Métropole Aix-Marseille Provence : trou de 123 millions, Nicolas Isnard déjà sous pression 

Publié le 17 avril 2026 à 19h57 - Dernière mise à jour le 17 avril 2026 à 19h58

À peine élu, le président de la Métropole, Nicolas Isnard  doit combler en urgence un déficit massif. Entre arbitrages difficiles et appel à l’État, les premières décisions s’annoncent déjà sensibles.

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C’est ce qu’on appelle un cadeau de bienvenue ou une patate chaude. Le nouveau président de la Métropole a une « muraille » face à lui. Il doit trouver 123M€ d’ici la fin du mois pour boucler un budget à l’équilibre. Une mission quasi impossible sans un appel à l’État.

 Mauvaise surprise

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David Ytier, vice-président © Joël Barcy

 Quand on prend ses fonctions on a parfois des bonnes ou des mauvaises surprises. Nicolas Isnard bénéficie des secondes. Au cours des derniers jours les calculatrices ont surchauffé et mauvaise nouvelle, le bilan financier n’est pas bon. Le président alerte les conseillers. « On a un budget déséquilibré. » Il charge  David Ytier, vice-président, de faire la sombre synthèse. « On s’attendait à franchir deux petits murs, en fait c’est une muraille qui se dresse devant nous. La dotation de l’État est en recul de 120 millions d’euros et nous avons un déficit d’exploitation de 90 millions en matière de transport. Il nous faut trouver 123 millions d’euros d’ici la fin du mois. »

Où trouver 123 millions ?

A part jouer au loto, l’exercice semble impossible d’autant que certains mettent des lignes rouges. « Pas de hausse des taxes », clame Franck Allisio pour le Rassemblement national. Ce parti pris passe mal dans l’hémicycle. « Vous refusez toute hausse d’impôt alors que le RN était en faveur d’une augmentation de 37 milliards à l’Assemblée nationale !» l’interpelle Bernard Deflesselles (droite). Le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (PS) lui emboîte le pas « Il faut évoquer toutes les pistes pour combler ce trou de façon pragmatique et pas dogmatique. »

Le nécessaire équilibre

Les conseillers métropolitains sont au pied du mur : un budget ne peut être voté en déséquilibre. Il faut donc trouver ces 123 millions d’euros dans les prochains jours. Le président Nicolas Isnard espère encore faire revenir, au moins partiellement, l’État sur ses coupes drastiques. L’actuel climat d’unité politique au sein de la Métropole pourrait peser dans les discussions avec le gouvernement. En revanche, pas question de surtaxer les contribuables. « Aujourd’hui, si l’on venait à demander 50, 100 ou 200 euros supplémentaires au titre de la taxe foncière, cela ne serait pas compris et ne serait pas accepté. L’État doit aussi prendre ses responsabilités et nous accompagner, car derrière nous, il y a deux millions d’habitants qui ne veulent pas être tondus comme des moutons. »

Gratuité pour les moins de 26 ans abandonnée

Une chose est certaine, même si l’État acceptait de combler une partie du déficit -ce qui reste incertain- cela ne suffirait pas. Des révisions importantes sont à prévoir, notamment dans le domaine des transports. Des hausses de tarifs semblent inéluctables et la gratuité pour les moins de 26 ans, évoquée aussi bien à droite qu’à gauche lors des municipales, apparaît désormais abandonnée. « C’était une proposition formulée à un moment où la réalité des chiffres n’était pas connue, reconnaît Nicolas Isnard. Tout le monde veut du gratuit, mais à un moment, ce n’est pas possible. » Le président le concède par ailleurs : « Des projets vont être révisés, voire abandonnés. »

Prochain rendez-vous le 21 avril, avec une réunion des 92 maires de la Métropole, avant l’examen du budget primitif prévu le 28 avril. La conquête de la Métropole par Nicolas Isnard pourrait rapidement se heurter à des réalités plus rugueuses.

Reportage Joël BARCY

 

 

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