Aurions-nous une triangulaire ou une quadrangulaire à Marseille. Jusqu’à ce midi le suspense restait entier. Mais Sébastien Delogu y a mis un terme, il se retire de la course à la mairie centrale dans un esprit de responsabilité pour éviter une victoire du RN. Mais LFI restera en course dans quatre mairies de secteur.

Victoire aux points
Benoît Payan, allait-il plier ? entendrait-il l’appel à la fusion du millier de personnes rassemblé hier soir sous ses fenêtres à la mairie ? La réponse fut un non. Dans ce contexte LFI était contrainte de plier le genou et de se retirer ou de se maintenir au risque de faire gagner le Rassemblement national qui était au coude à coude avec le maire sortant dimanche soir. Après un préambule de quelques minutes, Sébastien Delogu a mis fin au suspense. « C’est dans cet esprit de responsabilité que nous prenons la décision de retirer notre liste et de ne pas participer au pari inconséquent de Benoît Payan. L’orgueil et l’ego d’un homme ne doivent pas précipiter notre ville dans l’abîme. »
Pas d’appel pour Payan
Sébastien Delogu laisse ses électeurs libres pour le second tour. Il ne les a pas appelés à voter pour Benoît Payan, en revanche il leur demande de se mobiliser dans les 4 mairies de secteur où il maintient des candidats LFI. « J’appelle désormais celles et ceux qui nous ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique. Je leur demande de s’investir de toutes leur force dans les secteurs qui ont qualifié au second tour et où il n’y a pas de risque de victoire de l’extrême droite. »
LFI se retire sans disparaître
En se retirant du second tour, La France insoumise évite de porter la responsabilité d’une éventuelle victoire du Rassemblement national. Un choix contraint, qui relève autant du calcul politique que du sens des responsabilités. Car derrière ce retrait « avec les honneurs », LFI cherche surtout à ne pas hypothéquer l’avenir. Absente de la mairie centrale, elle tente de préserver son influence en visant des élus dans plusieurs secteurs clés, notamment dans les 1-7, 2-3, 4-5 et 15-16 arrondissements. L’objectif affiché est de rester un acteur incontournable à Marseille, conserver des positions locales et peser dans les équilibres futurs, tout en évitant d’endosser le rôle de diviseur à gauche. Une stratégie de repli assumée, qui permet à LFI de limiter la casse électorale tout en préparant les prochaines échéances.
Malaise chez LFI après le retrait
La décision de retrait n’a pas été facile à accepter pour les candidats engagés dans la campagne. Tous reconnaissent la nécessité de faire barrage au Rassemblement national, mais certains y voient aussi une forme d’« anomalie démocratique».« Nous avons frappé à des milliers de portes, rencontré des milliers de personnes… C’est émouvant de ne pas pouvoir leur offrir d’autres perspectives. Aujourd’hui, ils se retrouvent orphelins », confie Mohamed Bensaada, ancien candidat dans les 13e et 14e arrondissements, où LFI a choisi de se retirer pour éviter une victoire du RN.
Reportage Joël BARCY



