Publié le 26 septembre 2026 à 8h04 - Dernière mise à jour le 26 septembre 2026 à 12h25
La grande foule pour l’inauguration du Salon des maires. Un rendez-vous ouvert sur fond de sénatoriales. À deux jours du scrutin, les représentants de presque toutes les listes étaient là pour se montrer et tenter de grapiller des voix. Les maires et divers élus font partie des grands électeurs pour le scrutin de ce dimanche 27 septembre.

Une foire aux voix
Jamais sans doute le Salon des maires, qui fête ses 10 ans, n’aura connu une telle affluence. Il ressemblait à une foire aux voix. Les représentants des listes en lice dimanche déambulaient dans les allées. Il s’agissait de montrer qu’ils s’occuperaient, une fois élus, des communes et des territoires. Chacun son style, sa manière d’aborder le grand électeur potentiel. Un jeu subtil. Il faut montrer qu’il faut voter pour vous, mais sans y aller avec ses gros sabots du style « tu penses à moi dimanche ». La ficelle serait un peu grosse. Il faut préférer parler des problèmes de la commune ou des actions positives menées par le premier magistrat.
Décentralisation
Ce Salon des maires a été créé en 2016 à Salon-de-Provence pour ne plus avoir à se rendre à Paris pour trouver la même chose. Ici, toutes les structures -eau, assainissement, routes, mutuelles, services publics… – sont présentes. En un seul lieu, les maires peuvent trouver tout ce qui participe aux besoins d’une commune. « Moi, j’ai trouvé des choses très intéressantes pour les écoles, résume Christophe Gabarri, directeur de cabinet du maire des Saintes-Maries-de-la-Mer, notamment ces structures modulables qui sont innovantes. » Les maires sont aussi sensibilisés au réchauffement climatique et cherchent à prévenir les canicules. « Tout ce qui touche à l’environnement… Ils parlent beaucoup des cours d’école où ils doivent retirer le goudron et repasser par des éléments plus écologiques où l’eau se draine seule », analyse Cyril Izeda, de la société Calisté Méditerranée.
Finances en berne
Les maires aimeraient souvent faire plus, mais ils se heurtent à des subventions en chute libre et à des finances en berne. « C’est dur pour toutes les collectivités, estime Roland Mouren, le maire de Châteauneuf-les-Martigues. L’État nous impose des dépenses et nous enlève des financements, alors si je vous dis que c’est simple, vous ne me croirez pas. Mais ce sont les collectivités qui font vivre le bâtiment et les travaux publics, alors si on n’a plus les moyens, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? » Certaines entreprises notent déjà un chiffre d’affaires en baisse. « Depuis cette année, on voit que les collectivités ont moins les moyens, relève Pierre-Emmanuel Saillard, responsable commercial pour la société Signature-Vinci Construction sur tout l’ouest de la région. On risque d’avoir une baisse continue suite à ces économies dans les budgets des collectivités. »
« Seuls les impôts fonctionnent »
Les maires sont remontés contre l’État. Lors des tables rondes, ils ont fait part de leur ras-le-bol, ont demandé qu’on les laisse gérer, sans imposer de multiples normes qui ne servent à rien et bloquent toute évolution. Georges Cristiani, le président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, a synthétisé la situation avec ses bonnes formules : « Quand on voit l’état des administrations françaises, il n’y en a qu’une qui marche bien, c’est l’administration fiscale ! Et ça, ça ne peut plus continuer. » Les futurs sénateurs l’auront peut-être entendu.
Joël BARCY



