C’est une phrase entendue au lendemain du premier tour dans les rangs de la droite. Elle se confirme au soir du second. Avec un peu plus de 5 % des voix, Martine Vassal s’approche du score de la candidate LR à la présidentielle de 2022 (4,8 %). Une chute annoncée, mais que la liste n’a pas voulu voir.

Le pari du maintien
En décidant de se maintenir et de conserver ses listes dans tous les secteurs, Martine Vassal entendait officiellement faire vivre un courant de pensée. « Le postulat de la droite et du centre est unique, personne d’autre ne peut le défendre », assurait son directeur de campagne, Romain Simmarano. L’objectif affiché était de se maintenir pour exister dans les deux institutions -Ville et Métropole- et continuer à peser au sein de la majorité métropolitaine. « À l’extérieur de Marseille, les maires de droite ont été réélus au premier tour ou presque. Il faudra bien des Marseillais pour peser sur les financements et les projets », justifiait-il.
Une stratégie balayée
Au soir du second tour, le constat est sévère. La droite ne compte plus qu’une poignée d’élus (4) au conseil municipal. Insuffisant pour peser réellement, que ce soit à la Ville ou à la Métropole. La stratégie du maintien apparaît aujourd’hui comme un pari perdu. D’autant qu’elle n’a pas empêché l’effondrement d’un camp politique historiquement dominant à Marseille. Seule Martine Vassal sauve sa tête. La plupart des figures issues de l’ère Gaudin disparaissent du paysage local. Exit Bruno Gilles, Catherine Pila, présidente de la RTM, Laure-Agnès Caradec, présidente de LR des Bouches-du-Rhône et la sénatrice Valérie Boyer. Les jeunes maires de secteur sortants, Sylvain Souvestre et Marion Bareille sont eux aussi balayés. Une soirée apocalyptique.
La fin d’un cycle
La droite pensait que l’union suffirait à éviter un nouvel échec après 2020. Mais l’unité « seule capable d’assurer la victoire » selon Renaud Muselier, n’a pas suffi. Elle perd l’ensemble des secteurs aujourd’hui détenus par la gauche et cède d’autres bastions au Rassemblement national, notamment dans les 9-10 et 11-12 arrondissements. En quelques années, un camp politique qui a dirigé Marseille pendant un quart de siècle (1995-2020) se retrouve marginalisé.
Une reconstruction inévitable
L’heure est désormais à l’introspection. Comment une formation aussi solidement implantée a-t-elle pu être balayée en si peu de temps ? Entre concurrence du Rassemblement national, perte de repères et stratégie contestée, la droite marseillaise devra repenser en profondeur son positionnement. Car au-delà de la défaite, c’est bien une page qui se tourne.
Joël BARCY



