Publié le 18 juin 2026 à 21h51 - Dernière mise à jour le 18 juin 2026 à 21h55
Un mégot jeté au bord de la route peut générer de gros dégâts. Des dizaines d’hectares partent chaque année en fumée en raison de ce geste inconscient. L’Entente Valabre, organisme unique en France, centre névralgique de la lutte contre les feux de forêts a effectué une démonstration de la rapidité de propagation des flammes à partir d’un mégot avec une volonté : la prévention.

30% des incendies

Tordre le coup à l’inconscience, c’est la mission de la démonstration effectuée devant les médias. 30% des incendies auraient pour origine un mégot. Or des milliers sont jetés par les fenêtres en raison de la suppression des cendriers dans les véhicules et, paradoxalement, parce que certains fumeurs ne supportent pas l’odeur du tabac dans leur véhicule.
Montrer pour convaincre
L’Alcome (Alliance contre les mégots), la fédération des sapeurs-pompiers, celle des buralistes et l’Entente Valabre ont donc décidé de montrer en image l’impact possible d’un mégot jeté par la vitre pour sensibiliser le grand public. « Au bout d’un mégot vous avez une “fraise” qui est à 400° donc cela veut dire que ne serait-ce qu’avec un vent de 5 km/h au bord de la route, il peut permettre le déclanchement d’un incendie, atteste Eric Brocardi, porte-parole de la fédération nationale des sapeurs-pompiers. Si vous rajoutez à cela l’ensemble des éléments propices à un incendie : une température supérieure à 30°, un vent dépassant les 30 km/h et un taux d’hygrométrie inférieur à 30%, vous allez avoir toutes les conditions nécessaires pour faire démarrer un feu. »
Simulations

Dans les locaux de l’Entente Valabre, centre névralgique de lutte contre les feux de forêts, des simulations sont opérées pour mesurer la propagation des flammes. « A partir du mégot on va avoir un échauffement de la végétation. Elle va chauffer jusqu’à sa température de pyrolyse, décrypte Téo Pilmann, directeur en énergétique dans un laboratoire au sein de l’Entente de Valabre. Elle va émettre des gaz, ils vont arriver à leur température d’auto-inflammation et si on a un peu de vent, l’apport en oxygène va attiser l’ensemble. La litière prend feu puis, par continuité verticale et horizontale, elle va alimenter une partie arbustive puis la partie arborée, la forêt. »
Caméras thermiques

Des caméras thermiques sont installées, on voit la vitesse de propagation, l’intensité des flammes et les températures vertigineuses atteintes à partir d’un seul mégot. Cela sert d’enseignement pour les hommes du feu. « On fait différents modèles pour comprendre comment fonctionne un front de flammes et comment les sapeurs-pompiers peuvent contrer ces situations », résume Téo Polimann.
Prévention
Mieux gérer le feu mais surtout le prévenir. C’est l’objet de la campagne lancée de concert avec les buralistes. 200 000 micros cendriers seront diffusés, des messages sur les autoroutes sont déjà en place. L’idée à travers cette démonstration à partir de l’ignition d’un mégot est de susciter une prise de conscience. « Ici à Valabre on a fait des battues aux mégots et, sur une année sur un tronçon de 100 mètres, on a trouvé 2 540 mégots, relate Luc Langeron, le chef de la division information et prévention à l’Entente Valabre. Si on multiplie cela par le nombre de kilomètres en France on peut remplir la pelouse du stade de France sur une hauteur de 4 mètres alors les probabilités sont grandes pour qu’un mégot rencontre un végétal combustible qui va démarrer une catastrophe. » Alors pour éviter cela pensez à prendre un cendrier dans votre véhicule.
Reportage Joël BARCY



