Région Sud. Dix ans après leur création, les OIR ouvrent un nouveau chapitre autour de la défense, de la décarbonation et de l’intelligence artificielle

Publié le 3 juillet 2026 à 19h30 - Dernière mise à jour le 5 juillet 2026 à 8h39

Dix ans après leur création, les Opérations d’intérêt régional (OIR) entrent dans une nouvelle phase. À l’occasion d’une réunion consacrée à leur bilan et à leurs perspectives, Renaud Muselier a réuni leurs coprésidents afin de conforter la stratégie économique régionale autour de trois priorités : la défense, la décarbonation et l’intelligence artificielle.

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Les représentants des neuf Opérations d’intérêt régional (OIR), réunis à l’occasion des dix ans du dispositif, ont échangé sur les perspectives de développement des filières stratégiques de la Région Sud. (Photo Région Sud)

Créées il y a dix ans pour rapprocher les entreprises, les industriels, les chercheurs, les investisseurs et les collectivités, les Opérations d’intérêt régional (OIR) sont devenues l’un des principaux leviers de la stratégie économique de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Réunis dans le cadre des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence, leurs coprésidents ont fait le point sur une décennie d’actions et dessiné les priorités qui guideront les prochaines années.

Pour Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur cette démarche demeure singulière par son fonctionnement. « Les Opérations d’intérêt régional sont une démarche unique en France d’association d’acteurs publics et privés pour porter et financer des projets dans les secteurs les plus stratégiques de notre Région », souligne-t-il.

Le bilan témoigne de l’ampleur prise par le dispositif. En dix ans, les neuf OIR ont accompagné plus de 240 projets. Elles ont permis de sécuriser près d’un milliard d’euros de financements et contribué à créer ou à consolider près de 68 600 emplois. Au-delà des chiffres, la Région met en exergue une méthode fondée sur la coopération entre les acteurs économiques, les laboratoires de recherche, les universités et les collectivités afin d’accélérer le passage de l’innovation à l’industrialisation.

Cette stratégie irrigue aujourd’hui neuf filières jugées essentielles pour l’avenir du territoire. L’industrie du futur accompagne par exemple le programme SYRIUS-PIICTO, qui ambitionne de réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie à l’horizon 2050. Dans le domaine des énergies de demain, le projet H4 Marseille Fos prépare la production de carburants durables destinés au transport aérien. L’économie de la mer poursuit le développement de l’éolien flottant en Méditerranée, tandis que la filière Défense et Sécurité accompagne notamment la réindustrialisation du site des Bormettes par Naval Group autour des drones et des systèmes autonomes.

Les technologies numériques occupent également une place croissante avec Smart Tech et le développement du Pôle Alpha de Sophia Antipolis, consacré à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à l’intelligence artificielle. Dans le domaine de la santé, les Thérapies innovantes s’appuient sur un biocluster appelé à faire de Marseille une référence européenne en immunologie. Les OIR couvrent également la naturalité, la silver économie ainsi que les industries culturelles et créatives, avec notamment le développement de Provence Studios et de la filière cinématographique régionale.

Si ces secteurs demeurent variés, les échanges organisés à Aix-en-Provence ont confirmé une évolution de la stratégie régionale. Les enjeux de défense, de décarbonation et d’intelligence artificielle apparaissent désormais comme les principaux moteurs de développement pour les années à venir. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la transition énergétique et l’accélération des innovations technologiques, la Région entend concentrer une part importante de ses efforts sur ces filières appelées à transformer durablement l’économie.

Au-delà des projets eux-mêmes, les OIR constituent désormais un véritable réseau de coopération entre acteurs publics et privés. Pour la Région, cette gouvernance partagée doit permettre de faire émerger plus rapidement les innovations, de renforcer l’attractivité du territoire et de soutenir la compétitivité des entreprises régionales. Dix ans après leur création, les Opérations d’intérêt régional entendent ainsi poursuivre leur rôle de catalyseur au service de l’économie de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Patricia CAIRE 

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