Publié le 2 avril 2026 à 16h48 - Dernière mise à jour le 2 avril 2026 à 16h48
Les 3 et 4 avril, la Cité des associations accueille un festival consacré au cinéma franco-ukrainien. Porté par le MICT, cet événement vise à soutenir les jeunes cinéastes ukrainiens, à faire rayonner leur cinéma à l’international et à encourager les coproductions ainsi que les échanges culturels entre l’Ukraine et la France.
Rencontres et découvertes
Ce festival est l’occasion de découvrir la richesse et la diversité du cinéma ukrainien contemporain, à travers des œuvres documentaires et de fiction. Les projections, proposées en version originale ukrainienne sous-titrée en français, seront suivies de rencontres avec les réalisateurs. Du drame poétique au documentaire, en passant par le road movie ou le drame historique, la programmation explore une grande variété de formes cinématographiques.
« Nous étions des recrues »

À mi-chemin entre documentaire et road movie, ce film retrace le parcours de la « 3e brigade d’assaut ». Il s’attache moins au conflit lui-même qu’à l’immersion des soldats dans la culture militaire et à leur expérience intime de la guerre. Au cœur du récit, une jeune recrue de 19 ans, surnommée « le journaliste ». De Kyiv au front, il partage le quotidien de combattants du détachement « Skhid », « Dok », « Khata », « Istok », « Datsyk », « Helga », « Toha » et « Khmuryi ». À travers leurs témoignages, enrichis d’images du front, ces hommes et ces femmes se dévoilent sans filtre, entre doutes, espoirs et rêves de paix.
« Diagnosis : Dissent »
Ce drame historique plonge dans une lutte inégale : celle d’un individu face à la machine totalitaire soviétique. Le réalisateur Denys Tarasov signe ici « un hommage aux héros qui ont résisté malgré tout, souvent au prix de leur propre vie ». Dans les années 1970, l’URSS met en place un outil redoutable pour réprimer la dissidence : la psychiatrie punitive. Le film suit Andriy, un jeune créateur épris de liberté, qui découvre que de nombreux opposants sont internés dans des hôpitaux psychiatriques spéciaux, sous de faux diagnostics fabriqués par le KGB, comme la « schizophrénie à évolution lente ». Lorsque lui-même est enfermé, il se retrouve face à un choix : collaborer avec le régime pour retrouver sa famille, ou révéler au monde la vérité sur les dissidents brisés par le système.
« Un automne si tardif, si doux »
Film rare mêlant mémoire, identité et quête de liberté, cette œuvre réalisée par Ivan Mykolaïtchouk figure parmi les 100 meilleurs films de l’histoire du cinéma ukrainien et est conservée dans les archives du CNC. L’histoire suit Rusnak, un paysan contraint de quitter sa terre appauvrie avec sa petite-fille pour émigrer au Canada. Malgré une vie plus confortable, il ne parvient jamais à trouver le bonheur. Des années plus tard, il retourne sur sa terre natale. Sa petite-fille, Orysia, découvre alors ses racines à travers une histoire d’amour avec un jeune villageois. Ce lien ravive en elle un profond sentiment d’identité nationale.
Joël BARCY
Réservation obligatoire. Tél: 07 68 55 20 13





