Publié le 18 août 2026 à 10h00 - Dernière mise à jour le 18 août 2026 à 10h00
Au terme d’une saison à laquelle il n’aura manqué qu’une victoire sur l’un des deux derniers matchs et à l’aube d’un nouvel exercice, Philippe Saint-André, le directeur du rugby du club provençal nous a confié quelques réflexions alors qu’il était sur la route de Cognac où staff et joueurs aixois effectuent un stage à quelques jours de la reprise du championnat.

Destimed : Quels enseignements tirez-vous de la saison écoulée ?
Philippe Saint-André : Côté positif, je retiendrai en premier lieu l’état d’esprit du groupe, qui est resté impeccable tout au long de la saison et, ce qui est très important aussi, notre capacité à bien voyager. Sept victoires à l’extérieur sur la phase régulière et une victoire à Colomiers en demi-finale, c’est satisfaisant. Le côté plus sombre, c’est un démarrage difficile de la saison, certainement lié aux modifications dans l’effectif et dans le staff, puis un trou d’air à l’hiver, avec des défaites qui font mal et jusqu’à 18 blessés. Ce qui ne nous a pas empêchés d’aller en finale. Et les finales, il faut les gagner. On perd de 4 points à Toulouse contre Vannes… Mais le club a beaucoup appris en une saison.
Nous avons su mettre en place et assimiler des « automatismes référence » et créer un collectif dont la première qualité est la confiance réciproque qui anime les uns et les autres. On sait aussi que le championnat est long et que faire l’économie d’un match de barrage en phase finale, en terminant à l’une des deux premières places, est un plus indéniable. Pour être tout à fait honnête, je pensais que nous pouvions terminer deuxième la saison dernière ; je n’avais pas du tout anticipé l’effondrement de Grenoble face à Colomiers. Quant à la finale, elle s’est jouée sur des détails identifiés sur lesquels nous avons travaillé. C’est ça, l’apprentissage : le club grandit encore.
« Des semelles pour tous les joueurs »
18 blessés, c’est beaucoup. Comment analysez-vous ceci ?
Depuis trois ou quatre ans, il y a beaucoup de blessures. Je pense que c’est en partie lié au terrain synthétique sur lequel les joueurs de 110 kg ou 115 kg sont énormément mis à contribution. Nous avons enregistré cette saison trois ruptures du tendon d’Achille. Dans quelques jours, nous recevons un spécialiste qui aura pour mission de réaliser des semelles pour tous les joueurs afin de préserver les tendons et d’améliorer pas mal d’autres choses. Puis, le rugby, c’est un sport de combat, de contacts… Il ne faut pas l’oublier.
« La polyvalence des joueurs Protée »
Qu’est-ce qui a guidé vos choix de recrutement ?
Au regard de la saison écoulée, nous avons fait des choix pour densifier le collectif, mais nous avons surtout voulu qu’il soit plus compact, qu’il y ait moins d’écart entres les 1er, 2e et 3e choix. La gestion du banc sera plus délicate cette saison.
Cette saison, 8 remplacements au lieu de 12 seront autorisés. Qu’est-ce que ça change ?
Beaucoup de choses. Avant un joueur pouvait débuter, céder sa place puis revenir pour la fin de match. C’est terminé. Aujourd’hui il va falloir compter sur des mecs qui ont le cardio et la santé pour tenir 80 minutes. Bien entendu il faut repenser le banc, mais surtout pouvoir compter sur des « joueurs Protée » dont la polyvalence permet leur utilisation sur plusieurs postes.
« Un premier bloc très important »
Face à Nice jeudi le premier match amical vous a-t-il satisfait ?
Nous avons réalisé une première mi-temps sérieuse avec de la discipline et le respect des fondamentaux. Nous avons aussi été efficaces en zone de marque. La rencontre amicale mercredi à Angoulême devrait nous éclairer encore plus. Mais je tiens à souligner que, face à Nice, nous alignions une première ligne totalement renouvelée (Andréa Pontanier, Vincent Giudicelli, Aurélien Azar), ainsi qu’un 15 (Martin Bogado) et un 10 (Romain Trouilloud) que j’ai trouvés bien intégrés.
De bon augure avant le 1er bloc ?
J’espère. Avec les réceptions d’Agen, de Narbonne et d’Aurillac et les déplacements à Colomiers et Valence-Romans, ce premier bloc est très important. Si on veut jouer le haut du tableau il faut soigner le début de saison et ne pas faire comme l’année dernière. Mais on ne repart pas de zéro et nous serons dans les clous sur le collectif.
« En phase finale gagner un match de plus que l’année dernière »
De spectateur à supporter : le public a-t-il évolué ?
Il y a eu un déclic début mai avec la réception de Vannes à Maurice-David. Ce soir-là, c’est un vrai public de supporters qui s’est fait entendre et nous l’avons retrouvé en barrage face à Brive. C’est important pour nous, pour le club tout entier. Pour la finale, il y avait 11 000 Bretons et 2 500 Provençaux ! Cette saison, à nous de faire en sorte qu’il y ait 10 000 Provençaux à Toulouse pour la finale.
Outsider l’an dernier, favori cette année, qu’en pensez-vous ?
C’est toujours agréable d’entendre que l’on fait partie des favoris. Mais prenons ça avec beaucoup d’humilité et assumons ce statut sans oublier que ce championnat est de haut niveau et réserve souvent des surprises à l’image de la dernière saison de Valence-Romans…
Alors, quel est l’objectif cette saison ?
C’est d’être en phase finale, sans avoir de barrage à faire, en gagnant un match de plus que l’année dernière…
Propos recueillis par Michel EGEA
Provence Rugby vs Agen, le jeudi 27 août à 21 heures, stade Maurice-David au Jas de Bouffan. Plus d’info sur provencerugby.com



