Feux d’artifice, cris de victoire. Des dizaines de militants, de nombreux médias entourent Benoît Payan qui peine à se frayer un chemin sur le Vieux-Port. Sur un podium improvisé le futur maire prend la parole. Remerciements et appel à l’unité.

Le couronnement
54,34% des voix. Personne n’aurait prédit ce score avant le scrutin voire dans l’entre-deux tours. Benoît Payan devance le RN, qui franchit la barre des 40%. Martine Vassal s’écroule à 5,35%. Fin d’une campagne âpre où les débats de fond n’auront pas été au cœur mais un couronnement pour Benoît Payan qui gagne confortablement en emportant 12 des 16 arrondissements de la ville. Il appelle à l’unité. « Marseille mérite d’être réunit du Nord au Sud, du 1er au 16e. Je suis fier de la confiance que vous m’avez apportée, que des dizaines de milliers de Marseillais nous ont accordé. Ce soir les Marseillais ont choisi de continuer sur la route de l’émancipation, de la liberté, de la fraternité et de la main tendue quelle que soit notre couleur de peau alors vive Marseille, et vive le Printemps marseillais. »
Score inédit
Benoît Payan a attendu de connaître les résultats dans l’ensemble des arrondissements pour prendre la parole notamment celui des 13-14 où la gauche l’emporte malgré le maintien de la candidate de la droite et du centre. Son refus d’alliance avec LFI a payé, « la parole est sacrée, j’ai dit que je ne ferais pas de fusion avec monsieur Delogu », résume-t-il. Au terme du scrutin, une victoire confortable avec plus de 54 % des suffrages, un niveau inédit depuis le milieu des années 1970.« Il y a une fierté avec ce résultat mais aussi une responsabilité et il faut être très humble face à la victoire et il faut comprendre que cette responsabilité je vais la porter pendant les 7 ans pour ne pas décevoir les Marseillaises et les Marseillais et être à la hauteur de la confiance qu’ils m’ont apportée ce soir. »
Réactions

Samia Ghali sort grand vainqueur de la triangulaire qui l’opposait à un candidat du Rassemblement national et à LFI dans les 15-16. Avec plus de 46% des voix, elle devance confortablement tous ses adversaires. C’est la seule maire à avoir effectué quatre mandats dans ce secteur. Les autres élus affichent leur fierté.
Samia Ghali a plié le match dans les 15-16
C’était le match dans le match, Samia Ghali défiait le Rassemblement national dans son secteur mais surtout La France Insoumise qui avait fait des 15-16 sa terre de conquête et comptait battre l’élue du secteur. Mais c’était méconnaître le poids de la candidate dans le secteur, ses réseaux et son investissement. Ghali 46%, LFI 21,6%. Le score ne souffre pas de contestation. Elle a écrasé son adversaire et entamera un 4e mandat dans ce secteur. « C’est une victoire exceptionnelle. C’était la seule triangulaire avec le Rassemblement national en deuxième position. Malgré tout je prends 10 points. Monsieur Delogu (LFI) est aujourd’hui hors course et c’est ça qui est important. Je suis la seule maire qui est élue quatre fois consécutivement dans le même secteur et c’est important parce que cela démontre que les habitants me font confiance. Vous savez il y a la politique politicienne, il y a la politique fiction et il y a la réalité et bien je suis la réalité.»
Victoire du progressisme
Michèle Rubirola, celle qui avait emmené les couleurs du Printemps Marseillais en 2020 jubile aussi. « Cela fait vraiment plaisir parce qu’on a vu que les forces progressistes étaient plébiscitées à Marseille. C’est vraiment un plébiscite de la part de la population qui était endormie à un certain moment mais qui a su réagir et qui a su où porter sa confiance.»
Fier des quartiers populaires
Amine Kessaci, engagé contre le narcotrafic et dont le frère a été abattu il y a quelques mois, vraisemblablement pour l’intimider, voit dans cette victoire le sursaut des quartiers populaires, fortement mobilisés pour ce second tour. « Fierté de voir les Marseillaises et les Marseillais se lever. Fierté que notre ville reste digne, fière et solidaire. Fierté, enfin, de faire mentir ceux qui disent que nous ne votons pas, que nous méritons ce qui nous arrive ou que, dans nos quartiers, nous devrions être regardés autrement. » Il dit également sa fierté « de ce que nous sommes » et de « ce que nous allons construire dans les sept années à venir », appelant le maire à poursuivre son action pour transformer la ville.
Il restait à fêter cette victoire avec l’un des acteurs principaux, Benoît Payan.
Prochain rendez-vous ce samedi 28 mars pour l’élection officielle du maire. Peu de suspense, Benoît Payan retrouvera son fauteuil. Le Printemps Marseillais bénéficie d’une majorité absolue dans l’hémicycle.
Reportage Joël BARCY



