Sénatoriales. Renaud Muselier sort l’artillerie lourde avec son comité de soutien

Publié le 31 juillet 2026 à 18h38 - Dernière mise à jour le 31 juillet 2026 à 19h01

Afficher sa puissance pour imposer une politique de dissuasion. C’est ce à quoi s’est employé Renaud Muselier en présentant son comité de soutien dans les locaux d’une restaurant bien connu d’Aix-en-Provence. Alors que les listes fleurissent à droite, il s’estime le seul capable de rafler « 4 sénateurs », soit la moitié des sièges renouvelables dans les Bouches-du-Rhône. Un pari ambitieux qu’il justifie avec sa calculette.

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Autour de Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, les principaux élus de la droite et du centre des Bouches-du-Rhône ont affiché leur unité à Aix-en-Provence à l’occasion de la présentation de la liste et de son comité de soutien pour les élections sénatoriales (Photo Joël Barcy)

Un été sous tension

L’été n’a pas été de tout repos pour Renaud Muselier. La constitution de sa liste pour les sénatoriales, qu’il imaginait sans doute plus simple pour celui qui se présente volontiers comme « le plus capé de tous », s’est révélée bien plus délicate que prévu. Pendant plusieurs semaines, il a tenté de convaincre la sénatrice sortante LR, Valérie Boyer, de rejoindre une liste d’union, en lui proposant la quatrième place, sans garantie d’élection. Dans un souci de « paix des familles », il a même renoncé à conduire la liste pour laisser la tête à Brigitte Devésa et occuper lui-même la deuxième position, permettant ainsi à Valérie Boyer de remonter d’un rang. En vain. « L’unique souhait de Madame Boyer, affirme Brigitte Devésa, ce n’était pas d’être troisième mais d’être première, parce qu’elle estimait qu’elle était la représentante naturelle pour être devant. » Faute d’accord, la sénatrice sortante mènera finalement sa propre liste, sans l’investiture des Républicains. Comme si cela ne suffisait pas, une autre candidature est venue compliquer le paysage : celle d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne, qui revendique une représentation plus importante des maires au sein de la future délégation sénatoriale.

Une parenthèse judiciaire refermée

Après les dissensions internes à droite, Renaud Muselier a également traversé une séquence judiciaire. Un signalement anonyme mettait en cause un prestataire de la Région, accusé d’employer la personne chargée de l’entretien de son chalet privé. Le parquet a finalement classé l’affaire sans suite et ouvert une enquête pour dénonciation calomnieuse. Dans ce contexte, réunir autour de lui les principales figures de la droite et du centre ressemble à une manière de tourner la page avant d’aborder la bataille des sénatoriales.

Le banc et l’arrière banc

Le casting est soigneusement orchestré. Autour de Renaud Muselier, personne ou presque ne manque à l’appel : la présidente du Département, Martine Vassal, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, le président des maires de la Métropole, Georges Cristiani, ainsi que le nouveau président des Républicains dans les Bouches-du-Rhône, Ludovic Perney. À leurs côtés, plusieurs élus et responsables locaux viennent compléter un comité de soutien destiné à afficher l’unité de la droite et du centre. Chacun prend la parole pour justifier son engagement. Georges Cristiani souligne le poids politique de cette équipe : « Une présidente de conseil départemental, un président de Métropole et, comme candidat, un président de Région. Ma foi, c’est quand même pas mal pour nous aider dans un avenir proche. » Dans le même esprit, Sophie Joissains met en avant l’expérience de la liste : « Aujourd’hui, ce sont des gens au travail dont nous avons besoin et je sais que ce travail-là sera accompli par tous ceux qui sont sur cette liste. »

« On en aura quatre »

Dans les Bouches-du-Rhône, 3 695 grands électeurs seront appelés à désigner les huit sénateurs du département. Avec un quotient de 462 voix par siège, Renaud Muselier a déjà sorti sa calculette… et presque rempli les urnes. « Entre le centre et la droite, vous avez 1 670 électeurs. Divisés par 462, cela fait 3,9 sénateurs. La gauche fait 1 244 voix, soit 2,6 sénateurs, et l’extrême droite 607, c’est-à-dire 1,31. En résumé, nous en faisons trois, la gauche deux et l’extrême droite un. Ensuite, il en reste deux à répartir », déroule le président de Région. Sa liste, selon lui, est donc en mesure de décrocher un quatrième siège. Les calculs, toutefois, ne font pas toujours les élections. Dans ce scrutin où le vote est réservé aux grands électeurs, les équilibres se jouent souvent loin des démonstrations publiques. Une réalité que Jean-Claude Gaudin résumait d’une formule restée célèbre : « Les sénatoriales sont des élections où les électeurs sont plus menteurs que les candidats. » Tout un programme.

Reportage Joël BARCY

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