Musique : Marseillophobie : un diapason un peu bas

Publié le 26 février 2013 à  1h00 - Dernière mise à  jour le 6 juin 2023 à  18h58

D.R.
D.R.

Il n’y a pas plus conformiste et injuste qu’un journaliste « culturel » parisien lorsqu’il décide de démolir Marseille. Cette fois, c’est dans un mensuel de musique classique que se voit décréter l’échec de MP2013. Pourquoi ? Examinons les griefs tels qu’ils sont énoncés au travers de cette page assassine trouvée dans la revue « Diapason » datée du mois de mars :

« Pas un auditorium »: là, touché. Nous en avons déjà parlé ici. Encore faut-il que ce soit une réussite, et tout ce qui brille n’est pas or. Était-ce la faute du preneur de son, en tout cas la récente cérémonie des « Victoires de la musique classique » dans le nouvel auditorium de Bordeaux nous a par exemple donné à entendre une acoustique pauvre, sèche, figée. Et suffisamment impitoyable pour qu’on demande presque au public de ne plus respirer ! Voir ici :

http://www.sudouest.fr/2013/02/19/pendant-les-concerts-attention-aux-quintes-971088-2780.php
et ici :
http://www.liberation.fr/culture/2013/02/01/bordeaux-l-auditorium-rate-le-coche_878714

« Pas un orchestre de renom » : oui, mais le « renom » est-il toujours synonyme de qualité ? A-t-on pris la peine de venir écouter récemment un concert symphonique du Philharmonique de Marseille ? Il faudrait certes songer à une politique d’enregistrements. Mais pourquoi des chefs de renom, comme Lawrence Foster, Jean-Claude Casadesus ou Pinchas Steinberg ne dédaignent-ils pas de se retrouver à la tête de cet orchestre sans « renom » ?

« Deux trois groupes de musique actuelle ou ancienne qui s’échinent » : les Roland Hayrabedian, Raoul Lay ou Jean-Marc Aymes apprécieront …

« Une misère » : une misère surtout pour le journaliste, qui entre autres a simplement « oublié » … l’Opéra ! Un comble quand on sait que le mensuel en question s’émerveille régulièrement des réussites de la maison marseillaise, ou que des colonnes y ont été consacrées aux directeurs de l’Opéra de Marseille ! Quant à la Société de Musique de Chambre, à Marseille-Concerts, au Conservatoire, à la Cité de la Musique, au Cnipal, à Lyrinx, aux orgues, aux choeurs, aux solistes, circulez, y a rien à voir ! Le Diapason dort …

Bref, un festival d’approximations. C’est curieux, on entend moins la même presse hurler avec les loups quand il s’agit d’évoquer les coûts de l’Opéra de Paris (200 millions d’euros par an, dont 100 millions payés par nos impôts). In extremis, l’auteur de ces reproches évoque pourtant la construction d’un énième auditorium parisien, la Philharmonie de Paris, qu’il qualifie à juste titre de « pharaonique ». On le comprend, 387 millions d’euros ! Sans préciser que tout ceci est surtout pris dans la poche du contribuable. Y compris du contribuable marseillais …

Philippe GUEIT

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