Version multilingue (FR/ES/EN). Semaine en Espagne – Chronique de José Fernandez Alcalde : Pedro Sánchez sur la scène internationale, pendant que l’Espagne compose avec ses propres réalités

Publié le 14 juillet 2026 à 8h27 - Dernière mise à jour le 14 juillet 2026 à 11h15

De la diplomatie de Pedro Sánchez aux incendies meurtriers d’Almería, en passant par les succès de la sélection espagnole, les incertitudes économiques et les fêtes de San Fermín, José Fernandez Alcalde pose son regard sur une semaine où l’actualité internationale s’est mêlée aux réalités quotidiennes de l’Espagne

Destimed Espagne 3
Illustration générée par IA

Pedro Sánchez à l’international

Pedro Sánchez a participé au récent Conseil européen de Bruxelles. Hors d’Espagne, sa présence semble mieux accueillie que dans son propre pays, où chacune de ses apparitions publiques donne lieu à de vives contestations et où ses déplacements restent particulièrement encadrés. Il s’est ensuite rendu au sommet de l’OTAN, avant de poursuivre son déplacement au Royaume-Uni. Lors de la réunion de l’Alliance atlantique, il a d’abord subi les critiques de Donald Trump, qui avait qualifié l’Espagne de « terrible allié », avant que le président américain ne lui adresse finalement des éloges. Rien d’étrange… ou peut-être bien que si.

Ce revirement continue d’alimenter les spéculations. Beaucoup s’interrogent sur ce qui a pu conduire Donald Trump à modifier aussi rapidement son appréciation de l’Espagne -ou plus précisément de Pedro Sánchez. Aucune explication véritablement logique n’a été avancée jusqu’à présent. Sánchez construit pourtant une partie de son image internationale sur son opposition affichée à tout ce que représente Donald Trump. Faute de transparence sur ce qui a pu être échangé en marge des réunions officielles, il ne reste qu’à attendre que la vérité finisse, tôt ou tard, par émerger.

Il est également possible que sa stratégie, consistant à rester relativement discret lors de ces grands sommets internationaux, lui réussisse finalement assez bien. Pedro Sánchez s’est d’ailleurs contenté d’expliquer qu’il avait parlé avec Donald Trump… de la Coupe du monde de football et de golf. Pour le football, Sánchez maîtrise probablement mieux le sujet que son interlocuteur. Pour le golf, en revanche, je doute qu’il puisse rivaliser avec le président américain.

Depuis le sommet de l’OTAN, Pedro Sánchez s’est rendu au Royaume-Uni afin d’assister à la remise des diplômes de sa fille, diplômée de l’Université de Bristol. Ce déplacement n’a pas échappé aux critiques de l’opposition. Les attaques répétées du gouvernement contre l’enseignement universitaire privé se heurtent ici à la réalité du parcours de sa propre famille. Beaucoup y voient une contradiction, voire un manque de confiance envers l’enseignement supérieur espagnol, puisque sa fille n’a pas choisi une université publique du pays. Selon la presse espagnole, le coût de cette formation avoisinerait 40 000 euros par an, auxquels s’ajouteraient près de 120 000 euros de frais de séjour sur l’ensemble du cursus.

Coupe du monde : des émotions fortes

À l’inverse, la sélection espagnole nous a offert plusieurs motifs de satisfaction. Le premier fut l’élimination du Portugal, le second celle de la Belgique. La présence de Cristiano Ronaldo, pour ce qui devait être sa dernière Coupe du monde, entouré d’une génération de joueurs particulièrement talentueux, pouvait susciter quelques inquiétudes. Mais l’Espagne a répondu présent. Le départ de Ronaldo de la scène internationale a ému de nombreux Espagnols. Je dois reconnaître que moi aussi. Je suis pourtant supporter de son grand rival, l’Atlético de Madrid, ce qui donne peut-être encore plus de valeur à mon jugement. Cristiano Ronaldo restera un immense professionnel et un homme remarquable. Face à la Belgique, l’égalisation rapide de nos adversaires a rappelé que cette équipe conserve un excellent niveau. Ayant vécu de nombreuses années à Bruxelles, je me sens naturellement proche de cette sélection. Mais le but inscrit par Merino à quelques minutes de la fin a finalement offert la qualification à l’Espagne. La France nous attend désormais.

