Politique. L’INPI annule la marque « RPR » déposée par Franck Allisio et Marc-Antoine Ponelle

Publié le 4 septembre 2026 à 21h12 - Dernière mise à jour le 4 septembre 2026 à 21h12

L’Institut national de la propriété industrielle a déclaré nulle la marque « RPR – Le Rassemblement pour la République » déposée par Franck Allisio et Marc-Antoine Ponelle. Une décision obtenue à la suite d’une procédure engagée par Cap sur l’Avenir 13 et immédiatement saluée par son président, Renaud Muselier, qui dénonce une « usurpation honteuse » de l’héritage gaulliste.

Destimed Muselier Allisio
Renaud Muselier et Franck Allisio, au cœur de la bataille autour de l’héritage politique du RPR. (Photos Philippe Maillé et Joël Barcy)

C’est un acronyme chargé d’histoire politique française que Franck Allisio et Marc-Antoine Ponelle ne pourront plus revendiquer au titre de la marque qu’ils avaient déposée. Dans une décision rendue le 2 septembre, l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a déclaré nulle la marque « RPR – Le Rassemblement pour la République ». Selon le communiqué diffusé par Renaud Muselier, l’Institut a retenu un « dépôt de mauvaise foi » et condamné solidairement les deux hommes à verser 1 200 euros. Le dépôt avait bien été effectué auprès de l’INPI par Franck Allisio et Marc-Antoine Ponelle. L’association Cap sur l’Avenir 13 avait ensuite engagé une procédure en nullité. L’audience consacrée à ce contentieux s’était tenue le 22 juin dernier devant l’INPI.

Renaud Muselier convoque l’histoire familiale

Pour Renaud Muselier, président de Cap sur l’Avenir 13, la décision dépasse largement une querelle autour d’un sigle politique. Dans un communiqué particulièrement offensif, il inscrit son combat dans l’histoire de sa propre famille et dans celle de la Résistance. Il rappelle que son grand-père, l’amiral Émile Muselier, choisit en juillet 1940 la croix de Lorraine comme emblème des Forces navales françaises libres. Son père, Maurice Muselier, médecin et résistant, fut quant à lui déporté à Dachau. « Ce symbole a été payé au prix du sang, de l’exil et des camps. Il appartient à la France et à la mémoire de la Résistance », affirme Renaud Muselier. Le président de la Région Sud s’en prend directement à l’utilisation de cet héritage par des responsables du Rassemblement national : « Voir cet emblème et ce nom captés par des responsables du Rassemblement national, dont la famille politique combattait la France Libre, relève de l’indécence. »  « Le gaullisme, poursuit-il, c’est l’appel du 18 juin, le refus de la capitulation, la République relevée. Ceux qui prétendent aujourd’hui s’en habiller n’en ont ni la filiation, ni la légitimité, ni la moindre parcelle du courage. L’INPI vient de le rappeler en droit ; l’histoire l’avait déjà tranché. »

« Le RN n’est pas et ne sera jamais le RPR »

La bataille est évidemment aussi politique. Franck Allisio, figure du RN dans les Bouches-du-Rhône, s’est engagé dans une entreprise de réappropriation du sigle et de l’héritage politique du RPR avec Marc-Antoine Ponelle. C’est précisément cette filiation que conteste Renaud Muselier. Il lui oppose son propre parcours : militant du RPR et membre de son bureau politique, membre fondateur de l’UMP en 2002, puis des Républicains en 2015, partis qu’il présente comme les héritiers du Rassemblement pour la République. « Le RN n’est pas et ne sera jamais le RPR », tranche-t-il. Et il entend donner une suite politique à cette victoire juridique. Cap sur l’Avenir 13, assure-t-il, restera « vigilant » à Marseille comme partout en Provence contre ce qu’il considère comme des tentatives de récupération de l’histoire gaulliste.

La décision de l’INPI met donc un terme, au moins sur le terrain de la propriété industrielle, à cette bataille autour du nom et des symboles de l’ancien parti fondé par Jacques Chirac en 1976. Elle ne devrait pas, en revanche, refermer le débat politique sur l’héritage du gaullisme que se disputent aujourd’hui plusieurs familles de la droite française.

Patricia CAIRE

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