Municipales. Duel Payan-Allisio, Marseille retient son souffle…

Arrivé en tête du premier tour avec 36,7 % des voix, le maire sortant Benoît Payan ne devance que de peu le candidat du Rassemblement national Franck Allisio (35,02 %). Dans une ville très fragmentée politiquement, les reports de voix et la mobilisation des abstentionnistes seront déterminants pour le second tour.

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A Marseille, Benoît Payan (DVG) arrive en tête de ce premier tour devant Franck Allisio (RN) (Photo Joël Barcy)

Derrière ce duel, Martine Vassal (divers droite) arrive en troisième position avec 12,41 %, suivie par Sébastien Delogu (La France insoumise) qui obtient 11,94 % des suffrages. La présidente de la métropole n’a, pour l’heure, fait aucune déclaration publique à l’issue du premier tour.

« Le Rassemblement national est aux portes du pouvoir à Marseille » alerte Benoît Payan.

Arrivé en tête, le maire sortant Benoît Payan a attendu minuit passé avant de s’exprimer sur l’issue de ce premier tour. A l’heure où il intervient il reste encore 50 bureaux à dépouiller mais cela ne peut changer le résultat qu’à la marge. Il ne devance que de deux petits points Franck Allisio, la tête de liste du Rassemblement national.  « Jamais à Marseille le rassemblement n’a été aussi près de la victoire », a-t-il déclaré, appelant les électeurs « du 1er au 16e arrondissement » à se mobiliser dimanche prochain. Le maire sortant a également appelé à faire barrage au Rassemblement national, affirmant que la ville devait « résister à la vague brune ». Benoît Payan a assuré qu’il ne mènerait « aucune négociation de pouvoir », estimant que « l’unité des Marseillaises et des Marseillais » devait primer face au RN. Selon lui, le second tour se résume désormais à un duel entre la liste du Printemps marseillais et celle du Rassemblement national.

Franck Allisio RN se voit déjà maire

Franck Allisio la tête de liste RN pour la mairie centrale n’a pas attendu les résultats définitifs de Marseille pour prendre la parole. Il est intervenu vers 22 heures soit 3 heures avant d’avoir une vision définitive de son score. Entouré de ses 8 têtes de liste de secteur, il a manié l’anaphore pour montrer la différence avec la gauche et se voit déjà maire. Il a salué « un soir historique » pour son mouvement à Marseille. Selon lui, « le souffle du changement et de l’espoir a soufflé comme jamais sur la ville ». Le député estime que son projet, baptisé Marseille en or, a trouvé un écho « des Goudes à l’Estaque, de la Valbarelle aux Catalans ». Devant ses partisans, il a affirmé vouloir incarner « la majorité silencieuse des Marseillais », promettant de « remettre de l’ordre », de garantir « zéro impôt supplémentaire » et de restaurer « la paix fiscale ». Pour le candidat du RN, le résultat du premier tour constitue « bien plus qu’un score électoral », mais « la promesse que Marseille peut devenir un nouvel exemple pour les villes confrontées à l’insécurité ou à la pauvreté ».

Delogu appelle à un « front antifasciste »

De son côté, Sébastien Delogu (LFI), crédité de 11,94 % des voix, s’est félicité d’un « résultat considérable pour une première participation » de son mouvement à des municipales à Marseille. Il évoque  « des dizaines de milliers de Marseillaises et de Marseillais » ayant soutenu la liste Marseille fière et populaire. Il met en exergue l’émergence d’« une nouvelle génération politique ancrée dans les quartiers populaires et les luttes sociales ». Dans la perspective du second tour, il appelle à la constitution d’un « front antifasciste » pour empêcher le RN de conquérir la ville et tend la main aux autres forces du Printemps marseillais et au maire sortant.

Un second tour sous haute tension à Marseille

Le premier tour des municipales à Marseille confirme une recomposition du paysage politique local. Avec 36,7 % pour Benoît Payan et 35,02 % pour Franck Allisio, la bataille pour la mairie se transforme en duel extrêmement serré entre la gauche du Printemps marseillais et le Rassemblement national.

Premier enseignement : la droite traditionnelle s’effondre. La candidate Martine Vassal, qui incarnait encore récemment le principal pôle de la droite marseillaise, ne recueille que 12,41 % des suffrages. Une partie de son électorat semble s’être reportée vers le RN, contribuant à placer Franck Allisio au niveau du maire sortant. Deuxième élément marquant : le poids de La France insoumise. Avec 11,94 %, Sébastien Delogu confirme l’implantation du mouvement dans certains quartiers populaires et auprès d’un électorat plus jeune. Même si Benoît Payan a exclu toute négociation formelle, les électeurs de LFI pourraient jouer un rôle décisif dans l’issue du second tour.

Enfin, la dynamique du second tour dépendra largement de la mobilisation électorale. Dans une ville où l’abstention reste élevée, quelques milliers de voix peuvent suffire à faire basculer l’élection. Le duel annoncé entre le maire sortant et le RN place Marseille dans une configuration politique inédite, où la capacité de chaque camp à élargir son socle électoral sera déterminante. Une semaine de campagne s’ouvre donc avec un enjeu majeur : convaincre les abstentionnistes et capter les reports de voix, dans une ville où chaque arrondissement peut peser dans l’équilibre final.

Reportage vidéo Joël Barcy – Rédaction Patricia CAIRE 

 

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