Transports métropolitains. Les gagnants et les perdants de la nouvelle politique tarifaire

Publié le 14 octobre 2026 à 12h35 - Dernière mise à jour le 14 octobre 2026 à 13h21

La Métropole Aix-Marseille-Provence rebat les cartes de sa politique tarifaire dans les transports en commun. Entre hausse des abonnements, fin de certaines gratuités et nouveaux dispositifs de solidarité, la réforme annoncée pour le 1er novembre ne fera pas que des heureux. Près de 100 000 usagers devraient néanmoins bénéficier de tarifs plus avantageux.

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La nouvelle politique tarifaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence va modifier le coût des transports pour de nombreux usagers (Photo Joël Barcy)

Simplification tarifaire

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Samia Ghali, présidente de la RTM, Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Frédéric Vigouroux, vice-président en charge des transports à la Métropole présentent la réforme tarifaire des transports (Photo Joël Barcy)

Équité, responsabilité, solidarité. C’est autour de ce triptyque que Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, entend construire la nouvelle politique tarifaire des transports métropolitains. La réforme prévoit de réduire de moitié les quelque 400 tarifs existants et d’harmoniser progressivement les conditions d’accès aux différents réseaux du territoire. Trois zones tarifaires seront créées, tandis que la tarification sociale destinée aux 11-25 ans doit être généralisée à compter de septembre 2027. « 100 000 usagers d’aujourd’hui paieront moins cher demain qu’aujourd’hui », se félicite Nicolas Isnard. « Et parmi ces 100 000 usagers, il y a les publics qui sont prioritaires de par leur situation sociale ou personnelle. Je pense à la jeunesse, à nos anciens, aux travailleurs modestes ou aux personnes en situation de handicap. »

 Des choix de Samia Ghali

Le programme du Printemps marseillais prévoyait à l’origine le maintien de la gratuité pour les plus de 65 ans et sa mise en place pour les moins de 26 ans. Mais la note était trop élevée. Alors, la tarification solidaire s’est imposée. Dès son arrivée à la tête de la RTM, Samia Ghali a milité pour son application sur l’ensemble de la Métropole. Elle a été suivie par le président.  Ainsi, les plus démunis, notamment les jeunes boursiers et bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, auront accès à un abonnement à 20 euros par an. Samia Ghali s’est appuyée sur le succès de l’expérience tarifaire estivale pour les jeunes, avec un abonnement à 10 euros, pour l’amplifier. « 30 000 jeunes se sont abonnés cet été, cela veut dire qu’ils étaient en attente aussi d’un signe de notre part. Alors, j’ai écouté ce signe et cette tarification sociale permet de le faire sur l’ensemble de l’année. Je pense que c’est l’intérêt des jeunes de prendre l’abonnement de 1,60 € par mois pour ne plus avoir à frauder. »

Des gagnants et… des perdants

Mais la tarification sociale impose aussi que d’autres paient plus pour compenser. Les salariés ne bénéficiant pas de réductions verront leur facture grimper. Sur le réseau marseillais, l’abonnement annuel passera de 480 à 548 euros, soit 68 euros supplémentaires. La zone 1 comprend notamment Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes-les-Vallons. Dans la zone 3 (Côte Bleue, Salon-de-Provence, Cassis…), l’abonnement annuel passera à 261 euros, contre des tarifs qui oscillent aujourd’hui entre 150 et 210 euros.

Pour les 11-17 ans dont les parents ont les moyens, l’abonnement annuel sera de 220 euros pour circuler sur l’ensemble de la Métropole. Sur les réseaux hors RTM, il passera de 60 à 80 euros. Les jeunes salariés de moins de 26 ans qui gagnent correctement leur vie pourront, eux aussi, devoir payer le plein tarif, soit 548 euros sur le réseau marseillais, s’ils ne remplissent pas les conditions de réduction.

Carte collector pour les anciens

Pour les plus de 65 ans, leur carte va devenir collector. La gratuité n’aura pas fait long feu. Elle devrait disparaître au 1er novembre. Mais pour ne pas trop les assommer, ils paieront 50 % du tarif plein de l’abonnement, soit 274 euros par an sur le réseau marseillais. Les retraités non imposables pourront voyager, comme les jeunes boursiers, avec un abonnement à 20 euros par an.

 Responsabilité financière

Derrière cette réforme tarifaire, la volonté est aussi de dégager de nouvelles recettes pour financer les transports métropolitains. La Métropole table sur 21,63 M€ supplémentaires nets par an à terme. « Avec cette revalorisation tarifaire, on va gagner  plus de 20 millions d’euros par an, cela va permettre de poursuivre les investissements », clame le président. « On réduit aussi par deux le nombre de tarifs sur la Métropole. On n’en avait pas moins de 400. Là, la tarification est plus juste. »

Heureux les Aubagnais !

Le pays d’Aubagne est, pour l’instant, le grand gagnant de l’opération. La gratuité reste intégrale. Pendant combien de temps ? Un an, deux ans, plus ? « Impossible d’avoir une date de mise en place d’une tarification comme dans toute la Métropole, indique Frédéric Vigouroux, le vice-président chargé des transports à la Métropole. C’est très compliqué de créer un système de paiement pour les 13 ou 14 communes concernées. Aubagne gagne de surcroît sur tous les tableaux : l’étudiant boursier aubagnais ou le retraité non imposable pourra, en plus, circuler dans toute la Métropole avec un abonnement à 20 euros.

Reportage Joël BARCY

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