Une économie aux signaux contradictoires

Les perspectives de l’économie espagnole continuent d’envoyer des messages contradictoires. Les indicateurs alternent régulièrement entre optimisme et inquiétude. Pendant ce temps, la société espagnole se tourne vers les vacances d’été, ce moment de respiration attendu par des millions de travailleurs. C’est aussi l’occasion d’observer une réalité souvent méconnue. Le développement économique qu’a connu l’Espagne au cours des dernières décennies a permis à de très nombreuses familles d’acquérir une résidence secondaire sur le littoral. Aujourd’hui, ces logements achetés par les parents ou les grands-parents permettent à leurs enfants et petits-enfants de profiter de vacances à moindre coût. À l’inverse, les prix de l’hôtellerie poursuivent leur progression, stimulés par une demande touristique étrangère toujours plus forte. Les dépenses annexes, notamment la restauration, suivent la même tendance. Le succès touristique de l’Espagne, régi par les mécanismes classiques de l’offre et de la demande, contribue ainsi à une hausse continue des prix. Ceux qui ne disposent pas d’une résidence familiale voient leurs possibilités de voyager pendant l’été se réduire progressivement. Lors de mes séjours à Alicante, je constate chaque année une présence toujours plus importante de visiteurs étrangers.

Almería, le drame de l’été

La note la plus sombre de la semaine vient d’Andalousie. À Almería, un gigantesque incendie a ravagé près de 6 600 hectares. Le bilan est particulièrement lourd : au moins douze personnes ont perdu la vie et plusieurs autres sont toujours portées disparues. Une tragédie qui assombrit le début de l’été espagnol.

Les Sanfermines, entre tradition et mémoire

Les fêtes de San Fermín se sont déroulées à Pampelune. Elles demeurent l’une des célébrations les plus connues au monde, notamment grâce à Ernest Hemingway. L’écrivain américain découvre les fêtes en 1923, à l’âge de 23 ans, et y reviendra régulièrement jusqu’en 1959. Son attachement à Pampelune est aujourd’hui immortalisé par une statue inaugurée en 1968, à proximité des arènes où il assistait avec passion aux traditionnelles corridas.

D’origine espagnole, José Fernandez Alcalde a débuté sa carrière dans la fonction publique espagnole avant de rejoindre les institutions européennes, où il a exercé pendant vingt-deux ans dans le domaine du contrôle financier. Cette expérience, enrichie par des missions dans plusieurs pays, notamment en Belgique, lui a permis d’acquérir une solide expertise au sein des institutions européennes. Parallèlement, il a exercé pendant plus de cinq ans comme consultant en droit commercial et fiscal auprès d’entreprises à Madrid. Titulaire d’une licence en droit de l’Université de Madrid, il est spécialisé dans les domaines de la gestion financière et du conseil stratégique.

 

🇪🇸 Español 

Versión multilingüe (FR/ES/EN). Semana en España – Crónica de José Fernandez Alcalde: Pedro Sánchez en la escena internacional, mientras España convive con sus propias realidades

Desde la diplomacia de Pedro Sánchez hasta los devastadores incendios de Almería, pasando por los éxitos de la selección española, las incertidumbres económicas y las fiestas de San Fermín, José Fernandez Alcalde posa su mirada sobre una semana en la que la actualidad internacional se ha entrelazado con las realidades cotidianas de España.

Pedro Sánchez en el escenario internacional

Pedro Sánchez participó en el reciente Consejo Europeo celebrado en Bruselas. Fuera de España, su presencia parece ser mejor recibida que en su propio país, donde cada una de sus apariciones públicas provoca intensas críticas y donde sus desplazamientos siguen estando especialmente protegidos. Posteriormente asistió a la cumbre de la OTAN antes de continuar su viaje al Reino Unido. Durante la reunión de la Alianza Atlántica, recibió primero las críticas de Donald Trump, que había calificado a España como un «terrible aliado», antes de que el presidente estadounidense terminara dedicándole elogios. Nada extraño… o quizá sí.

Este cambio de actitud sigue alimentando las especulaciones. Muchos se preguntan qué pudo llevar a Donald Trump a modificar tan rápidamente su valoración de España —o, más concretamente, de Pedro Sánchez—. Hasta el momento no se ha ofrecido ninguna explicación verdaderamente lógica. Sin embargo, Sánchez ha construido parte de su imagen internacional sobre una oposición manifiesta a todo lo que representa Donald Trump. Ante la falta de transparencia sobre lo que pudo haberse hablado al margen de las reuniones oficiales, no queda más que esperar a que, tarde o temprano, la verdad salga a la luz.

También es posible que su estrategia de mantenerse relativamente discreto durante este tipo de grandes cumbres internacionales le esté dando buenos resultados. De hecho, Pedro Sánchez se limitó a explicar que había hablado con Donald Trump… sobre el Mundial de fútbol y sobre golf. En cuanto al fútbol, probablemente Sánchez domine mejor el tema que su interlocutor. En cambio, respecto al golf, dudo que pueda competir con el presidente estadounidense.

