Des couleurs, tous les styles, toutes les matières, le salon international d’art contemporain, qui se tient au Parc Chanot, permet de rencontrer, pendant 3 jours, des artistes venus de divers pays et horizons. Aucune galerie n’est présente, seuls les auteurs assurent leur vente en direct et sont là pour parler de leur travail.

Vaste panorama
Sculpture, peinture, le SIAC offre un vaste panorama de styles et de parcours très différents. Brigitte Franck, ancienne hôtesse de l’air, a parcouru le monde entier et visité de nombreux musées. Elle s’est imprégnée de multiples cultures. Il en ressort une œuvre d’une grande simplicité, à la croisée de la peinture et de la sculpture. « Quand vous voulez représenter une sculpture, il faut qu’il y ait une certaine tactilité. Je crée donc des amalgames dans lesquels j’intègre de la poudre de marbre ou du sable, ce qui donne du relief et un toucher particulier. Ensuite, je peins. »

Une peinture militante

Andy Le Sauce dit Andy le bleu, peint la mer et use d’un jeu de mot « La mer et toute sa beauté qu’on peut aussi traduire par la mer est toute sabotée. » Plus de 80 printemps, multi-recordman du monde de plongée, à travers ses toiles, il milite pour la sauvegarde de la mer, dénonce les boues rouges déversées dans la Méditerranée, la faune qui se meure. « Sur ce tableau on voit un plongeur en apnée qui descend et sur les côtés on aperçoit du corail rouge, du corail rouge qui est de plus en plus ramassé et qui souffre. Il devient orange et puis finit tout blanc à la surface et meurt. »
La couleur donne le ton

Chez Régine Pivier Attolini. C’est la couleur qui donne le ton. Des tableaux entre réalité et abstraction autour de thématiques très variées. Cette année elle s’est concentrée sur les natures mortes. « J’aime bien utiliser une couleur dans tous ses sens. Il faut qu’il y ait une vibration dans la peinture. Là on a des passages différents. Ça part tout du bleu puis il y a des rajouts de jaune, de rose, de rouge, de brun et ça donne des nuances. »
La Camargue Magnifiée

Les tableaux de Patricia Jean-Cabot sont une inspiration aux voyages entre terre et eau. La Camargue est magnifiée avec des bleus lagon, des plages rouges au gré des saisons. « Je peins au couteau et à la spatule sur du lin, du coton ou du bois. C’est de la peinture acrylique. Et, ce que j’aime ajouter c’est de la feuille d’or pour souligner les lignes d’horizon et faire quelque chose d’épuré pour qu’on s’évade et qu’on plonge. »
Du figuratif à l’abstrait

La vie professionnelle et familiale de Brigitte Granarolo l’avait éloignée de sa passion, la peinture. Proche de la retraite elle a repris des cours adultes aux beaux-arts à Toulon. Elle a totalement abandonné le figuratif de sa jeunesse pour épouser l’abstrait. « Je ne travaille qu’au couteau avec des formes dynamiques liées sans doute à mes études d’architecture. Petit à petit sur ma toile je crée et je reviens jusqu’à obtenir ce que j’ai envie, ce que je ressens. Je ne dessine jamais auparavant c’est tout directement sur ma toile. »
On se bouscule
Le SIAC fête ses 25 ans, nombre d’artistes y sont passés et l’événement est reconnu. « On se bouscule raconte Eve Genre, commissaire de l’exposition. Cette année nous avons refusé 27 artistes. On a ceux qui reviennent régulièrement et des primo-exposants. Ils se concertent avec les anciens et cela fait une bonne émulation.
Reportage Joël BARCY
Le SIAC – Parc Chanot – Palais de l’Europe Marseille jusqu’au lundi 23 mars à 19 heures. Plus d’info sur siac-marseille.fr



