorti un glossaire de 200 pages en travaillant pendant trois mois avec des experts. On était sans doute trop complets, on a été battus », analyse-t-elle.
Coups de griffes sur la propreté et la Métropole
Sécurité, jeunesse, transports, propreté… la candidate passe en revue les grands axes, tout en égratignant Benoît Payan au passage. « Personnellement, je trouve que la propreté doit se gérer au plus près de la population. On a travaillé pendant trois mois avec Benoît Payan pour que la propreté revienne, avec un budget, à la ville. À la fin, il m’a dit : “Je n’en veux pas, c’est trop compliqué.”Alors on l’a gardée à la Métropole Aix-Marseille-Provence. »
Littoral : centre de plongée au Frioul et “vision balnéaire”
Lors du lancement du comité de soutien, Renaud Muselier avait suggéré à Martine Vassal d’intégrer davantage le littoral dans sa campagne -et lui avait promis des idées. Message reçu. Sur les 57 km de littoral, de la plage de Corbières aux Goudes, la candidate veut « passer la surmultipliée ». « Le Frioul n’est pas valorisé. Il faut le transformer en station balnéaire avec des plages, des cheminements protégés. Il faut y créer un centre international de plongée. Actuellement, le temps que vous alliez sur les sites de plongée, il est l’heure de revenir. On peut créer toute une économie ici. À Corbières, il faut augmenter les plages. Cette vision balnéaire doit aller d’un bout à l’autre de la ville. »
Un «conseil de développement» pour retisser le lien avec l’économie
Portée par une partie du monde économique, Martine Vassal veut faire de l’économie un axe fort de sa campagne. Elle dénonce l’absence de dialogue entre l’actuelle majorité municipale et le monde de l’entreprise. « Je souhaite créer un conseil de développement comme au sein du conseil départemental et de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Ce conseil aurait plusieurs filières : économique, sociale, sportive et culturelle, pour que les acteurs de tous les jours puissent donner de leur temps et nous faire des propositions. »
La campagne entre dans le dur
Les municipales entrent dans une nouvelle phase. Il reste six semaines aux candidats avant le premier tour, le 15 mars : le temps d’arpenter le terrain, et surtout de confronter les programmes.
Reportage Joël BARCY