Tras la cumbre de la OTAN, Pedro Sánchez viajó al Reino Unido para asistir a la ceremonia de graduación de su hija en la Universidad de Bristol. Este desplazamiento no escapó a las críticas de la oposición. Los reiterados ataques del Gobierno contra la enseñanza universitaria privada chocan aquí con la realidad del recorrido académico de su propia familia. Muchos ven en ello una contradicción e incluso una falta de confianza en la universidad pública española, ya que su hija no eligió estudiar en una universidad pública del país. Según la prensa española, el coste de estos estudios rondaría los 40.000 euros anuales, a los que habría que añadir cerca de 120.000 euros en gastos de manutención durante toda la carrera.

Mundial de fútbol: emociones intensas

Por el contrario, la selección española nos ha ofrecido varios motivos de satisfacción. El primero fue la eliminación de Portugal y el segundo la de Bélgica. La presencia de Cristiano Ronaldo, en la que debía ser su última Copa del Mundo, rodeado de una generación de futbolistas de enorme talento, podía despertar ciertas dudas. Pero España respondió. La despedida de Ronaldo de la escena internacional emocionó a muchos españoles. Debo reconocer que también a mí. Soy seguidor de su gran rival, el Atlético de Madrid, lo que quizá otorgue aún más valor a mi opinión. Cristiano Ronaldo seguirá siendo un inmenso profesional y una gran persona.

Frente a Bélgica, el rápido empate de nuestros rivales recordó que esta selección mantiene un excelente nivel. Después de haber vivido muchos años en Bruselas, me siento naturalmente cercano a este equipo. Sin embargo, el gol marcado por Merino a pocos minutos del final dio finalmente la clasificación a España. Ahora nos espera Francia.

Una economía con señales contradictorias

Las perspectivas de la economía española siguen enviando mensajes contradictorios. Los indicadores alternan regularmente entre el optimismo y la preocupación. Mientras tanto, la sociedad española se prepara para las vacaciones de verano, ese momento de descanso esperado por millones de trabajadores. Es también la ocasión para observar una realidad poco conocida. El desarrollo económico experimentado por España durante las últimas décadas permitió a muchísimas familias adquirir una segunda residencia en la costa. Hoy, esas viviendas compradas por padres o abuelos permiten a hijos y nietos disfrutar de unas vacaciones con un coste mucho menor.

Por el contrario, los precios hoteleros siguen aumentando, impulsados por una demanda turística extranjera cada vez más elevada. Los gastos asociados, especialmente la restauración, siguen la misma tendencia.

El éxito turístico de España, regido por las leyes clásicas de la oferta y la demanda, contribuye así a un incremento constante de los precios. Quienes no disponen de una residencia familiar ven reducirse progresivamente sus posibilidades de viajar durante el verano. En mis estancias en Alicante observo cada año una presencia cada vez mayor de turistas internacionales.

Almería, el drama del verano

La nota más triste de la semana llega desde Andalucía. En Almería, un gigantesco incendio ha arrasado cerca de 6.600 hectáreas. El balance es especialmente dramático: al menos doce personas han perdido la vida y varias continúan desaparecidas. Una tragedia que ensombrece el comienzo del verano español.

Sanfermines, entre tradición y memoria

Las fiestas de San Fermín se han celebrado en Pamplona. Siguen siendo una de las celebraciones más conocidas del mundo, especialmente gracias a Ernest Hemingway. El escritor estadounidense descubrió estas fiestas en 1923, cuando tenía 23 años, y regresó en numerosas ocasiones hasta 1959. Su vínculo con Pamplona permanece hoy inmortalizado por una estatua inaugurada en 1968, situada junto a la plaza de toros donde acudía con pasión a presenciar las tradicionales corridas.

De origen español, José Fernandez Alcalde inició su carrera en la Administración Pública española antes de incorporarse a las instituciones europeas, donde trabajó durante veintidós años en el ámbito del control financiero. Esta trayectoria, enriquecida por misiones en varios países, especialmente en Bélgica, le permitió adquirir una sólida experiencia dentro de las instituciones europeas. Paralelamente, ejerció durante más de cinco años como consultor en derecho mercantil y fiscal, asesorando a empresas en Madrid. Licenciado en Derecho por la Universidad de Madrid, está especializado en gestión financiera y asesoramiento estratégico.

🇬🇧 English

Multilingual version (FR/ES/EN). A Week in Spain – A column by José Fernandez Alcalde: Pedro Sánchez on the international stage, while Spain grapples with its own realities

From Pedro Sánchez’s diplomatic activity to the deadly wildfires in Almería, through the successes of the Spanish national football team, economic uncertainties and the San Fermín festivities, José Fernandez Alcalde takes a look at a week in which international affairs intertwined with the everyday realities of Spain.

