Région Sud. François de Canson défend la transparence de l’action publique et alerte sur les risques de corruption

Publié le 8 octobre 2026 à 22h19 - Dernière mise à jour le 8 octobre 2026 à 22h20

À l’occasion de la visite de Jean Maïa, président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), ce mercredi 7 octobre à Marseille, François de Canson a présenté les dispositifs mis en place par la Région Sud pour prévenir les risques de corruption. Le vice-président régional a également mis en garde contre les tentatives d’infiltration des institutions publiques par les réseaux de narcotrafic.

Destimed Laura BALAIS
rançois de Canson et Jean Maïa, président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, à l’Hôtel de Région à Marseille. (Photo Laura Balais)

La transparence de la vie publique ne se décrète pas. Elle suppose des règles, des contrôles et une vigilance permanente. C’est le message qu’a porté François de Canson, vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur chargé notamment du développement économique, lors de la réception de Jean Maïa, président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, à l’Hôtel de Région.

Devant les élus et les représentants de l’institution, François de Canson a rappelé les circonstances qui avaient conduit à la création de la HATVP en 2013, dans un contexte de défiance envers les responsables politiques. Il a également évoqué le passé de la région, marqué par plusieurs affaires de corruption dans les collectivités locales. « Ces affaires ont fait des dégâts. Elles ont abîmé la confiance des habitants. Elles ont nourri le “tous pourris”. Les élus honnêtes en ont payé le prix, eux aussi », a-t-il déclaré.

Des règles déontologiques mises en place depuis 2016

François de Canson a retracé les différentes mesures adoptées par la Région Sud depuis 2016 pour renforcer la prévention des conflits d’intérêts et des risques de corruption. Dès janvier 2016, le conseil régional a voté un code de déontologie applicable à l’ensemble des élus. Une commission de déontologie a ensuite été créée, sous la présidence de Catherine Husson-Trochain, ancienne première présidente de la cour d’appel de Marseille. Cette instance conseille les élus et publie un rapport annuel d’activité. Les agents régionaux disposent également d’un guide de bonne conduite. Un nouveau référent déontologue doit être nommé dans les prochaines semaines, après le départ de la précédente titulaire, ancienne présidente du tribunal administratif de Marseille. Depuis 2022, la Région présente par ailleurs un bilan annuel de ses actions de prévention de la corruption, dans le cadre des obligations issues de la loi Sapin 2.

Deux certifications pour les procédures régionales

Le vice-président a particulièrement insisté sur les certifications obtenues par la collectivité. En 2025, l’AFNOR a certifié le système de management anticorruption de la Région selon la norme internationale ISO 37001. Cette certification a été renouvelée en 2026. Elle repose notamment sur l’identification des risques de corruption, la mise en place de contrôles internes et leur vérification par des audits. La Région a également obtenu la certification ISO 9001 pour la qualité de ses procédures de commande publique. Selon François de Canson, aucune autre collectivité française ne détient actuellement ces deux certifications conjointement. Il a toutefois tenu à relativiser la portée de ces reconnaissances : « Une certification est un audit qui se renouvelle chaque année. Elle ne nous met pas à l’abri. Elle nous oblige à ne jamais relâcher l’effort. »

Le narcotrafic, une menace pour les institutions publiques

Au-delà des dispositifs administratifs, François de Canson a abordé un risque qu’il juge particulièrement préoccupant : les tentatives de corruption des institutions publiques par les réseaux de narcotrafic. « Nous voyons aujourd’hui des narcotrafiquants tenter de corrompre des institutions publiques. Marseille et sa région le savent mieux que d’autres », a-t-il averti. Le vice-président régional a souligné les moyens financiers dont disposent ces réseaux et leur capacité à rechercher les failles dans le fonctionnement des administrations. « Un agent sous pression, un fournisseur trop insistant, une information qui circule mal : tout peut leur servir. » Pour y répondre, il a défendu la nécessité de procédures écrites, de contrôles vérifiables et de personnels formés, capables de signaler les situations suspectes.

Une coopération avec la Haute Autorité

La visite de Jean Maïa a également été l’occasion d’évoquer les relations entre la HATVP et les collectivités territoriales. François de Canson a proposé de partager l’expérience de la Région Sud avec d’autres collectivités souhaitant engager une démarche de certification. Il a aussi insisté sur le besoin, pour les élus locaux, de disposer de règles suffisamment claires pour identifier les situations susceptibles de constituer un conflit d’intérêts. « Les habitants de cette région ne nous demandent pas la perfection. Ils attendent que nous soyons sérieux et que nous acceptions qu’on le vérifie », a-t-il affirmé. Une exigence qui, au-delà des certifications et des procédures, renvoie à une question essentielle pour les institutions publiques : préserver la confiance des citoyens dans l’exercice des responsabilités politiques.

Patricia CAIRE

 

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