Municipales à Marseille : mano à mano entre le maire sortant et le RN, selon un sondage

Réalisé avant l’entrée en campagne de Benoît Payan, le sondage BVA/Ipsos pour La Marseillaise* confirme un coude-à-coude entre Franck Allisio (RN) et le maire sortant, Benoît Payan (DVG), tous deux crédités de 30 % des intentions de vote. Derrière eux, Martine Vassal (candidate du centre et de la droite) est donnée à 23 %, tandis que Sébastien Delogu (LFI) atteint 14 %.

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Benoît Payan (DVG) Franck Allisio (RN) Martine Vassal (droite et centre) et Sébastien Delogu (LFI) (photos Joël Barcy et Destimed)

Les sondages se suivent, la tendance perdure

La dynamique observée ces dernières semaines se confirme : trois blocs se dégagent nettement. Benoît Payan (30 %) fait jeu égal avec Franck Allisio (30 %). Martine Vassal, candidate de la droite et du centre, plafonne à 23 %. Sébastien Delogu (LFI) reste stable à 14 %. La liste conduite par Erwan Davoux et Nora Preziosi, farouches opposants à Martine Vassal, stagne à 2 %. Si ces blocs semblent se confirmer, une évolution apparaît néanmoins.

Allisio capte une partie des voix de Vassal

Depuis le début de la campagne, Benoît Payan et Franck Allisio affirment être les deux principaux protagonistes des municipales, soutenant que le duel se jouera entre eux, les autres candidats n’ayant qu’un rôle secondaire. Le dernier sondage tend à le confirmer, puisqu’ils sont tous deux à 30 %.  Il est à noter que l’enquête a été réalisée du 2 au 8 janvier 2026, avant l’entrée en campagne du maire sortant. Derrière, Martine Vassal, qui a rassemblé l’ensemble de la droite et du centre, décroche à 23 %, soit quasiment son score de 2020, alors même qu’elle avait alors deux concurrents dans son camp. Visiblement, son positionnement très à droite ne lui a pas permis de gagner d’électeurs dans ce secteur et lui a fait perdre des soutiens centristes. Son interview sur Sud Radio, et son « on verra au second tour » à propos de son positionnement face au RN, ont laissé des traces ; son rétropédalage n’a pas convaincu.

« On n’a jamais été aussi près »

Dans un entretien accordé à Destimed en décembre 2025, Franck Allisio (RN) estimait que son mouvement « n’a jamais été aussi près d’emporter la mairie : on ne nous a jamais crédités d’un tel score et nous n’avons jamais été dans les deux premiers ». Avec 30 % des intentions de vote, ce sondage confirme qu’il jouera les premiers rôles, en attirant à lui des électeurs de droite en quête d’autorité, voire une partie du monde économique, auquel le RN multiplie les signes d’ouverture.

La gauche progresse

Le scrutin, désormais appréhendé à l’échelle de l’ensemble de la ville, semble donner un léger avantage au maire sortant : sa notoriété n’est plus un sujet, et il sera jugé sur son bilan et ses projets. Atteindre 30 % alors qu’il n’était pas encore entré en campagne peut, à ce stade, lui être favorable. Entre 2020 et 2026, la gauche progresse dans les intentions de vote : en 2020, l’ensemble des forces de gauche totalisait 38 % ; elles atteindraient aujourd’hui 44 points. Reste une gauche divisée entre Benoît Payan et Sébastien Delogu (LFI). Le premier estime que « LFI a fait le choix de la division » et affirme qu’il ne « se reniera pas » lors de cette élection.

La campagne est lancée

À deux mois du scrutin, les jeux sont ouverts. La campagne s’annonce tendue : les états-majors affûtent déjà leurs formules et chacun rendra coup pour coup tant l’enjeu est important. Lors de sa déclaration de candidature, samedi dernier, le maire a indiqué qu’il n’était pas certain d’accepter des débats, évoquant la violence et les approximations observées lors des premiers face-à-face télévisés entre ses adversaires.

Joël BARCY

* Sondage BVA/Ipsos réalisé du 2 au 8 janvier 2026 par téléphone, auprès d’un échantillon de 801 habitants âgés de 18 ans et plus, inscrits sur les listes électorales.

Réactions

Printemps Marseillais

Le Printemps marseillais  via un son compte X se montre satisfait après la publication de ce sondage : « Pour Marseille, Benoît Payan est la seule alternative face à l’extrême-droite ! Marseille, ville d’accueil, de culture, de solidarité ne peut pas, ne doit pas laisser l’extrême-droite arriver au pouvoir, ce serait une catastrophe sans précédent pour notre ville. »

Franck Allisio

Selon un communiqué du porte-parole de campagne de Franck Allisio, ce dernier « est le seul rempart face à la gauche et l’extrême-gauche à Marseille». il précise, toujours via ce communiqué : «Un sondage IPSOS pour “La Marseillaise” publié ce jour confirme ce que les Marseillais nous disent depuis des mois : le match sera entre Franck Allisio et Benoit Payan. En effet, ils sont tous les deux donnés à 30% au premier tour. Tout cela est conforme à ce que nous vivons sur le terrain. En mars prochain, les Marseillais auront le choix entre un candidat qui souhaite remettre Marseille en ordre, et un qui souhaite accélérer son déclin, avec comme 1er adjoint Monsieur Delogu.» « Depuis son entrée en campagne, poursuit-il, Franck Allisio a su créer une dynamique, permettant de rassembler des élus allant de LR au Sénateur Stéphane Ravier. Il saura rassembler les 15 et 22 mars une majorité de Marseillais afin de remettre Marseille en ordre et de rebâtir une cité phocéenne propre et heureuse. Franck Allisio a su constituer une équipe d’élus de terrain, de personnes neuves et dynamiques, qui veulent le changement. Tous se retrouvent autour d’un projet réaliste et ambitieux, bâti sur la sécurité, la propreté, la maîtrise de la fiscalité et des deniers publics. Au-delà de ses indicateurs parmi d’autres que sont les études d’opinion, nous restons plus que jamais, concentrés, au travail, avec les Marseillais et au service de Marseille.»

Martine Vassal

Selon un communiqué de l’équipe de campagne de Martine Vassal : «Dans cette campagne, le temps de parler des Marseillais est venu. Les sondages se suivent et ne se ressemblent pas. En deux mois, trois candidats différents ont été donnés en tête des sondages : Martine Vassal, Benoît Payan et Franck Allisio. Cela montre une seule chose : ces élections municipales seront les plus serrées de l’histoire de la ville. Notre union, notre rassemblement des Marseillais qui veulent sauver leur ville, est la seule offre politique pour la sécurité et le rayonnement de Marseille, face aux blocs Payan/Delogu et Allisio qui ne veulent que notre fracture. Maintenant, ne nous trompons pas d’élection : on parle de Marseille, de notre destin. Il est temps de confronter les visions, les idées et les projets comme l’a proposé notre candidate hier soir sur France 3. Le temps de parler des Marseillais est venu !»

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