Pedro Sánchez on the International Stage

Pedro Sánchez took part in the recent European Council meeting in Brussels. Outside Spain, his presence appears to be better received than in his own country, where each of his public appearances sparks strong criticism and where his movements remain subject to particularly tight security. He then attended the NATO Summit before continuing his trip to the United Kingdom. During the Atlantic Alliance meeting, he was first criticised by Donald Trump, who described Spain as a “terrible ally”, before the American president eventually praised him. Nothing unusual… or perhaps it is.

This change of tone continues to fuel speculation. Many wonder what may have prompted Donald Trump to change his opinion of Spain — or, more precisely, of Pedro Sánchez — so quickly. No genuinely logical explanation has emerged so far. Yet Sánchez has built part of his international image on his outspoken opposition to everything Donald Trump represents. Given the lack of transparency surrounding what may have been discussed on the sidelines of the official meetings, all that remains is to wait for the truth to emerge, sooner or later.

It is also possible that his strategy of keeping a relatively low profile during major international summits is working rather well for him. Pedro Sánchez merely explained that he had spoken with Donald Trump… about the Football World Cup and golf. As far as football is concerned, Sánchez probably knows the subject better than his counterpart. When it comes to golf, however, I doubt he could compete with the American president.

After the NATO Summit, Pedro Sánchez travelled to the United Kingdom to attend his daughter’s graduation ceremony at the University of Bristol. The trip immediately drew criticism from the opposition. The government’s repeated attacks on private higher education now collide with the reality of his own family’s choices. Many see this as a contradiction, or even as a lack of confidence in Spain’s public university system, since his daughter did not choose to study at a Spanish public university. According to the Spanish press, the cost of her education amounts to around €40,000 per year, to which nearly €120,000 in living expenses throughout her studies must be added.

World Cup: Powerful Emotions

By contrast, Spain’s national football team has given us several reasons to celebrate. The first was Portugal’s elimination, the second Belgium’s. Cristiano Ronaldo’s presence, in what was expected to be his final World Cup, surrounded by a remarkably talented generation of players, could certainly have raised concerns. But Spain rose to the occasion. Ronaldo’s farewell to international football moved many Spaniards. I must admit that it moved me as well. I support his great rival, Atlético de Madrid, which perhaps gives even greater weight to my opinion. Cristiano Ronaldo will remain an outstanding professional and a remarkable individual. Against Belgium, our opponents’ quick equaliser reminded us that this team remains of a very high standard. Having lived in Brussels for many years, I naturally feel close to the Belgian national team. Nevertheless, Merino’s goal a few minutes before the end secured Spain’s qualification. France now awaits us.

An Economy Sending Mixed Signals

The outlook for the Spanish economy continues to send contradictory signals. Economic indicators regularly alternate between optimism and concern. Meanwhile, Spanish society is turning towards the summer holidays, that long-awaited breathing space for millions of workers.

It is also an opportunity to observe a reality that often goes unnoticed. Spain’s economic development over recent decades has enabled a great many families to acquire a second home along the country’s coastline. Today, these homes, purchased by parents or grandparents, allow their children and grandchildren to enjoy holidays at a much lower cost.

Conversely, hotel prices continue to rise, driven by ever-growing international tourism. Associated expenses, particularly dining out, are following the same trend. Spain’s tourism success, governed by the classic laws of supply and demand, continues to push prices upwards. Those who do not have access to a family holiday home are finding it increasingly difficult to travel during the summer. During my stays in Alicante, I notice an ever-growing presence of international visitors each year.

Almería: The Summer’s Tragedy

The darkest news of the week comes from Andalusia. In Almería, a massive wildfire has devastated nearly 6,600 hectares of land. The human toll is particularly severe: at least twelve people have lost their lives, while several others remain missing. A tragedy that casts a shadow over the beginning of the Spanish summer.

The Sanfermines: Between Tradition and Memory

The San Fermín festivities have taken place in Pamplona. They remain among the best-known celebrations in the world, largely thanks to Ernest Hemingway. The American writer first discovered the festival in 1923, at the age of 23, and returned regularly until 1959. His attachment to Pamplona is now immortalised by a statue inaugurated in 1968, located beside the bullring where he passionately attended the traditional bullfights.

Originally from Spain, José Fernandez Alcalde began his career in the Spanish Civil Service before joining the European institutions, where he spent twenty-two years working in the field of financial control. This international experience, strengthened by assignments in several countries, particularly Belgium, enabled him to develop extensive expertise within the European institutions. At the same time, he worked for more than five years as a consultant in commercial and tax law, advising companies in Madrid. He holds a Law degree from the University of Madrid and specialises in financial management and strategic consulting.

 

Articles similaires