Publié le 31 mai 2026 à 10h39 - Dernière mise à jour le 31 mai 2026 à 10h40
Le manque de vent aura été l’un des principaux protagonistes de ces championnats du monde de J/70 organisés à Marseille. Pendant cinq jours, les organisateurs ont dû composer avec des conditions particulièrement instables pour permettre aux 88 équipages engagés de s’affronter dans des conditions équitables. À l’arrivée, sept manches ont pu être validées, une performance que Corinne Aubert, présidente du comité de course, n’hésite pas à qualifier de quasi-exploit. Elle revient pour Destimed sur les coulisses d’une compétition exigeante, conclue par la victoire du Bermudien Alec Cutler devant l’Australien Sam Haynes et un équipage estonien. Déception pour les équipages français. Le premier se classant douzième.

Destimed: J’imagine que ces mondiaux n’ont pas été de tout repos pour vous avec ce petit temps ?
Corinne Aubert: Là, j’avoue que ce soir ça tire un peu… Le petit temps a imposé un travail considérable pour organiser les manches dans de bonnes conditions. Sur 5 jours on a eu une seule journée magnifique où on a pu organiser 3 manches.
C’est un remake des Jeux Olympiques où vous aviez la même fonction et où le vent a été attendu ?
Oui, si ce n’est que nous étions au mois d’août ! Là, en mai, c’est exceptionnel que la chaleur éteigne les brises thermiques comme on l’a connu. Il a fallu jongler avec des conditions compliquées pour offrir, malgré tout, des manches de qualité.
Et ce n’est pas simple quand on a 88 bateaux sur le plan d’eau !
C’est clair. C’est la première fois que j’avais une ligne de départ étendue sur un kilomètre. Le plus difficile était de trouver une place où on puisse avoir un vent régulier sur les 12 km de la longueur du parcours afin de laisser la même chance aux concurrents.
Forcément un exercice d’équilibriste ?
J’avais une équipe de 25 personnes sur l’eau pour me donner des informations mais dans ces conditions cela a été très compliqué pour moi de prendre la bonne décision. On a dû beaucoup déplacer les bouées entre les manches pour organiser les courses.
Malgré tout vous avez pu organiser 2/3 des manches dans d’assez bonnes conditions.
On a rendu une copie correcte. Sur 10 manches on a pu en valider 7. Face au petit temps c’est une prouesse. Tous les régatiers ont semblé satisfaits. Ils savent que c’est un sport compliqué et que le vent n’est pas toujours au rendez-vous. J’ai des sourires et des remerciements, c’est le signe que tout s’est bien passé.
Dans ce petit temps ce sont les équipages chevronnés qui l’ont emporté ?
Marseille a été un défi technique. Ceux qui ont fait la course en tête ont été les plus réguliers, les plus patients et les plus techniques. Sur la première marche on retrouve le vainqueur des mondiaux corinthiens de l’an passé, Alec Cutler (BER). Suivent un bateau australien et estonien.

Aucun bateau français en revanche dans les 10 premiers pourtant ils étaient présents en nombre ?
C’est vrai et c’est une petite déception. On espérait que Denis Infante du Coych de Hyères avec notamment deux jeunes du club de la Pelle à bord puissent être dans les dix premiers, mais ils ont alterné de belles performances et de gros échecs notamment le mercredi où ils ont pris de mauvais départs et terminent 3 manches autour de la trentième place. Ils se classent 12e au général et ce n’est pas leur niveau. Ils n’ont pas bien navigué. Peut-être ont-ils eu trop de pression.
Quelles conclusions tirez-vous de ces mondiaux de J/70 ?
Cette épreuve reste un événement mémorable pour les régatiers et les clubs organisateurs, La Pelle et l’Union nautique marseillaise. Ces mondiaux ont aussi donné envie à plusieurs amateurs d’acheter un J/70. Il y a eu une vraie dynamisation de la classe. La qualité du village a aussi joué un rôle dans l’indice de satisfaction.
Propos recueillis par Joël BARCY




