Ukraine : la guerre qui ne doit pas devenir normale…

Derrière les chiffres et les années qui passent, il y a des visages, des absences et une attente interminable. Quatre ans après le début de la guerre, la diaspora ukrainienne commémore une nouvelle fois le 24 février. Entre mémoire, solidarité et inquiétude, la mobilisation continue, mais s’essouffle.

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Un combat pour la liberté

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© Joël Barcy

Ce 24 février 2026, l’Ukraine est entrée dans sa cinquième année de guerre. Sans accord de paix prochain, ce conflit aura duré plus longtemps que la Grande Guerre de 1914-1918. Partout en Europe, la diaspora ukrainienne s’est rassemblée pour commémorer cette date sombre.

A Marseille, Natacha Brongniart, membre de l’association Racine, a son beau-frère engagé sur la ligne de front. Elle témoigne : « Comme des milliers de mes compatriotes, il s’est engagé pour défendre la démocratie, la liberté, l’indépendance de mon pays. Les défendre pour eux, pour moi, pour vous, pour nous. »

L’habitude succède à l’indignation

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© Joël Barcy

Mais à l’aube de cette cinquième année, la guerre en Ukraine tend à devenir une toile de fond lointaine dans les esprits. Des associations s’inquiètent de voir l’habitude remplacer l’indignation… et les dons diminuer. David Sanchez, président de l’association Fraternité ukrainienne Provence, dit ressentir cette fatigue : « Il y a une certaine lassitude de la société civile européenne alors qu’on entre dans la cinquième année de guerre. Je m’attendais à voir plus de monde ce soir, une plus grande mobilisation. On le ressent dans les dons : ils sont de moins en moins présents. Et sans dons, on ne peut pas mener d’actions humanitaires en Ukraine. »

Colibri

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© Joël Barcy

Pourtant, la mobilisation autour de l’Ukraine ressemble à l’histoire du colibri qui tente d’éteindre un incendie : à son échelle, on peut toujours agir. Nicolas Roussillon n’a aucun lien direct avec l’Ukraine mais, depuis le début du conflit, il n’a manqué aucun rassemblement, chaque samedi, devant la mairie de Marseille. Un rendez-vous pour rappeler aux passants que la guerre continue : « J’ai senti qu’il fallait que je fasse quelque chose. Venir devant la mairie de Marseille, c’était ce que je pouvais faire. Et puis les choses se sont répétées de samedi en samedi. Après, c’est un texte, puis une poésie… et c’est aussi être tous ensemble. » Jamais ces participants n’auraient imaginé être encore là après quatre ans de guerre. Leur espoir, aujourd’hui : ne pas être contraints de commémorer une nouvelle année de conflit, mais, enfin, la paix retrouvée.

Joël BARCY

 

 

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