Stupéfiants : police et gendarmerie mettent la pression sur les consommateurs

Vaste opération ciblant les consommateurs de stupéfiants dans les Bouches-du-Rhône. Pendant trois jours, 1 200 policiers et gendarmes sont mobilisés sur l’ensemble du département. Objectif affiché : avertir, verbaliser et provoquer une prise de conscience. En 2026, les forces de l’ordre annoncent vouloir concentrer davantage leurs actions sur « la demande », considérée comme l’un des moteurs du narcotrafic.

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Vaste opération ciblant les consommateurs de stupéfiants dans les Bouches-du-Rhône © Joël Barcy

Contrôles, palpations et verbalisations

Les usagers doivent s’attendre à être contrôlés et palpés durant ces trois jours. Le dispositif prévoit des interventions de jour comme de nuit, dans 23 communes et sur 159 points de contrôle. L’idée, selon les autorités, est de rappeler que la consommation n’est pas seulement « récréative » mais qu’elle alimente directement les réseaux. « Il est indispensable de bien comprendre que lorsqu’on consomme des stupéfiants ou qu’on va acheter des stupéfiants, on participe directement au trafic de stupéfiants », martèle la préfète déléguée pour la police, Corinne Simon. « Si je n’ai plus de consommateurs à venir sur les points de deal, les points de deal vont s’assécher et disparaître. »

« Des contrôles partout », des établissements scolaires aux transports

Les contrôles ne viseront pas uniquement les lieux festifs. Les forces de l’ordre annoncent une présence sur l’ensemble du département, notamment aux abords des établissements scolaires (collèges, lycées, universités), près des gares, dans les transports en commun (bus, tramways, métros, trains), mais aussi sur les routes. « Il y aura des contrôles partout, parce que les consommateurs sont partout », insiste Corinne Simon.

Une opération aussi en zone rurale

Le dispositif ne se limite pas à Marseille. Les villes moyennes et les secteurs ruraux sont également ciblés. En zone gendarmerie, les autorités observent une influence des grands pôles urbains et une progression des livraisons. « En zone gendarmerie, on s’aperçoit qu’on est clairement sous influence de Marseille, voire d’Avignon. La narco-livraison se développe chez nous, on a beaucoup de consommation », explique le général Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie des Bouches-du-Rhône. Des contrôles de flux sont annoncés, notamment aux péages d’autoroute, dans les trains et sur les principaux axes routiers. Vingt-deux équipes cynophiles seront engagées.

Amendes et suspensions : un avertissement sur les conséquences

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Les usagers doivent s’attendre à être contrôlés et palpés durant ces trois jours © Joël Barcy

Bilan 2025 en zone police : près de 15 000 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) ont été dressées (200 euros) et 2 200 permis ont été suspendus. Les autorités annoncent vouloir amplifier nettement ces chiffres en 2026, tout en mettant en garde contre les conséquences en cas de récidive.
« Lorsque vous avez une deuxième AFD, ou lorsque vous ne payez pas votre AFD, si le parquet fait des poursuites, il y a une possibilité d’une inscription au B2 », prévient Corinne Simon. « Le B2, c’est le casier judiciaire : votre employeur peut le consulter lors de votre entretien professionnel. »

Après les opérations « Jumbo » et « XXL » menées contre les points de deal, ce nouveau « pilonnage » est désormais orienté vers les consommateurs, présentés par les autorités comme un levier majeur pour assécher le trafic.

Reportage Joël BARCY

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