Publié le 10 avril 2026 à 19h52 - Dernière mise à jour le 10 avril 2026 à 19h52
Lors de la plénière régionale, ce vendredi, Renaud Muselier n’a pas officiellement annoncé son départ vers le Sénat. Mais dans les faits, la transition est déjà engagée, dans une atmosphère étonnamment apaisée.

La tête ailleurs
Une session régionale « très calme », concède Renaud Muselier. Le budget et l’ensemble des textes ont été votés sans réelle opposition du Rassemblement national comme si les conseillers RN avaient déjà tourné la page Renaud Muselier. De son côté pas d’emportements comme il en a parfois coutume. « Je me prépare à une forme de sagesse sénatoriale », dit-il avec un sourire. Dans la majorité, devant les micros, on comprend la décision du chef qui a su fédérer la droite et le centre au sein de l’hémicycle mais en off on regrette son départ à deux ans du scrutin régional qui s’annonce compliqué.
« J’ai assuré la transmission »
« Forcément ma décision créé un choc », concède Renaud Muselier. «Mais, ajoute-t-il, après le choc il y a la compréhension, après la compréhension il y a l’évolution et après l’évolution il y aura la transmission ». Le président de région envoie une pierre dans le jardin de Jean-Claude Gaudin. « Vous savez, moi on ne m’a jamais rien légué, je n’ai souffert que de gens qui n’ont jamais rien voulu transmettre». Oubliant que Christian Estrosi lui a cédé la présidence en cours de mandat. Lui veut transmettre les choses proprement, laisser une région sur les rails avec une bonne gestion. « J’organise les trucs comme jamais on a organisé une transmission avec des grands projets, un avenir. »
Quelle succession ?
Officiellement, la question reste ouverte. Dans les faits, elle semble largement tranchée. Le nom de Christian Estrosi a circulé, sans suite. « Il n’en a pas exprimé le désir », confirme Renaud Muselier. En interne, un autre scénario s’impose peu à peu : celui de François de Canson. Réélu largement aux municipales de La Londe-les-Maures, proche du président, il apparaît aujourd’hui comme le favori pour prendre la tête de l’exécutif régional.
S’il est élu sénateur en septembre, Renaud Muselier ne compte pas disparaître du paysage régional. Il entend rester impliqué dans les grands dossiers, au premier rang desquels les Jeux olympiques d’hiver 2030, qu’il considère comme l’un des projets structurants de son mandat. Plus qu’un retrait, c’est donc un repositionnement qui se dessine.
Reportage Joël BARCY
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