Municipales à Marseille. Polémique sur la devise de Pétain. Martine Vassal: « On m’a mis une cible dans le dos »

On veut croire que Martine Vassal, candidate de la droite et du centre à la mairie de Marseille  n’est pas pétainiste; on veut croire qu’elle est l’héritière du gaullisme mais comment se fourvoyer dans le triptyque vichyste : « Travail, Famille, Patrie ». Mieux assumer cette devise en plein débat avant de rétropédaler et de se victimiser le lendemain face au déferlement de haine sur les réseaux sociaux.

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Martine Vassal candidate de la droite et du centre à la mairie de Marseille © Joël Barcy

Les mots polémiques

Martine Vassal ne s’attendait pas à un tel déferlement sur les réseaux sociaux après son intervention lors du débat programmé sur BFM, ce jeudi 19 février . « Mes valeurs, elles n’ont jamais changé… C’est le mérite, le travail, la famille, la patrie », insiste la candidate de la droite et du centre. Benoît Payan réagit en entendant ces mots. « Mais vous savez qui a dit ça ? Vous vous rendez-compte de ce que vous venez de dire? “Travail, Famille, Patrie”, c’est le slogan de Pétain ça.» Elle répondra en ces termes: « Oui. Mais c’est mon slogan et ce sont mes valeurs. Oui c’est ainsi.» Et d’y ajouter : « La solidarité et l’humanité », pour prévenir les attaques possibles.  Mais le mal est fait. Le candidat du Rassemblement national estime qu’il n’aurait pas repris la devise de Pétain et qu’il la laisse à Madame Vassal.

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Rétropédalage

Un peu plus d’une heure après le débat, Martine Vassal réagit sur X. « Le mérite, la famille, le travail, l’humanité et la solidarité sont mes valeurs. Les détourner pour me comparer à Pétain est une attaque aussi violente qu’injuste. C’est une balafre pour la France. » Patrie a disparu du registre. Le lendemain au cours d’une conférence de presse organisée  sur le danger d’une salle de shoot, elle est évidemment interrogée sur la devise pétainiste.

« Jamais pétainiste »

Face au déferlement de colère et de haine déversés via les réseaux sociaux, Martine Vassal avoue comprendre « l’émotion que certains ont eu en entendant l’énumération que j’ai faite ». Mais , justifie-t-elle: « Ça c’est sur la forme, sur le fond il faut être sérieux, j’ai commencé par le mérite et j’ai terminé par l’humanité et la solidarité… Je n’ai jamais été pétainiste et je ne le serais jamais. Ce sont des valeurs qui ont chacune leur importance. Là on sort trois mots et on en fait tout un pataquès ! »

Pas de regrets

Et à la question: Prononceriez-vous ces 3 mots dans cet ordre aujourd’hui ? Elle indique : « Non je les mettrais dans un ordre différent en ajoutant le mérite, la solidarité et l’humanité. » Et point question de regrets pour la candidate:  « Je n’ai pas à regretter quelque chose sur laquelle j’ai fait une énumération. Je peux comprendre l’émotion que cela a pu créer mais est-ce que vous pensez que c’est justifié de sortir 3 mots de leur contexte et après de recevoir des menaces de mort comme j’en reçois depuis ce matin? »

« Je suis une cible »

Aujourd’hui Martine Vassal accuse et se victimise. Le responsable de tout cela c’est le maire sortant. « En faisant allusion à cette devise (vichyste ndlr), en sortant 3 mots de leur contexte (lors du débat ndlr) Monsieur Payan m’a mis une cible dans le dos aujourd’hui. Maintenant je vais faire attention quand je sors. Je ne vais plus pouvoir me promener avec ma famille. »

Fabienne Bendayan, l’ancienne présidente du CRIF et numéro 3 sur la liste centrale vole sur X au secours du soldat Vassal. « Oui, “travail, famille, patrie” fut la devise de Vichy. Personne ne l’ignore. Mais ces mots ne devraient pas être confisqués par une des pages les plus sombres de l’Histoire. Rappeler que ce sont des valeurs essentielles ne revient pas à revendiquer ce passé ! »

Et, ne pas les reprendre in extenso éviterait toute confusion.

Joël BARCY

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