Le corps de Ran Gvili, le dernier otage israélien, a été rapatrié. Désormais, à Gaza, il n’y a plus que des prisonniers du Hamas et ils sont Palestiniens.
La longue et sanglante journée du 7 octobre 2023 vient de s’achever avec le retour du corps du dernier otage en Israël. Il s’appelle Ran Gvili. C’est tout un peuple qui l’attendait. La reconstruction peut enfin commencer. La première étape sera d’enlever le ruban jaune et la plaque d’identité, symboles de ce terrible calvaire.
Cette libération faisait partie intégrante de l’accord en 20 points de Donald Trump. Pourtant, le Hamas, jusqu’à la dernière seconde, a mené une guerre psychologique morbide, alors qu’il était défait. Entre les cérémonies macabres en grandes pompes devant les caméras, les substitutions de cadavres, et les mises en scène de recherche des dépouilles, avec la complicité des ONG, c’est un florilège de l’horreur auxquels ont été soumises les familles et toute la population. Si Ran a été finalement identifié dans une fosse commune, c’est grâce à l’intervention combinée et déterminée des services de renseignement et de Tsahal (opération Brave Heart). Il sera rendu aux siens pour recevoir une sépulture décente.
Qui est Ran ? Un membre des forces d’élite de la police. Un héros ! Alors qu’il devait être opéré d’une fracture de l’épaule, il n’a pas hésité à se rendre, dès le tout début, sur les lieux des massacres (Kibboutz Alunim et Saad) pour sauver des dizaines de personnes. Encerclé et blessé par les tirs, il aura la force de neutraliser 14 terroristes, avant de rendre l’âme. Comme l’a dit sa mère, « il a été le premier à sortir combattre, il a été le dernier à rentrer à la maison ».
Mais ce jour-là, et ceux qui suivirent, la solidarité a pris le pas sur tout autre sentiment. Des Israéliens de l’étranger se s’ont envolés par le premier avion, et les réservistes sur place, ont rejoint les bases militaires sans même attendre l’appel. Cela s’imposait car la survie du pays était en jeu avec une guerre surprise sur 7 fronts.
Israël est un tout petit pays, de la taille de deux départements français, sans ressource naturelle, vivant dans l’une des régions les plus dangereuses du monde. La moindre faiblesse peut être fatale. Il n’y a aucun droit à l’erreur. La dernière a causé la mort de 1 200 personnes (le plus grand pogrom depuis la Shoah) et 521, dont des bébés, des femmes et des personnes âgées, ont été enlevées (207 vivantes et 41 mortes ou assassinées en captivité).
Malgré les guerres et les attentats, l’Etat hébreu fait mieux que résister. Il est devenu la « Start-up nation », celle de l’innovation. Il figure au palmarès mondial des pays où il fait bon vivre et sa culture est foisonnante. Pourquoi ? Parce que chacun sait que, si c’est nécessaire, tout sera mis en œuvre pour le ramener à la maison. L’essence d’Israël tient en cette promesse. C’est la raison pour laquelle, à la tristesse, aujourd’hui, se mêle la joie !
En Israël chaque vie compte. Celles de tous les citoyens (Juifs, Arabes, Druzes, Chrétiens araméens etc.), sans oublier les étrangers venus y travailler. En conséquence, c’est toute la société qui a œuvré à la libération des otages comme s’il s’agissait de membres de leur famille. Et en cet instant, c’est tout Israël qui a été libéré.
Quel contraste avec le Hamas à Gaza, le Hezbollah libanais, les djihadistes en Syrie ou en Irak, les Houthis au Yémen, les mollahs en Iran et bien d’autres qui lancent encore des appels au martyr, au sacrifice pour provoquer des fleuves de sang chez l’ennemi sioniste et ailleurs.
Quel contraste également avec eux qui, chez nous, arrachaient les affiches des enfants Bibas sauvagement assassinés ou qui y voyaient un acte de résistance. Ils ne condamnent toujours pas ce crime contre l’humanité mais inventent une famine et un génocide pour le justifier.
Le 7 octobre, a tracé une ligne rouge et scindé le monde en deux groupes irréconciliables. Ceux qui s’en sont réjouis se sont retranchés définitivement de l’humanité. Ces derniers ne rêvent que de recommencer un nouveau « déluge d’al-Aqsa». Tous les autres chérissent la vie et espèrent la paix. Mais cette paix ne sera qu’une chimère tant que le groupe de la « résistance islamique » sera au pouvoir, conservera ses armes et que ses maîtres à Téhéran, à Doha ou Ankara, ou ses soutiens sous nos latitudes, continueront à lui sauver la mise. Et c’est à ce prix que Gaza et les Palestiniens seront également libérés. Car eux sont toujours prisonniers du Hamas et du Djihad islamique.
Mais aujourd’hui, soyons avec la famille de Ran qui va retrouver son enfant et pouvoir faire son deuil.
Une interminable journée prend fin.
Demain sera un autre jour.
« Baroukh Aba » Ran, bon retour à la maison Ran !

Hagay Sobol, Professeur de Médecine est également spécialiste du Moyen-Orient et des questions de terrorisme. A ce titre, il a été auditionné par la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée Nationale sur les individus et les filières djihadistes. Ancien élu PS et secrétaire fédéral chargé des coopérations en Méditerranée. Il est Président d’honneur du Centre Culturel Edmond Fleg de Marseille, il milite pour le dialogue interculturel depuis de nombreuses années à travers le collectif « Tous Enfants d’Abraham ».



