Retour sur… Conseil municipal de Marseille. Benoît Payan impose son tempo face à une opposition encore sonnée

Publié le 13 avril 2026 à 19h35 - Dernière mise à jour le 13 avril 2026 à 19h35

Pour ce deuxième conseil municipal, les élus ont pris leurs marques sans véritable affrontement. Mais derrière ce calme apparent, un nouvel équilibre politique se dessine : une droite affaiblie, un Rassemblement national en première ligne et un maire, Benoît Payan, qui s’installe déjà en chef d’orchestre.

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Benoît Payan, maire de Marseille @Joël Barcy

Chaque camp prend ses marques

Round d’observation lors de ce second conseil municipal consacré aux orientations budgétaires. Les nouveaux élus écoutent ou se contentent d’interventions mesurées. Les plus expérimentés tentent des prises de parole plus politiques. Pour l’heure, tout se joue à fleuret moucheté. Le véritable affrontement est attendu lors du prochain conseil, avec le vote du budget.

Une nouvelle assemblée

Les rapports de force ont évolué dans l’hémicycle. Laminée lors du dernier scrutin, la droite ne compte plus que quatre élus, un de moins que le seuil nécessaire pour constituer un groupe. L’opposition principale est désormais incarnée par le Rassemblement national. Dans ce contexte, Benoît Payan, largement réélu, s’installe en patron et distribue les rôles.

Une situation contrainte

L’adjoint aux finances, Joël Canicave, évoque brièvement les orientations budgétaires. Il parle d’une « situation contrainte», marquée par un contexte international dégradé et une baisse de près de 11 M€ des dotations de l’État. Franck Allisio (RN) interpelle alors la majorité : « La sécurité n’arrive qu’en neuvième position dans votre rapport et ne compte que 24 lignes. On voit où sont vos priorités. Vous vouliez aussi faire baisser le prix du tunnel Prado-Carénage à un euro. Où en êtes-vous, monsieur le maire ? » Réponse de Benoît Payan : « Cela avance, mais on ne fait pas baisser les prix avec un tweet ou en l’envahissant. »

Une droite en retrait

 Martine Vassal n’a pas participé aux débats, retenue au conseil départemental. Dans un hémicycle où la droite est désormais marginalisée, c’est Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier et ancien directeur de campagne de Martine Vassal, qui prend la parole. Changement de ton. Loin des attaques de la campagne, l’heure est à l’apaisement.
« Monsieur le maire, vous disposez d’une légitimité démocratique incontestable », déclare-t-il, avant d’adopter une posture d’opposition mesurée. Il promet : « Nous ne referons pas ici le match des municipales. Notre objectif sera d’être une opposition utile. »

Un équilibre encore fragile

Le maire de Marseille ne cache pas sa satisfaction : « Merci pour l’intelligence de cette intervention. Personne ne peut se réjouir de la disparition d’un courant politique. Je n’accepterai pas que votre courant disparaisse de cet hémicycle. » Le conseil s’achève dans un climat apaisé. Mais derrière cette séquence maîtrisée, les lignes bougent. La majorité consolide sa position, tandis que l’opposition cherche encore sa place. Le vote du budget, lors du prochain conseil municipal, devrait marquer la fin de cette phase d’observation.

Reportage Joël BARCY

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