La maire sortante Sophie Joissains (DVD)) arrive largement en tête du premier tour des élections municipales à Aix-en-Provence avec 39,41 % des suffrages. Un résultat qui la place en position favorable pour le second tour.

Face à elle, le député socialiste Marc Pena, qui conduisait une coalition de gauche réunissant socialistes, communistes et écologistes, recueille 20,15 % des voix. Il s’était lancé dans la bataille avec l’objectif affiché de mettre fin à ce qu’il qualifie de « succession héréditaire » à la tête de la ville. La troisième place revient à Jean-Louis Geiger, candidat du Rassemblement national, soutenu par l’Union des droites pour la République d’Éric Ciotti, qui obtient 15,91 %. Derrière lui, Philippe Klein, avocat et candidat du parti Horizons, atteint 11,80 % des suffrages et complète le quatuor de tête. La candidate de La France insoumise, Julie Boronad, ferme la marche avec 8 % des voix. Elle ne pourra pas se maintenir au second tour.
Ce premier tour s’est déroulé dans un contexte de forte abstention, avec près d’un électeur sur deux qui ne s’est pas déplacé pour voter. Les reports de voix et la participation au second tour pourraient donc jouer un rôle déterminant dans l’issue du scrutin.
Une triangulaire possible et des reports décisifs
Avec près de 40 % des voix, Sophie Joissains dispose d’une avance confortable, mais le second tour pourrait encore réserver des surprises. Si plusieurs listes décident de se maintenir, une triangulaire, voire une quadrangulaire, reste possible. Le candidat socialiste Marc Pena devra, pour espérer inquiéter la maire sortante, rassembler l’ensemble des voix de gauche et convaincre une partie des électeurs abstentionnistes. De son côté, le RN pourrait tenter de capitaliser sur la fragmentation de ses adversaires. Dans une ville traditionnellement ancrée à droite, les stratégies d’alliance et les reports de voix, notamment ceux des électeurs d’Horizons et de La France insoumise, devraient peser lourd dans l’équilibre du second tour.
Sophie Joissains met en avant la stabilité et l’action municipale
Arrivée largement en tête du premier tour, la maire sortante Sophie Joissains (UDI) a fait part de son « immense émotion », saluant la confiance accordée par les électeurs. Elle a défendu le bilan de son équipe, affirmant avoir mené une politique guidée par « l’intérêt général » et par « une exigence d’excellence qui ne laisse personne au bord du chemin ».
Interrogée sur la possibilité d’un rapprochement avec l’avocat Philippe Klein (Horizons) pour le second tour, la maire sortante a écarté l’idée d’une réconciliation avec ce qu’elle refuse de considérer comme un « meilleur ennemi ». Selon elle, le candidat a choisi de « faire son chemin tout seul », les plaçant aujourd’hui dans une relation d’adversaires.
Face à la progression du Rassemblement national, dont le candidat Jean-Louis Geiger réalise une percée en triplant son score par rapport au précédent scrutin, Sophie Joissains évoque « une anxiété profonde dans la société ». Elle assure toutefois que la municipalité agit « en profondeur » sur les questions de sécurité et de tranquillité publique.
La maire sortante a également insisté sur la stabilité de la gestion municipale, mettant en avant l’absence d’augmentation des impôts et la préservation du pouvoir d’achat des habitants. «Les Aixoises et les Aixois ont besoin d’équilibre et de développement maîtrisé», a-t-elle estimé.
Patricia CAIRE



